Le Tribunal Administratif de Pau « suspend » la délibération du Conseil Général du Gers visant à organiser le premier référendum citoyen sur les OGM : la réaction de Philippe MARTIN, Député du Gers et Président du Conseil Général
« La décision du Tribunal Administratif de Pau de suspendre la délibération du Conseil Général du Gers visant à organiser le premier référendum citoyen sur les OGM nous montre le vrai visage du Gouvernement sur la question des OGM et, plus généralement, sur celle de l’environnement et du développement durable.
Nous savons maintenant que 16 000 citoyens qui se mobilisent dans un département (12,5% du corps électoral), pour dire leur foi en la démocratie et obtenir le droit de s’exprimer sur une question qui les concerne, et concerne l’avenir de la terre sur laquelle ils vivent ainsi que leurs enfants, compte moins que les intérêts et les profits de quelques grands groupes, privés ou coopératifs.
Nous savons désormais que lorsque le Gouvernement parle de « principe de précaution », et de « démocratie participative », ces mots sont en réalité vides de sens. Nous savons désormais que le discours du Président de la République sur le développement durable et la nécessité de préserver notre environnement, ne sert qu’à donner le change dans des colloques internationaux sans lendemain. Non seulement « la terre brûle, et nous regardons de côté », comme dirait Jacques CHIRAC, mais la terre brûle et son gouvernement souffle sur les braises.
Nous savons désormais qu’entre la soumission docile à une technologie aux conséquences incertaines et encore mal évaluées, et l’incivisme auquel conduit l’attitude intransigeante du Gouvernement, la France une fois encore fait la preuve de son incapacité à débattre sereinement et démocratiquement d’un sujet qui intéresse les français.
Nous savons maintenant qu’une Commission Parlementaire peut, comme cela a été le cas, demander officiellement une « pause » dans la pratique des essais OGM en plein champ, et que le Gouvernement continue de les autoriser comme si de rien n’était.
Nous savons surtout, qu’avec une politique de diversification énergétique insignifiante, une politique de l’eau illisible et suicidaire, une politique des transports à courte-vue, et une stratégie de développement durable inexistante, le Gouvernement de Jacques CHIRAC applique l’une des politiques de l’environnement les plus faible qu’ait connu la France depuis 25 ans.
Une politique de l’environnement qui ne prépare pas l’avenir mais qui, en voulant contenter les uns et les autres et surtout les lobbys réputés les plus puissants, entraîne notre Pays dans un retard dramatique ».
S’agissant de la décision du Tribunal Administratif de Pau suspendant la délibération du Conseil Général du Gers tendant à l’organisation du référendum sur les OGM, le Département se réserve le droit de faire appel. »