PETITION
Parce que la semence est à la base de toute la filière agro-alimentaire, nous nous mobilisons aujourd’hui pour dénoncer les attaques répétées dont elle fait l’objet. Depuis presque 10 ans, des personnes s’en prennent régulièrement aux semenciers sous prétexte de lutte anti-OGM. Elles détruisent nos essais, dénigrent nos métiers et mettent en péril notre secteur d’activité. [1]
Devant le silence des politiques, la clémence de la justice et le tapage médiatique, nous voulons dire avec calme mais fermeté : . " Halte au vandalisme, halte aux mensonges, halte à l’impunité" [2]
Au delà, nous voulons alerter les décideurs et l’opinion publique quant aux risques que représentent ces exactions pour l’avenir de l’agriculture française et européenne. Elles affectent gravement notre capacité de recherche en biotechnologie végétale et peuvent priver notre agriculture et l’ensemble de la société des progrès importants pour les pratiques agricoles, la préservation de l’environnement et la qualité des produits alimentaires. Elles menacent, à terme, notre indépendance et notre compétitivité en matière agricole et alimentaire. [3]
Ainsi, nous affirmons avec conviction :
" Préservons la recherche agronomique pour une agriculture forte et des filières agro-alimentaires dynamiques ". [4] Cette pétition s’adresse à toutes les personnes qui se sentent concernées par l’innovation agronomique et l’avenir de l’agriculture française et européenne : agriculteurs, consommateurs, chercheurs, étudiants, enseignants, salariés de la transformation et de l’industrie alimentaire, etc. Elle sera présentée aux autorités et aux médias pour que les nombreux partisans d’une agriculture innovante puissent se faire entendre. [5]
Qui sommes nous ?
Le collectif des salariés des entreprises semencières
Nous sommes secrétaires, comptables, chauffeurs, juristes, ouvriers, informaticiens, commerciaux, techniciens, ingénieurs, sélectionneurs, chercheurs, ... Nous travaillons dans des bureaux, en usine, dans des laboratoires, aux champs, dans des magasins, en clientèle, ou encore, dans des stations de recherche. Notre point commun est d’être salariés d’entreprises semencières établies en France. Nous créons, produisons et vendons des semences de nombreuses espèces (céréales, fourragères, oléagineux, protégineux, betteraves, potagères, etc.) dans le respect des lois et des réglementations en vigueur. Les agriculteurs sèment ensuite ces semences pour obtenir des productions végétales de qualité utilisées en alimentation animale et humaine. [6]
Pourquoi cette pétition ? " Halte au vandalisme, halte aux mensonges, halte à l’impunité" [7]
Depuis près de dix ans, nous subissons des agressions répétées et sommes pris en otage par une minorité qui a choisi de faire entendre ses idées par des actes malveillants, illégaux, anti-démocratiques et parfois violents : [8]
Intrusion avec effraction dans nos locaux et altercation avec le personnel présent ;
Intrusion dans des hangars de stockage avec destruction ou vol de marchandise ;
Occupation de stations de recherche ;
Diffamations, mensonges, contre-vérités et caricatures concernant nos travaux de recherche et l’exercice de nos métiers ; [9]
Destruction d’expérimentations conduites par nos sociétés ou en partenariat avec l’Etat. Cette année encore, la moitié des essais de plantes transgéniques conduits en France a été saccagée. Dans leur aveuglement , des activistes anti-OGM ont même saccagé des cultures non transgéniques. D’autres, au nom de l’écologie, sont allés jusqu’à épandre du sel sur les parcelles, rendant les terres impropres à la culture pendant des années. [10]
Devant les tribunaux, il n’est pas débattu des actes illégaux dont nous sommes les victimes mais des activités que nous exerçons dans le respect des lois et règlements qui régissent l’état de droit dans lequel nous vivons. [11]
Comble de l’absurde, ces procès se soldent souvent par des peines symboliques qui encouragent la récidive et confortent nos agresseurs dans un sentiment d’impunité, voire de légitimité ! [12]
Nous refusons la violence et son utilisation comme moyen d’expression. Les agressions et destructions répétées de notre outil de travail qui compromettent gravement l’avenir de nos emplois et de notre secteur d’activité sont intolérables. De plus, l’image que nous renvoient nos détracteurs nous heurte profondément car nous sommes des personnes responsables et respectables.. [13]
" Préservons la recherche agronomique pour une agriculture forte et des filières agro-alimentaires dynamiques "
Nos métiers sont légitimes et utiles au monde agricole en particulier, à la société en général. La semence est porteuse d’innovation. Elle est à la base de productions de qualité pérennisant l’agriculture et les productions agro-alimentaires. Les recherches que nous menons sont sources de progrès et d’innovation :
Le travail des sélectionneurs a contribué à l’essor de l’agriculture française et européenne depuis l’après-guerre. Aujourd’hui, la France est le second pays exportateur mondial de produits agricoles et le premier pays exportateur de produits agricoles transformés. [14]
La recherche en amélioration végétale permet de lutter contre certaines maladies ou parasites. Elle participe au développement d’une agriculture plus économe, plus respectueuse de l’environnement et aide les agriculteurs à fournir des produits de qualité aux filières agro-alimentaires [15]
La recherche sélectionne des variétés offrant de nouveaux débouchés aux productions agricoles (bio-carburants, bio-matériaux, usage pharmaceutique...). [16]
Ainsi, au-delà de nos métiers, ce sont les filières de production et de transformation agricoles qui sont fragilisées par les attaques dont nous faisons l’objet. Et les enjeux sont énormes :
Qui accepterait que la France et l’Europe deviennent dépendantes pour leurs besoins alimentaires ?
Qui accepterait que la France et l’Europe renoncent à la recherche agronomique ? [17]
Pourtant, le constat est alarmant : de moins en moins d’étudiants choisissent les filières d’amélioration végétale, beaucoup de chercheurs s’expatrient (plus de 1000 post-doctorants français en biologie travaillent actuellement aux Etats-Unis), nos sociétés revoient chaque année leurs programmes de recherche et d’expérimentation à la baisse. Parallèlement , beaucoup de jeunes se détournent des métiers de l’agriculture, jugés trop contraignants, trop risqués et pas assez rentables. [18]
Que souhaitons-nous ?
Pétition
Aujourd’hui, nous ne pouvons plus nous taire. Pour être enfin entendus , nous lançons cette pétition nationale afin d’alerter les politiques et l’opinion publique sur la situation que nous vivons et sur ses conséquences prévisibles pour l’ensemble de la population. Aujourd’hui, nous menons une action solidaire pour dire ensemble :
" Halte au vandalisme, halte aux mensonges, halte à l’impunité.
Préservons la recherche agronomique pour une agriculture forte et des filières agro-alimentaires dynamiques " [19]
Si vous partagez nos idées exposées ci-dessus : rejoignez-nous en signant la pétition et en la diffusant largement autour de vous. [20]
[1] C’est bien parce que la semence est la base de toute filière agricole, qu’il faut empêcher que quelques firmes semencières s’accaparent de ce patrimoine commun à tous. Pendant des millénaires, les paysans ont produit eux-mêmes leurs semences. Avec l’introduction des fameux hybrides (qui n’ont d’hybrides que le nom), les semenciers ont réussi à créer un marché captif, obligeant les paysans à revenir chaque année chez eux, acheter des semences fort cher. Les empires semenciers que nous connaissons, se sont construits grâce à ce procédé, rendant les agriculteurs dépendants de leurs semenciers : Pioneer, Limagrain, Maïsadour, etc... L’intérêt majeur des OGM est de pouvoir obliger encore plus de paysans dans le monde à passer à la caisse chaque fois qu’ils voudront semer. En effet, un OGM est protégé par un brevet et l’agriculteur qui le sème, doit payer une redevance au détenteur du brevet. L’innovation en agriculture est possible sans OGM, mais... elle rapporte moins !
[2] Impunité : il est étonnant de lire ce mot, alors que Mr Bové a dû faire de la prison. A-t-on vu un dirigeant de firme de biotechnologies faire de la prison lorsque ses produits contaminent les récoltes d’autres agriculteurs ? Qui refuse toute loi contraignante sur les OGM selon le principe du pollueur payeur ? En fait d’impunité, ce sont les semenciers qui veulent avoir la même impunité que les pétroliers et pouvoir continuer à contaminer sans risques les champs et l’environnement !
[3] Indépendance : pour être indépendants, les paysans dévraient s’affranchir des semenciers, Certains d’ailleurs refont leurs propres semences au lieu d’acheter des "hybrides" très chers. Ca marche et en plus c’est plus profitable pour l’agriculteur, puisqu’il ne doit plus payer au prix fort ses semences. Mais ce que veulent dire les auteurs de la pétition, c’est que les agriculteurs doivent rester indépendants... de leurs concurrents, notamment les semenciers états-uniens, mais surtout pas des semenciers français ! Quant à la compétitivité de l’agriculture française que serait-elle sans les subventions, notamment à l’exportation ? Certains de nos produits - notamment les céréales, le sucre, le lait, la viande - sont vendus à perte sur le marché mondial avec des subventions qui peuvent représenter jusqu’à 60% du coût de production ! Ce sont les contribuables qui sont compétitifs !
[4] Même remarque : une agriculture forte est synonyme d’agriculture exportatrice. Les effets des produits de notre agriculture, bradés sur les marchés du Sud sont catastrophiques : chutes des cours locaux, marchés locaux déstabilisés, ruine et exode rural de millions de petits producteurs.
[5] C’est bien parce que nous nous sentons, nous aussi, concernés par l’avenir de l’agriculture que nous nous opposons aux OGM. Aujourd’hui, les effets sanitaires de l’utilisation massive de produits chimiques toxiques, notamment en agriculture, commencent à être connus. On parle d’épidémie de cancers : depuis 20 ans le cancer du sein a doublé, celui de la prostate triplé et les cancers chez les enfants de moins de 10 ans augmentent de 1% par an ! Pourtant, ce sont les mêmes firmes qui ont inondé la planète de produits chimiques pendant des année, en nous disant qu’il n’y avait aucun risque, qui continuent la fuite en avant avec les OGM aujourd’hui. En effet, les premiers OGM ont tous été crées par des sociétés chimiques : Bayer, Monsanto, Novartis, Rhône-Poulenc, Dow Chemical, Dupont, etc... Pourquoi Monsanto s’est lancé dans les OGM ? Parce que son RoundUp allait rentrer dans le domaine public et que n’importe qui pourrait le copier. Grâce aux biotechnologies, on a pu créer des plantes qui tolèrent le RoundUp. Par contre l’agriculteur s’engage en achetant la semence à n’utiliser que du RoundUp. Les agriculteurs sont captifs et les ventes de RoundUp ne se sont jamais aussi bien portées, même si certains nous disent que les OGM vont faire baisser la consommation de produits chimiques. L’innovation technique a consisté à enfermer encore plus les agriculteurs dans leurs dépendance vis à vis des semenciers-chimistes !
[6] Le respect des lois et des réglementations en vigueur : Mais qui fait les lois ? Depuis des années, on trouve le même pourcentage d’opposants aux OGM, entre 70% et 80% des citoyens, dans toute l’Union Européenne - et même maintenant dans les nouveaux pays membres . Les règlements sur les OGM ne prennent jamais en compte ce que souhaitent les citoyens. D’un côté, les OGM sont autorisés par des gens non élus, les Commissaires Européens, alors que les Etats-membres, même s’ils n’arrivent pas à se mettre d’accord, y sont dans leur majorité opposés. En Suisse, les électeurs à qui ont a donné le droit de choisir, ont accepté un moratoire de 5 ans sur les OGM. Mais ici, lorsque le président du Conseil Général du Gers veut organiser un referendum, on le lui interdit... Alors qui a peur de la démocratie ?
[7] Mensonge : "Avec les OGM les rendements seront améliorés", nous disent les semenciers. L’Institut Agronomique de Navarre a fait des études sur les rendements comparés des maïs, OGM et conventionnel, dans le Nord de l’Espagne. Dans tous les cas, les rendements du maïs OGM sont moindres ! Cet Institut conseille donc aux agriculteurs espagnols de ne plus semer de maïs OGM, non rentable."Avec les OGM, on consommera moins de produits chimiques". Un rapport basé sur les chiffres officiels du Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis, montre que la consommation de produits chimiques par les cultures OGM, comparée à la consommation des surfaces plantées en cultures conventionnelle, a baissé de 11 500 tonnes, de 1996 à 1998, mais a augmenté de 33 100 tonnes, de 2001 à 2003. Cette augmentation est due notamment à l’apparition de mauvaises herbes tolérantes aux herbicides. Dire qu’on consommera moins de produits chimiques alors que la consommation augmente, ça s’appelle comment ?
[8] minorité : la minorité en question représente plus de 70% des citoyens, personnes qui, en tant que contribuables payant les subventions qui permettent indirectement aux signataires de cette pétition d’avoir du travail, mériteraient un peu plus de respect...Et juste un rappel : il a fallu réunir pour le seul petit département du Gers, 16 000 signatures demandant l’organisation du referendum. On comparera donc ces 16 000 signatures réunies sur un seul département peu peuplé - et où la validité de chaque signature a été officiellement vérifiée - avec le nombre de signatures de cette pétition nationale.
[9] Et lorsque des OGM pénètrent par effraction dans le champ d’un agriculteur, que se passe-t -il ? Nous demandons depuis des années un vrai débat national sur les OGM. Qui a intérêt à ce qu’il n’ait pas lieu. Aucun partisan des OGM n’a jamais été empêché de poser des questions lors des réunions d’information pour le public, au contraire. Qui a peur de débattre ? Bien sûr, il doit être très inconfortable de savoir qu’une écrasante majorité de ses concitoyens n’approuve pas les orientations de la firme pour lequel on travaille.
[10] A la question "Est-ce que ces essais servent à la recherche ?, un responsable du Service de Protection des Végétaux de Bordeaux, nous répondit "La recherche ? Il y a belle lurette qu’elle a été faite en labo !". Ces essais n’ont pour but que de mettre au point les dossiers d’autorisation pour pouvoir mettre sur le marché de nouvelles espèces ou variétés OGM. Le but des essais, c’est certes la recherche, mais la recherche du profit !
[11] Les auteurs de ces actes ne les nient pas. Au contraire, on empêche même des personnes qui les revendiquent, de comparaître au Tribunal. Ce ne sont pas les auteurs du fauchage qui sont jugés mais quelques personne triées sur le volet, comme au temps des rois. Pourtant, nous sommes tous censés être égaux devant la loi. Etat de droit vous dites ?
[12] Comme les auteurs de ces fauchages reconnaissent l’illégalité de leurs gestes, le débat se porte effectivement sur la légitimité de leurs actes. Les biotechnologies sont une science toute nouvelle. On sait finalement si peu de choses et il y a encore tant à découvrir et comprendre ! Des centaines de scientifiques indépendants appellent à la prudence. Il n’y a aucune urgence à se lancer dans cette aventure. Surtout quand on voit en plus les rendements des OGM diminuer, la consommation de pesticides augmenter grâce aux OGM, les agriculteurs être de plus en plus tenus par quelques firmes grâce aux brevets, les incertitudes scientifiques qui entourent les OGM se confirmer. Il est plus que légitime de mettre en question ce type d’activité qui ne profitent qu’à une infime minorité. Et lorsque les responsables politiques d’un pays refusent pendant des années d’entendre les demandes de leurs citoyens, il arrive que certains passent à cette forme d’action non-violente : la désobéissance civile.
[13] La destruction de l’outil de travail : lors de la conférence organisée par Sud -Ouest à Barcelonne du Gers, en 2004, sur les OGM, un agriculteur bio posa au représentant d’un syndicat de jeunes agriculteurs, une question sur les risques pour l’agriculture bio. La réponse fut très claire "Si vous ne voulez pas disparaître, il faudra que vous acceptiez un taux de contamination dans vos produits".Il est donc clair pour tout le monde que l’avènement des OGM signe l’arrêt de mort de l’agriculture biologique. Tous les discours sur la coexistence entre filière OGM et filières Bio ou conventionnelle, ne sont que de la poudre aux yeux. L’agriculture bio sera contaminée mais la destruction de l’outil de travail des agriculteurs bio ne semble pas émouvoir les auteurs de cette pétition. Et à propos d’outil de travail, une étude menée en Allemagne révélait que l’agriculture biologique avait créé, là-bas, plus de 100 000 emplois à comparé aux 2000 des biotechnologies agricoles. Il est vrai qu’en période de chômage massif, créer 100 000 emplois, c’est moins intéressant que de favoriser quelques firmes. En période d’exode rural massif, créer 100 000 emplois dans nos campagnes, ce n’est pas intéressant si les agriculteurs n’engraissent pas les semenciers-chimistes.
[14] La plupart de nos produits agricoles ont des coûts de production supérieurs aux cours mondiaux. Ce n’est que grâce à des subventions massives - payées par les contribuables qui n’ont jamais leur mot à dire sur l’agriculture qu’ils souhaiteraient - que ces produits peuvent inonder les marchés du Sud, avec les conséquences dramatiques que l’on connaît. Ce qui a réellement contribué à l’essor de l’agriculture française et européenne, c’est la Politique Agricole Commune. Elle a permis à nombre d’agriculteurs de bien vivre de l’agriculture, grâce aux subventions. C’est aussi la dépendance complète au pétrole bon marché - pour faire fonctionner toujours plus de machines, fabriquer plus d’engrais, plus de pesticides - qui a permis les changements que nous connaissons. Sans pétrole, ces hybrides extrêmemement vulnérables aux conditions environnementales et aux maladies n’auraient pu résister. La vraie innovation qui attend l’agriculture française, c’est d’arriver à produire avec un pétrole de plus en plus cher et de plus en plus rare... donc revenir à des méthodes beaucoup plus, économe en eau, en énergie et plus respectueuses de l’environnement.
[15] La monoculture intensive, l’appauvrissement génétique avec ces champs de plantes identiques génétiquement - clones- rend les cultures extrêmemement fragiles face aux maladies et aux parasites, et les paysans de plus en plus dépendants des semenciers-chimistes. Mais, on peut faire autrement. En Afrique par exemple, pour lutter contre la pyrale du maïs, on plante au milieu du champ de maïs une plante qui repousse la pyrale et, en bordure de champ, une plante dont la pyrale est très friande. Résultat : on ne retrouve quasiment pas de pyrale dans le maïs et les rendements restent élevés sans OGM et sans chimie. Mais ce procédé a deux défauts majeurs pour nos semenciers-chimistes : il ne coûte rien et les paysans restent indépendants. Voilà comment une vraie recherche agronomique soucieuse des paysans devrait être menée...
[16] Nouveaux débouchés ou alibis des semenciers. Regardons de plus près l’éthanol de maïs que nous qualifierons pas de bio-carburant mais de carburant d’origine végétale. L’Université Cornell aux Etats-Unis constate que pour faire 1 l d’éthanol de maïs, il faut 1,1 l de pétrole... D’autre part, une voiture qui roulerait uniquement à l’éthanol de maïs en consommant 5 l/100km, aurait eu besoin de 4500 litres d’eau pour produire le maïs nécessaire à la fabrication de l’éthanol, soit 45 l d’eau au klomètre parcouru !!! On est pas loin du moteur à eau ! Mais ce gaspillage est-il bien souhaitable en période de sécheresse croissante ? Cet exemple montre bien qu’il ne s’agit pas d’oeuvrer pour la défense de l’environnement et des paysans, mais d’assurer des débouchés au lobby du maïs et des industriels qui sont derrière. Pour les plantes pharmaceutiques, c’est la même chose. Depuis 30 ans, on sait faire des produits thérapeutiques à base d’OGM dans les labos. Pourquoi, alors se servir du maïs comme plante-usine-pharmaceutique, si ce n’est dans l’intérêt des semenciers ? Et qui peut nous garantir qu’il n’y aura jamais de contamination de la chaîne alimentaire ? Personne. Et d’ailleurs, c’est déjà arrivé aux Etats-Unis ! Alors un jour, vous croirez donner des corn flakes à vos enfants et ils seront en train d’avaler l’ordonnance d’un malade ! Belle innovation...
[17] Personne ne veut que la France soit dépendante. D’ailleurs ce que nous voulons pour la France, nous le voulons pour chaque pays . Nous demandons que soit reconnu au niveau mondial, le droit souverain de chaque peuple de décider des mesures à prendre pour assurer sa sécurité et sa souveraineté alimentaires. Cela implique notamment le droit de fermer ses frontières aux produits agricoles vendus à perte sur le marché mondial, comme de nombreux produits français lourdement subventionnés. Cela implique aussi le droit de refuser les OGM, de pouvoir empêcher les firmes de biotechnologies de s’accaparer du patrimoine génétique du pays et le droit de refuser que ce patrimoine soit confisqué par les brevets. Pourquoi seules la France et l’Europe auraient droit à l’indépendance ? Pour mieux plumer le tiers-monde ?
D’autre part, lorsqu’on lit cette pétition, on a l’impression que la recherche agronomique ne peut être que biotechnologique. C’est tout à fait faux, même si aujourd’hui, les industriels espérant gagner un maximum d’argent avec les biotechnologies, n’investissent que dans ce domaine. Les recherches qui profiteraient à l’agriculture mais ne leur rapportent rien sont systématiquement ignorées voire éliminées. Il faut exiger une vraie recherche agronomique menée en faveur d’une agriculture respectueuse des paysans et de l’environnement.
[18] On comprend que des jeunes n’ai plus envie d’être agriculteurs lorsque cela signifie : trimer pour le groupe semencier qui leur vend la semence, leur rachète le grain, fabrique avec, les aliments qu’ils doivent acheter pour nourrir leurs animaux d’élevage que ce même groupe semencier, propriétaire des usines de transformation, leur rachètera... Ces firmes sont en train de ré-inventer le métayage ! Tant qu’à l’international, la France et l’Europe seront prêtes à sacrifier leurs petits paysans pour permettre à quelques gros agri-managers et firmes agro-alimentaires de s’en mettre plein les poches, oui, les jeunes hésiteront à devenir paysans. Et alors que l’Allemagne a créé plus de 100 000 emplois avec l’agriculture bio, ici en France on est prêt à la sacrifier pour permettre aux actionnaires de quelques firmes de biotechnologies de s’enrichir. Oui, c’est alarmant !
[19] Non, aujourd’hui, il ne faut plus se taire. Il faut dénoncer cette politique agricole intensive et destructrice
qui verse à 20% des agriculteurs 80% des subventions, selon le principe "Plus t’es riche, plus tu touches" ;
qui fait que plus de 10% des agriculteurs sont en dessous du seuil de pauvreté ;
qui provoque chaque années une perte de 3 à 4% des emplois dans l’agriculture ;
qui est à la base de l’exode rural ;
qui pollue nos rivières et nos nappes phréatiques ;
qui a pendant des années déversé des milliers de tonnes de produits hautement toxiques, contaminant nos corps et l’environnement ;
qui favorise la concentration des terres et l’intégration des agriculteurs dans des circuits dominés par des groupes agro-alimentaires et financiers.
qui détruit, grâce aux exportations subventionnées, la paysannerie des pays du tiers-monde.
Oui, il faudra un jour que les responsables de cette catastrophe sociale et écologique rendent des comptes. En attendant , empêchons les de commettre leurs prochains mauvais coup. Que les chercheurs cherchent dans leurs laboratoires mais les OGM n’ont rien à faire ni dans les champs , ni dans les assiettes !
[20] Il est temps que les citoyens français se fassent entendre et obtiennent le droit de vivre dans un monde sans OGM. Pour cela faites signer la pétition "Nos élus pour des régions sans OGM - lettre pétition adressée à la Commission Européenne".



