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Nuisances aériennes : le point sur la situation

A l’occasion de cette rentrée, les Amis de la Terre Val d’Oise font le point sur la situation concernant les vols de nuit à Roissy CDG ainsi que sur une éventuelle délocalisation d’Orly.

Les vols de nuit

Le contexte :

Le trafic aérien, en augmentation, est devenu une source très importante de nuisances sonores pour nos villes, surtout la nuit avec le ballet des avions cargos, celui des vols commerciaux dont la fréquence a cru entre 22h et 24h. Ce bruit au-dessus des villes pénalise le sommeil des habitants et impacte leur santé. Une étude montre que le bruit perturbe l’apprentissage des enfants. Trois aéroports au Nord-Ouest de Paris : Roissy qui concentre 60% du trafic français et 80% du trafic francilien. Le Bourget, aéroport quasiment de centre ville est principalement dédié aux « Jets d’affaires ». Environ 14 000 logements impactés sont répertoriés dans son récent PGS plan de gêne sonore. Le PEB (plan d’exposition au bruit), document d’urbanisme est encore à l’étude tel qu’indiqué sur le site de l’ACNUSA. L’aéroport de Beauvais est maintenant le 9ème aéroport français, doté d’un PEB adopté en juin 2012. Aux bruits des avions, on peut aussi ajouter aussi le ballet croissant d’hélicoptères au-dessus de la tête des franciliens. Les zones nord-ouest et nord de Paris s’urbanisant fortement, ce sont des populations de plus en plus nombreuses qui subiront du bruit.

Mobilisation :

La Convergence associative menée par l’ADVOCNAR et à laquelle participent les Amis de la Terre Val d’Oise a organisé avec la majorité des communes impactées , un « Conseil Municipal géant au Trocadéro » en 2008. Les autorités n’ont malheureusement réagi qu’à la marge et proposé des mesures de gestion courante : suppression des avions bruyants- déjà programmée par l’OACI et un relèvement des plafonds, sans incidence sur le trafic de nuit ! La Charte de l’Environnement de Roissy, promise par le président Sarkozy en 2007 n’a jamais vu le jour et les avancées du groupe de travail sur les vols de nuit découragent les participants car la vraie cause du bruit : la densité du trafic de nuit n’est jamais mise à l’ordre du jour.

Proposition des ATVO :

Le transport aérien doit assumer ses responsabilités vis-à-vis des nuisances qu’il génère : bruit, pollution de l’air, émissions de GES. Il est essentiel d’exiger pour nos concitoyens un droit au repos avec des nuits calmes. Le transport aérien doit impérativement être régulé dans le but que le trafic de nuit de Roissy soit significativement baissé. La proposition est que le groupe vols de nuit soit mandaté et dispose des compétences d’experts, des chiffres et outils nécessaires pour faire des propositions qui feront baisser le nombre de vols de nuit dans l’amplitude des 8 h de calme la nuit, préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé. L’ACNUSA a pointé que des délestages de vols de nuit ont lieu de Orly vers Roissy puisque cet aéroport bénéficie d’un couvre-feu ! Il est indispensable qu’une séance de la commission consultative de l’environnement de Roissy-CDG soit réunie sur ce sujet des vols de nuit.

Délocalisation d’Orly

Contexte :

Beaucoup de riverains de Roissy se sentent démunis : « on ne peut rien faire contre les nuisances » et la lecture de prévisions de trafic présentées comme des oracles les découragent. En fait le trafic est délibérément rassemblé à Roissy-CDG, rappelons encore ce chiffre ici : Roissy concentre environ 60% du trafic français et 80% du trafic francilien. Dans ce contexte, pourquoi la suppression d’Orly délesterait-elle Roissy ? Cette idée semble avoir pour but de permettre à certains élus proches d’Orly de proposer de débarrasser un territoire de viles nuisances, celles là même qu’ont à subir jour et nuit (faute de couvre-feu), les populations du Nord de Paris. Et quand éventuellement, une localisation pour ce nouvel aéroport sera cherché, on en trouvera une, bien desservie déjà par les transports en commun, en fait déjà comme « prévue pour » en quelque sorte : et bien ce sera Roissy-CDG l’endroit idéal !

Position des ATVO :

Ce projet de délocalisation élude des solutions réalistes choisies par de grands aéroports qui ont réduit voir supprimé le trafic de nuit, plafonné les mouvements d’avions et organisé le trafic aérien à l’échelle du territoire. Ces mesures ont fait la preuve de leur efficacité. Elles doivent être mises en œuvre à Roissy-CDG. La méthode consistant à reporter des nuisances sur d’autres habitants et mettre en rivalités des riverains inégaux, en terme de possibilité pour se mobiliser contre des nuisances environnementales, a été pratiquée lors du débat sur le projet de 3e aéroport francilien (2001). Elle n’a réglé aucun problème. Nos concitoyens ne constituent pas un vivier crédule qui penserait qu’il est possible de créer, en 2012, un nouvel aéroport, dans une zone désertique d’Ile de France. D’autant plus qu’Orly contribue à l’économie du Sud de Paris et que Roissy dispose de capacités théoriques pour employer un vocable technique. De surcroît, les nuisances imposées par Roissy aux populations proches, qui n’ont pas les moyens de s’éloigner de l’aéroport peuvent aussi devenir un outil de chantage à l’emploi alors qu’Air France licencie du personnel (180 millions de perte pour AF KLM en novembre 2011 ( Le Monde), et les emplois les moins qualifiés, ceux qui sont assurés par les populations riveraines sont surement les plus vulnérables.

Il n’y a pas de fatalité : la politique des transports est un sujet citoyen qui ne peut être laissé à la convenance des compagnies sans doute trop heureuses de voir des débats politiques s’amorcer sur de telles bases.

5 octobre 2012

Rédigé le