Logo des Amis de la Terre

Recommander cette page

Imprimer cette page

Agrandir cette page

OGM : il y a un an, les Amis de la Terre tiraient la sonnette d’alarme !

9 septembre 2005,
Par Christian Berdot

Lettre à Mrs Emmanuelli et Rousset

En 2003, Monsanto annonçait que 4ha de maïs MON 810 étaient cultivés dans les Landes, dans un lieu secret mais... connu des services de l’Etat ! Les Amis de la Terre alertèrent le Président du Conseil Général des Landes et le Président de la Région Aquitaine - dont les deux assemblées se sont prononcées contre les OGM agricoles - pour dénoncer les risques de contamination et une fois de plus la complicité des services de l’Etat. Nous leur demandions d’intervenir.

Nous étions d’autant plus inquiets que des rumeurs couraient sur les projets de Monsanto d’introduire massivement le maïs MON810 en Pologne. Alors qu’en France, l’Etat couvrait ces agissements, en Pologne le gouvernement décidait d’interdire ce maïs pour protéger son agriculture...

Voic la lettre envoyée à Monsieur Alain Rousset


Mont-de-Marsan, le 14 septembre 2004

OBJET : production de nouvelles variétés OGM par Monsanto, dans les Landes.

à Monsieur le Président du Conseil Régional.

Monsieur

Mercredi dernier, la Commission Européenne sortante a réussi à faire passer à la sauvette, l’autorisation de 17 nouvelles variétés de maïs transgéniques. Elles vont donc être inscrites au Catalogue européen et être ainsi disponibles pour l’ensemble des agriculteurs de l’Union.

Ces 17 variétés ont été fabriquées à partir de l’événement (construction génétique) Mon 810. Auparavant, 11 d’entres elles avaient été inscrites sur le catalogue national espagnol et 6 sur le catalogue français.

Dans un article du 11/09/03, Sud-Ouest écrivait en page Landes : "Monsanto teste dans un site tenu secret, quelque part au milieu des pins, une quinzaine de variétés dans leur version "Bt" (OGM) et conventionnelle. Cela pour répondre aux contraintes du catalogue officiel des variétés (...) Une expérimentation effectuée sur un espace de 4 ha, lequel ne figure pas sur la liste des essais officiels, pour la bonne raison que "l’événement" permettant la construction génétique - le MON 810 - est déjà autorisé. Néanmoins l’essai est déclaré aux autorités compétentes".

Le lien entre les "expérimentations" menées dans les Landes et les nouvelles variétés autorisées par les technocrates de la Commission est évident, même s’il est difficile d’en être sûr à 100%, puisque ces "expérimentations" sont tenues secrètes.

Alors que vous avez pris avec le Conseil Régional d’Aquitaine une position claire et ferme contre les OGM agricoles, il semblerait que ce soit notamment en Aquitaine et plus précisemment dans les Landes, que sont préparées de nouvelles variétés OGM qui iront contaminer ensuite les champs et les assiettes dans toutes l’Union Européenne !

En fait, Monsanto profite d’une autorisation accordée dans le cadre de l’ancienne Directive - aujourd’hui caduque - qui encadrait les OGM. Puisque tout le monde reconnaît que l’ancien cadre légal était plus que lacunaire, le Ministre de l’Agriculture et les administrations concernées auraient pu demander à Monsanto de travailler dans le cadre de la nouvelle Directive qui garantit aux citoyens et aux élus, accès à l’information par l’intermédiaire d’un registre et plus de sécurité !

Car quel contrôle peuvent exercer les élus et les citoyens face à cette politique du secret ? Si, par exemple, ces expérimentations ont lieu dans une commune du Parc Régional des Landes de Gascogne, fleuron de la Région Aquitaine, elles sont en opposition flagrante avec la Charte du Parc qui stipule qu’un "moratoire sine die de toute expérimentation OGM s’impose sur le territoire du Parc". Mais comment savoir ?

Les Amis de la Terre refusent cette conception de la démocratie où les citoyens doivent s’en remettre aveuglément à quelques fonctionnaires - qui n’ont de compte à rendre qu’à un ministre - et aux techniciens d’une multinationale qui n’a de compte à rendre qu’à ses actionnaires !

Pour les Amis de la Terre, ces "expérimentations" sont incompatibles avec les positions prises d’une part par le Conseil Régional d’Aquitaine et d’autre part, par le Conseil Général des Landes. Nous vous serions reconnaissants de nous informer des démarches que vous entreprendrez pour obtenir des informations sur ces expérimentations et pour faire cesser cette situation indigne d’une démocratie.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de nos sentiments les meilleurs.

Pour les Amis de la Terre,

Christian BERDOT (Président des Amis de la Terre-Landes ; Animateur de la Campagne OGM des Amis de la Terre-France)



Autres articles