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OGM : guerre commerciale entre l’Union Européenne et les Etats-Unis

10 septembre 2003,
Communiqué de Presse de Friends of the Earth International / Les Amis de la terre.

A la veille de l’entrée en vigueur du Protocole de Carthagène sur la Prévention des Risques Biotechnologiques

La société civile soulève le lièvre de la guerre commerciale entre l’Europe et les Etats Unis à propos de l’agriculture et des aliments modifiés génétiquement (OGM), en invitant pour la première fois le public à participer à un différend commercial. [1].


Des groupes représentant les environnementalistes, les agriculteurs, les syndicalistes, les consommateurs et les pays en voie de développement insistent sur l’obligation qu’a l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de respecter le droit des peuples à choisir leur alimentation, et à leur permettre de protéger leur ressources environnementales. [2].

La nouvelle campagne lancée aujourd’hui - ’Bite Back : WTO hands off our food’ - ("On se rebiffe, touchez pas à notre nourriture !") invite le public à participer, en utilisant des outils juridiques, au différend sur les OGM. [3].

La cinquième Réunion Ministérielle de l’OMC a démarré hier à Cancun (Mexique). Elle promeut le mécanisme de règlement des différends comme un instrument contribuant à la stabilité de l’économie globale. Pourtant, les discussions ont lieu à huis-clos, sans que le public n’y assiste. La campagne « Bite back » (se rebiffer) relève directement ce défi et porte à la connaissance du grand public les insuffisances de l’OMC.

Si l’OMC juge que l’Union Européenne contrevient aux règles commerciales, elle obligera l’Europe à approuver de nouvelles cultures et de nouveaux aliments modifiés génétiquement ou à subir de très importantes sanctions financières.

La campagne "Bite Back", disponible sur le site

www.bite.back.org

a été lancée un jour avant que le Protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques, réglementant le transport des OGM n’entre en vigueur, le 11 septembre 2003.

Le « Protocole de Bio-sécurité » est le premier Accord Multilatéral sur l’Environnement qui protège la Diversité Biologique des risques issus des biotechnologies. Sa dimension contraignante, impose aux exportateurs des OGM la mise en place d’un système d’identification. Fondé sur le principe de précaution, il autorise également les pays à adopter une approche prudente lorsqu’ils se trouvent face à des incertitudes (reconnaissance du Principe de Précaution).

Pour Liana Stupples, des Amis de la Terre International : « L’administration des USA, influencée par des géants de la Biotechnologie comme Monsanto, est en train d’utiliser l’OMC afin d’imposer au monde l’alimentation issue des OGM. Le public devrait avoir le droit de décider de ce qu’il mange. Les décisions concernant notre alimentation ne devraient pas être prise l’OMC ou par Monsanto ». « Il est évident que l’OMC ne possède ni l’indépendance ni la capacité nécessaires pour juger si oui ou non le public devrait consommer des aliments issus d’OGM, » a-t-elle ajouté.

Pour plus d’information, vous pouvez contacter, au Mexique :

Liana Stupples, +52 9981204564

Alexandra Wandel +52 9981 20 45 86 ;

En Europe :

Adrian Bebb, +49 160 949 01163

Cédric Cabanne, +33 1 48 51 18 93

[1] Après que les USA, l’Argentine et le Canada aient déposé une réclamation auprès de l’OMC quant au moratoire de l’UE sur les OGM, l’OMC a constitué une commission d’enquête le 29 août. Les Etats-Unis et l’Union Européenne sont actuellement en train de préparer leurs propositions. On attend un verdict pour le printemps 2004.

[2] La campagne est lancée le 11 septembre par les Amis de la Terre International, avec le soutien de la Confédération Paysanne, de la Fondation pour la Recherche sur la Science de Vandana Shiva, Technologie & Ecologie, Citoyen Public de Lori Wallach’s, le réseau des syndicats, l’Internationale des Services Publics, le Réseau International du Genre et du Commerce, et d’autres encore.

[3] Les objections des citoyens constituent des plaintes légales auprès de l’OMC même si généralement, les membres de l’OMC sont réticents à ces interventions.



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