Au grand dam du Conseil fédéral, de la majorité du Parlement et de l’ensemble des milieux industriels et d’affaires, soutenus par beaucoup de media et de nombreux articles.
Pourtant, les pauvres citoyens suisses ont eu droit à la campagne de la peur : "40 000 emplois vont être supprimés". "Les biotechnologies pharmaceutiques ont besoin que les OGM agricoles soient acceptés et développés, sinon elles devront délocaliser".
Tous les clichés les plus éculés ont été répétés jusqu’à la nausée : "les OGM combattrons la faim dans le monde". On n’a bien sûr pas dit au bon peuple que, lorsque l’Afrique du Sud a voulu produire ses propres médicaments anti-sida, ces MÊMES firmes "soucieuses des pauvres" voulaient traîner le gouvernement Sud-Africain devant un tribunal pour l’en empêcher... On se rappelle aussi ce généticien de l’ETH, l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich, qui voulait, il y a quelques années, réunir un Tribunal de Nuremberg pour punir les anti-ogm qui empêchaient de nourrir le monde.
Des scientifiques y sont allés de leurs pétitions pour les OGM, avec des arguments dignes de collégiens découvrant la biologie.

Bref, nos braves citoyens suisses ont eu droit à toutes les salades transgéniques habituelles, mais dans le pays de Sandoz, Ciba-Geigy et Novartis, il y a encore place pour du bon sens, la preuve !
En France, pays des Droits de l’Homme (d’affaire), les citoyens n’ont le droit que de se taire. Dans la Gers, le Président du Conseil Général voulait organiser un référendum, après que 16 000 signatures lui en faisant la demande, aient été réunies. Que croyaient que ces bons Gersois allaient voter ? Comme les Suisses ! Et peut-être même mieux puisque tous les sondages annonçaient 70% pour l’interdiction des OGM agricoles ! Donc, en toute bonne démocratie à la française, le référendum a été interdit !
Mais qu’à cela ne tienne. Le gouvernement autrichien vient de saisir la balle au bond. En effet, à partir du 1er janvier, l’Autriche aura la présidence de l’Union Européenne et veut profiter de cette position pour lancer un débat pan-européen sur les OGM. Le débat que les gouvernements français successifs ont toujours refusé à leurs citoyens va enfin arriver par l’Europe.
Et comme le dit Mr Gianni Alemanno, ministre italien de l’agriculture : "le vote des Suisses va donner des idées aux gens".
Oui, surtout des envies de démocratie...