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OGM : la grande escroquerie climatique

22 septembre 2010,
Rapport annuel des Amis de la Terre sur la situation des OGM dans le monde (février 2010)

L’industrie des biotechnologies ne compte ni son argent, ni son temps pour produire toute une documentation censée démontrer la rapide expansion des surfaces cultivées en OGM. L’objectif de ces documents est d’essayer de persuader des régions ou des pays qui n’ont pas encore adopté sans réserves les OGM, qu’ils risquent de manquer le train de la « révolution génétique ». Ces documents prétendent aussi qu’on aura besoin pour nourrir l’Humanité sur une planète qui se réchauffe, des traits génétiques « miracles » qui sont sur le point d’être commercialisés. Quant aux preuves censées étayer ces affirmations, elles sont toujours aussi peu convaincantes.

Vous trouverez le rapport complet à la fin de l’article, sinon voici le sommaire et à la suite le résumé :


Sommaire

liste des encadrés, schémas et tableaux p.4

résumé p.5

1 - plantes modifiées génétiquement - bilan global p.8

  •  1.1 les plantes gm ne sont pas cultivées pour nourrir les humains p.8
  •  1.2 le rejet des ogm reste fort p.9
  •  1.3 chiffres truqués p.10
  •  1.4 double comptage p.10
  •  1.5 chiffres gonflés p.10
  •  1.6 hectares fantômes p.10
  •  1.7 exagération de l’impact sur les petits paysans p.10

    2 - des promesses, encore des promesses - les affirmations de l’industrie des biotechnologies p.12

  •  2.1 promesses non tenues p.12

    3 - plantes gm aux états-unis p.14

  •  3.1 les chiffres officiels des états-unis montrent une augmentation des volumes de pesticides utilisös sur les plantes gm p.14
  •  3.2 les plantes gm enferment les agriculteurs dans des pratiques agricoles coûteuses et non durables p.14
  •  3.3 le contrôle du monopole des compagnies de biotechnologies aux états-unis – histoire de précaution p.15
  •  3.4 le ministère de la justice états-unien lance des enquêtes anti-trust p.15

    4 - les cultures d’ogm en europe p.17

  •  4.1 encore une année de diminution des surfaces cultivées en ogm dans l’ue p.17
  •  4.2 l’opinion publique p.18
  •  4.3 régions sans ogm p.18
  •  4.4 étiquetage « sans ogm » pour les aliments sans ogm pour animaux, un grand succès p.18
  •  4.5 les plantes gm en attente p.18

    5 - les ogm dans le cône sud p.20

  •  5.1 introduction p.20
  •  5.2 développement des plantes gm dans le cône sud p.20
  •  5.3 dissémination commerciale des ogm dans le cône sud - des autorisations douteuses p.21
  •  5.4 augmentation des volumes de pesticides utilisés p.23
  •  5.5 accaparement des terres et déforestation p.24
  •  5.6 contamination p.24
  •  5.5 parties prenantes p.24

    6 - les nouvelles promesses : ogm et changements climatiques p.26

  •  6.1 pour s’en sortir, on ne peut plus faire comme on a toujours fait p.26
  •  6.2 examen du lien entre ogm et changements climatiques p.26
  •  6.3 les ogm menacent les vraies solutions contre les changements climatiques p.32
  •  6.4 les méthodes agroécologiques peuvent s’attaquer aux changements climatiques p.33

    Résumé

    Comme chaque année, l’ISAAA (Service International pour l’Application des Avancées Agrobiotechnologiques), cet organisme financé en partie par l’industrie des biotechnologies, publie des chiffres sur les cultures des plantes modifiées génétiquement dans le monde. Ce bilan annuel n’est jamais à une exagération près et s’efforce de souligner le prétendu succès de l’expansion des plantes GM. Chaque année, la Fédération Internationale des Amis de la Terre (Friends of the Earth International) publie le seul bilan mondial sur les OGM, indépendant de l’industrie. Notre rapport se base, lui, sur l’analyse de nombreuses données chiffrée, sur des faits et montre les conséquences des OGM dans les pays qui les cultivent.

    Cette année, notre rapport « Qui tire profit des plantes GM » constate que l’opposition à la culture des OGM ne cesse de croître et de prendre de l’importance dans de nombreuses régions du monde. Les citoyens et leurs gouvernements restent très prudents vis-à-vis de l’adoption des plantes GM et sont de plus en plus réticents face aux conséquences. C’est particulièrement le cas en Europe, en Afrique et plus récemment en Inde. Les impacts socio-économiques, environnementaux et sanitaires ont suffisamment inquiété le gouvernement indien pour l’amener à mettre en place un moratoire sur la culture du premier OGM alimentaire.

    L’évolution en Europe illustre de façon éclatante la situation. En 2009 et pour la 5ème année consécutive, on a assisté à une baisse de la culture des OGM avec -10%. L’Allemagne, le plus grand pays et un des poids lourds agricoles de l’Union Européenne, a interdit la culture du MON 810, le seul OGM autorisé à la culture dans l’UE, portant ainsi à six, le nombre d’états membres qui ont une interdiction provisoire sur cet OGM.

    Ce rapport s’attache à vérifier si l’industrie des biotechnologies tient ses promesses, notamment la dernière affirmation concernant le rôle que les OGM pourraient jouer dans la lutte contre les changements climatiques. En fait ces affirmations ne reposent que sur des exagérations ou sur des supputations prématurées. Par contre, la culture de plantes GM, éléments importants du modèle agricole industriel, pourraient au contraire augmenter les émissions de gaz à effet de serre (voir plus bas).

    De même, les OGM ne nourrissent pas le monde. Ils ne représentent que 2,6% des terres agricoles mondiales et 99% sont cultivés pour alimenter les animaux ou les moteurs automobiles, plutôt que pour nourrir les humains. Les Etats-Unis, l’Argentine, le Brésil, l’Inde, le Canada et la Chine cultivaient plus de 94% des OGM en 2008, les trois premiers pays, comptant à eux seuls pour 79%. Les 19 autres pays listés par l’ISAAA comme produisant des OGM en 2008 cultivaient à eux tous 6,7 millions d’ha, ce qui équivaut à 11% des cultures aux Etats-Unis (ISAAA 2008)

    Les OGM n’ont toujours pas tenu leurs promesses !

    Partout, les preuves s’accumulent et démontrent que les biotechnologies n’ont pas tenu les promesses faites par les industriels.

    La liste des plantes GM qui attendent dans les labos s’allonge d’année en année. Plus de 180 ont subi tout le processus, de la manipulation génétique jusqu’aux essais en plein champ. Pourtant très peu d’entre elles, ont atteint le stade où les semences sont commercialisées et disponibles par les agriculteurs. Après des décennies de recherches, seuls deux traits (caractéristiques génétiques) - tolérance à un herbicide (HT) et plante insecticide (IR ou Bt) – ont été cultivés avec succès à échelle commerciale. Les partisans des biotechnologies font porter la responsabilité de cet état de fait à l’opposition de l’UE aux OGM. Pourtant, même aux Etats-Unis où le marché est plus important et les règlements moins stricts, rien n’indique que de nouveaux traits GM atteignent le stade de production commerciale.

    Encadré 1 : Exactitude des données de l’ISAAA

    Les preuves avancées par l’ISAAA pour étayer ses affirmations sont faibles et l’exactitude de ses chiffres, ainsi que ses conclusions sont sujettes à caution. Dans son rapport de 2008, par exemple, l’ISAAA monte en épingle les petites surfaces d’OGM cultivés dans les 25 pays listés comme cultivant des OGM. Pourtant, si on y regarde de plus près, les chiffres montrent qu’à part les 6 pays qui cultivent la grande masse des plantes GM, il n’y a pratiquement aucune progression, voire arrêt de l’expansion.

    L’ISAAA gonfle les chiffres en classant de très petites zones de productions d’OGM (de quelques centaines d’ha dans certains pays) dans la catégorie >0,1 million d’ha.Si on a 100 ha de maïs à la fois tolérant à un herbicide et contenant le trait insecticide, l’ISAAA n’hésite pas non plus à additionner les surfaces par trait incorporé, 100 ha de maïs tolérant un herbicide plus 100 ha de maïs insecticide, soit 200 ha. A l’exception des Etats-Unis, l’ISAAA (et les autres) doivent généralement s’appuyer sur les chiffres de vente des semences, avancés par les industriels pour estimer le nombre d’ha plantés en OGM.

    L’ISAAA gonfle exagérément le nombre de petits paysans ayant adopté les biotechnologies. Dans son rapport de 2008, il était affirmé que le « nombre d’agriculteurs utilisant des plantes GM était passé de 1,3 millions en 2008, à 13,3 millions dans 25 pays. Fait remarquable, 90% d’entre eux, soit 12,3 millions, étaient des petits paysans ou avec de faibles ressources, dans des pays en voie de développement ». Ces chiffres doivent être remis dans une perspective globale pour avoir une vraie signification. Il y a, dans le monde 513 millions de petits fermiers ou de taille moyenne avec moins de 10 ha. Donc, même si les chiffres de l’ISAAA étaient vrais, seulement 2,6% d’entre eux cultiveraient des OGM.

    Conséquences des OGM dans les pays qui les cultivent

    De graves questions sont soulevées à propos des conséquences environnementales et sociales des OGM, dans les 6 principaux pays qui les cultivent. Cela est particulièrement le cas dans le cône sud-américain, région de première importance pour la production alimentaire mondiale ainsi que pour sa biodiversité.Cette région a particulièrement été la cible des multinationales de l’agrobusiness pour le développement des cultures commerciales d’OGM. Le cône sud du continent américain et les Etats-Unis sont maintenant responsables de plus de 80% des surfaces mondiales cultivées avec des OGM. En 2009, plusieurs nouvelles variétés ont été approuvées dans la région et il y a aussi des preuves comme quoi des plantes GM sont cultivées sans autorisation nationale.

    Accaparement des terres et augmentation des volumes de pesticides utilisés

    Dans le cône sud du continent américain, les immenses plantations d’OGM continuent d’expulser les paysans et les communautés indigènes. Elles font reculer aussi la frontière agricole toujours plus profondément à l’intérieur des forêts. Dans le même temps, elles augmentent les problèmes de pollution et de santé, dus à l’accroissement des volumes de pesticides utilisés. L’érosion des ressources naturelles s’accélère et détruit les bases de la subsistance des gens et leur possibilité de se nourrir. L’expansion du soja GM a été fulgurante durant cette dernière décennie et s’est accompagnée de l’éviction brutale de leurs terres, de milliers de petits paysans.

    Lors de la dernière saison de culture, 350 millions de litres de glyphosate (l’herbicide commercialisé sous le nom de Roundup et appliqué sur le soja Roundup Ready, tolérant à cet herbicide) ont été épandus sur les zones de culture du soja GM. L’apparition et le développement d’herbes résistantes ont pour conséquence l’application d’un cocktail d’herbicides sur les plantes GM. Près de 200 millions de litres de pesticides ont été utilisés sur les cultures de soja lors de la dernière saison, y compris l’endosulfan, un organochloré extrêmement toxique, interdit dans de très nombreux pays. L’utilisation de tels produits a bien sûr des conséquences graves à la fois sur la santé des humains, en particulier les populations rurales, mais aussi pour l’environnement.

    Aux Etats-Unis, les données du Ministère de l’Agriculture ont été étudiées et analysées en 2008. Il en est ressorti que, en 2008, un hectare cultivé en OGM avait besoin de plus de 26% de pesticides supplémentaires qu’un hectare de la même variété conventionnelle.

    En 2009, une nouvelle controverse a éclaté suite à la publication d’une étude sur les effets du glyphosate sur le développement de l’embryon.

    Les conséquences de l’expansion de la production de soja dans le cône sud du continent américain sont catastrophiques pour les forêts de cette région. En Argentine, par exemple, 200 000 ha de forêts primaires disparaissent chaque année, face à l’avancée de la frontière agricole, elle-même poussée principalement par l’extension de la monoculture de soja GM.

    Pour l’industrie de l’agrochimie, la solution à ce problème est tout simplement d’utiliser encore plus (et d’autre) herbicides et, en même temps, de développer de nouvelles plantes GM tolérantes à tout un éventail d’herbicides afin de les utiliser dans les zones ou les « mauvaises » herbes sont résistantes au glyphosate. Cette stratégie va immanquablement augmenter la dépendance aux produits chimiques - ces agrotoxiques fabriqués à partir de pétrole - pour contrôler les mauvaises herbes.

    Est-ce que les OGM luttent contre les changements climatiques ?

    Actuellement, les plantes GM sont présentées comme un élément essentiel dans les efforts faits pour lutter contre les changements climatiques, ainsi que pour nourrir les humains dans un monde qui se réchauffe. Les compagnies de biotechnologies s’appuient fortement sur ces affirmations, pour faire pression sur les négociations sur les changements climatiques, menées par l’ONU. Elles espèrent que leurs plantes GM et leurs méthodes agricoles industrielles seront reconnues comme des techniques qui atténuent les changements climatiques dans le secteur agricole.

    Ces demandes reposent sur une série d’affirmations – dont certaines discutées plus haut – comme quoi les plantes GM réduisent les volumes de pesticides utilisés, augmentent les rendements et sont donc utiles à la fois pour atténuer les changements climatiques, ainsi que pour s’y adapter. Un nouvel argument vient s’ajouter : en réduisant le labour, les plantes GM réduiraient la quantité de carbone du sol relâché. Les firmes biotech prétendent aussi qu’elles sont sur le point de commercialiser des plantes résistantes à la sécheresse. Mais le top du top, ce sont des plantes GM qui fixent l’azote et pourraient ainsi réduire les volumes d’engrais azotés utilisés et par là même réduire les besoins en énergies fossiles pour les fabriquer, les transporter, les emballer, les épandre. Parmi les solutions mises en avant, on retrouve la possibilité de développer des arbres GM qui peuvent stocker plus de carbone que des arbres normaux. Une autre demande clé de l’industrie biotech concerne les plantes qui pourraient être manipulées génétiquement pour améliorer la production de carburants.

    Si on examine de plus près ces tendances pour les OGM, on s’aperçoit que ces affirmations ne reposent que sur peu d’arguments solides :

  •  aucune des plantes cultivées commercialement n’a eu pour effet, jusqu’à maintenant, d’augmenter les rendements et il n’y a aucune preuve qui étaye cette affirmation. L’industrie biotech s’est concentrée sur des traits (caractères génétiques) agronomiques et 99 % des plantes GM commercialisée sont modifiées pour devenir tolérantes à un herbicide ou pour devenir insecticides (ou les deux). L’immense majorité des demandes d’autorisations d’OGM concerne des variétés de plantes herbicides et qui favorisent l’utilisation de pesticide.
  •  On fait aussi beaucoup de bruit autour d’OGM miracles qui seraient capables de pousser sur des « terres dégradées », ou capables de supporter des stress abiotiques, comme la salinité, de forts niveaux d’aluminium dans les sols ou la sécheresse. En réalité, aucune plante possédant de telles qualités n’est sur le point d’être commercialisée et on est totalement dans le domaine des spéculations.En fait, les recherches concernant les modifications génétiques pour conférer la résistance à la sécheresse se sont avérées jusqu’à maintenant extrêmement complexes, car elles nécessitent des changements très importants du métabolisme de la plante.Il est important aussi de rappeler qu’aucune graine ne germera, ni ne se développera en l’absence d’humidité. Dernièrement Monsanto a soumis une demande d’autorisation de mise sur le marché de l’Union européenne (UE), pour un trait de maïs tolérant à la sécheresse, alors que la firme elle-même reconnaît qu’il puisse ne pas être particulièrement efficace pour produire un rendement viable dans des conditions très sèches.
  •  l’idée qu’il y ait de vastes zones de « terres dégradées » prêtes à faire pousser des OGM destinés à l’alimentation et les agrocarburants est considérée de plus en plus communément comme une vue de l’esprit. Des études récentes sur cette question importante, ont démontré que les terres sont rarement abandonnées. Dans la majorité des cas, elles sont occupées par des bergers, de petits propriétaires, des Peuples Indigènes et des femmes qui en font un usage respectueux, au faible impact écologique et y chassent, récoltent de la nourriture, des matériaux pour construire ou faire du feu. De plus, ces terres peuvent être importantes en termes de biodiversité ou protection des ressources en eau.
  •  de la même manière, il y a eu très peu de progrès dans le développement de plantes capables de fixer l’azote. La FAO, dans la conclusion d’un rapport de 2005, écrivait que cela pourrait s’avérer techniquement difficile, du fait de la complexité du processus de fixation de l’azote qui inclue la relation symbiotique entre deux différents organismes.
  •  le labour de conservation (labour réduit) avait pour but, initialement, d’améliorer la conservation du sol et de l’eau et a été développé bien avant l’introduction des plantes GM tolérantes à un herbicide. Il peut être utilisé avec n’importe quelle culture.L’introduction des plantes GM tolérantes à un herbicide menace la durabilité de ces systèmes antérieurs de labour de conservation car elle accroît les volumes de pesticides utilisés et parce que les sols sont compactés par des machines agricoles lourdes. Des études récentes semblent démontrer que les techniques « sans labour » (ou de semi libre) ne séquestrent pas plus de carbone dans le sol que les méthodes de labour conventionnelles.
  •  il n’est pas plus prouvé que l’on puisse augmenter les rendements de plantes GM destinées à la production d’agrocarburants. Les tentatives « d’améliorer » des plantes en modifiant génétiquement leur capacité de métaboliser le carbone se sont soldées par des échecs.La plante GM la plus utilisée comme matière première pour agrocarburants, est le soja dont 70% est du soja GM Roundup Ready. On pouvait lire dans une analyse publiée récemment que « la production d’agrodiesel à partir de soja, bien qu’elle permette de fortes économies sur un plan purement technique, augmente de façon spectaculaire les émissions de gaz à effet de serre, comparé à la fabrication d’un diesel conventionnel, à cause des émissions provoquées par le changement d’affectation des sols, en se fondant sur toute une série d’hypothèses ».
  •  Quant aux risques associés aux arbres GM, il est encore plus difficile de les évaluer, puisque les arbres sont des organismes avec un habitat important et de multiples interactions. De plus, les études scientifiques et les expériences de terrain démontrent qu’il y aura contamination par des arbres GM et qu’ils se propageront. La stérilisation génétique n’est pas non plus la solution. Il est plus que probable que du matériel provenant d’arbres GM passera les frontières nationales, rendant toute réglementation insuffisante.
  •  Alors que d’un côté, elles font la promotion de leurs plantes GM, des firmes comme Monsanto, Bayer, Syngenta, BASF et Dupont s’empressent en coulisses, de breveter des gènes qui existent à l’état naturel. Elles pourraient un jour les utiliser dans des plantes modifiées génétiquement pour limiter l’impact ou les adapter à des stress causés par les changements climatiques comme les sécheresses, la salinité, les inondations, de hautes ou de basses températures. A ce jour, elle ont obtenu 532 brevets couvrant 55 types de brevets. Une telle privatisation des ressources génétiques réduit l’accès des paysans et des chercheurs aux semences et à la connaissance.

    Il existe des voies moins risquées

    Il existe une autre approche agricole qui connaît le succès et qui peut présenter toute une série de réussites, lorsqu’il s’agit de s’attaquer à certains des défis liés à la production alimentaire et aux changements climatiques : l’agroécologie. Elles incorporent un éventail de systèmes de production alimentaires durables qui se concentrent sur la préservation de la biodiversité et l’augmentation de la productivité alimentaire.L’approche agroécologique s’assure aussi que les matériaux riches en carbone, comme le fumier et le compost, retournent systématiquement dans le sol pour l’améliorer.De nombreuses études récentes présentent l’agroécologie comme un axe essentiel pour faire face aux futurs défis alimentaires.

    En avril 2008, l’Evaluation Internationale des Sciences et Technologies Agricoles pour le Développement (IAASTD en anglais) concluait qu’il fallait vraiment mettre le paquet sur les approches agroécologiques. Pour l’IAASTD, les OGM ne sont pas une solution. 58 pays ont soutenu sans réserves, les conclusions de l’IAASTD.

    En octobre 2008, l’Équipe spéciale PNUE CNUCED (Programme des Nations Unies pour l’Environnement et Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement) chargée du renforcement des potentiels en matière de commerce, d’environnement et de développement publia aussi un rapport sur « Agriculture biologique et Sécurité Alimentaire en Afrique ». Comme l’IAASTD, il trouvait qu’une approche agroecologique de la gestion des terres donnait les meilleures chances pour venir à bien des nombreuses tâches qui étaient demandées aux paysans.

    L’agroécologie propose de nombreuses solutions aux grands problèmes que sont la sécheresse et la salinité des sols (problèmes résultant souvent de plantes écologiquement inadaptées et de la surconsommation d’eau pour des plantes hybrides), mais il faut les rendre accessible aux paysans. Par contre, pour financer l’extension de ces services et les infrastructures, l’argent manque en permanence.Dans certains pays, le régime foncier rend l’adoption de pratiques agroécologiques plus difficile pour les paysans et en particulier les femmes.

    Les pratiques agricoles doivent changer radicalement pour pouvoir affronter les changements climatiques. Il faudra nourrir une population croissante, protéger et restaurer la biodiversité et les services rendus par les écosystèmes, tout en produisant des carburants et des matières premières pour l’industrie.La bonne nouvelle, c’est qu’avec soutien et volonté politiques, l’agroécologie peut tout cela.



    La grande escroquerie climatique

    Edition 2010 du rapport annuel des Amis de la Terre "A qui profitent les plantes GM ?"