OCDE : dernière occasion pour arrêter les soutiens au charbon avant la COP21

Montreuil – mardi 17 octobre 2015 – Après avoir raté l’opportunité du G20 pour prendre des mesures concrètes pour la fin des subventions publiques aux énergies fossiles, les pays membres de l’OCDE discutent jusqu’à jeudi des soutiens de leurs agences de crédit aux exportations au charbon. Les Amis de la Terre et urgewald, tous deux membres du réseau ECA-Watch, les appellent à se saisir de cette dernière occasion avant la COP21 pour en finir enfin avec ces soutiens qui font obstacle à la construction d’un monde plus solidaire et plus juste.

Les soutiens publics alloués au secteur du charbon via les agences de crédits aux exportations sont une nouvelle fois à l’ordre du jour d’une réunion des pays de l’OCDE réunis à Paris du 16 au 19 novembre. L’enjeu est majeur : avec 4,3 milliards de dollars par an de soutiens, les agences de crédit des pays de l’OCDE représentent 47% des soutiens financiers publics à l’international au charbon sur la période 2007-2014. Et, après près de deux ans de discussions qui patinent, c’est la dernière occasion avant la COP21 pour ces pays développés de faire preuve de crédibilité en matière climatique et d’engager le monde vers une sortie des énergies fossiles en stoppant leur principal mode de soutiens publics à l’énergie la plus polluante.

« Il est hallucinant de voir les pays responsables de la crise climatique débattre à moins de deux semaines de la COP21 de leurs soutiens au charbon. Ce n’est pas négociable : il faut en finir maintenant avec tous les soutiens des agences de crédit aux exportations, qu’ils soient octroyés dans le cadre de l’Arrangement de l’OCDE ou non. Car même si aucune nouvelle centrale à charbon n’était construite, nous devrons toujours fermer les deux tiers du parc existant d’ici 2035 afin de limiter la hausse de la température du globe en-dessous de 2°C » commente Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée / Coface aux Amis de la Terre.

Alors que se tient aujourd’hui une consultation de la société civile, les Amis de la Terre et urgewald, tous deux membres du réseau ECA-Watch, ont rappelé à l’OCDE ses responsabilités : « L’OCDE doit garder à l’esprit ce qui les a conduit à discuter des soutiens au charbon délivrés par leurs agences de crédit aux exportations. Les immenses projets d’énergies fossiles construits avec l’aide de nos gouvernements pour le profit d’une minorité ont des impacts insoutenables sur l’environnement et la santé des populations. En cette veille de COP21, il est plus que jamais inadmissible de fermer les yeux sur notre responsabilité envers les populations les plus vulnérables. L’urgence climatique nous exhorte à agir et nous appelons les membres de l’OCDE à adopter un compromis qui respecte leurs ambitions initiales, prévenir des millions de morts prématurées » déclare Regine Richter chargée de campagne Institutions Financières Internationales à urgewald en Allemagne.

Alors que toute chance de trouver un accord cette semaine à l’OCDE était jusqu’à peu nulle en raison des blocages exercés par le Japon, l’Australie et la Corée du Sud, le récent compromis trouvé par les Etats-Unis avec le Japon laisse une issue moins illusoire. Cependant, loin de satisfaire les exigences de justice sociale et climatique, certains soutiens aux centrales les plus efficientes risquent d’être maintenus au motif de servir l’atténuation des changements climatiques.

« Prétendre qu’il faille maintenir des soutiens aux centrales les moins salles afin d’éviter la construction de centrales plus polluantes par les pays non-membres de l’OCDE est une escroquerie. Non seulement le marché est en train d’exclure les centrales les moins efficientes mais la Chine s’est récemment engagée à limiter ses financements aux centrales à charbon aux niveaux national et international, et l’Inde a également annoncé qu’elle ne construirait plus de centrales sous-critiques, les plus émettrices de C02. Des banques privées commencent à réduire leurs soutiens au charbon mais attendent plus de signaux publics dans ce sens avant d’aller plus loin » analyse Lucie Pinson.

Rater le coche de l’OCDE, la veille de la COP21, et ne pas réussir à mettre un terme à un des modes de soutiens publics à la pire des énergies fossiles serait révélateur des priorités des gouvernements. Pour les associations, il est plus que jamais nécessaire de faire valoir les alternatives citoyennes et de se mobiliser le 12 décembre et au-delà pour la construction d’un mouvement pour la justice climatique.

Contact presse :
Pierre Sagot, chargé de communication, les Amis de la Terre, communication@amisdelaterre.org 0686415343

Contacts interviews :
Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée, Amis de la Terre, 06 79 54 37 15, lucie.pinson@amisdelaterre.org

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