A Monsieur le rédacteur en chef
Mont-de-Marsan, le 3 octobre 2002
Monsieur,
Dans l’édition du vendredi 27 septembre, vous avez publié un article intitulé "Les OGM indésirables". Il s’agissait du compte-rendu de la session du conseil municipal d’Aire sur Adour. Cet article appelle de notre part quelques commentaires en particulier, le passage suivant où Mr Cabé déclare : "On a été informés dans le courant du printemps qu’il y avait sur trois communes landaises des expérimentions en OGM, sur du maïs et des betteraves. En fait, il s’agissait de commercialisation." En espérant que nos commentaires retiendront votre attention. Pour les Amis de la Terre,
C. BERDOT
Dans l’édition de Sud-Ouest du 27 septembre, les Amis de la Terre ont été agréablement surpris d’apprendre que la commune d’Aire sur Adour avait voté une délibération interdisant les OGM sur son territoire. En effet, lors de la journée anti-OGM du 17 avril dernier, Mr Cabé avait pourtant longuement expliqué à ATTAC et aux Amis de la Terre, pourquoi il ne voterait pas cette délibération... Nous attendons maintenant la publication de l’arrêté municipal, comme l’ont déjà fait d’autres communes landaises.
Mais les Amis de la Terre sont passés de la surprise à la stupéfaction, en lisant les propos de Mr Cabé, annonçant que du maïs et des betteraves transgéniques (OGM) avaient été cultivés à des fins commerciales, dans les Landes.
Dans le cas du maïs, il serait bon de savoir de quel maïs il s’agit. En effet, certaines variétés transgéniques ne sont pas autorisées à la culture dans l’Union Européenne. D’autre part, d’où proviennent les semences ? Ont-elles été achetées ici dans les Landes, chez Maïsadour ou à la Coop de Pau, ou bien ont-elles été importées illégalement d’Espagne où certaines variétés de maïs transgénique sont autorisées à la culture ? Nous aimerions savoir.
Quant à la betterave transgénique, aucune variété n’est autorisée à la culture, où que ce soit dans l’Union Européenne ! Si comme l’affirme Mr Cabé, il y eu dans les Landes culture de betteraves transgéniques à des fins commerciales, il ne peut s’agir que de culture ILLEGALE. Pourtant, le Conseil Général n’a prévenu ni la police pour enquêter et démanteler un éventuel trafic de semences, ni la justice pour poursuivre les responsables de possibles filières !
Si les faits avancés par Mr Cabé se confirmaient - mais pourquoi Mr Cabé aurait-il raconté des sottises ? - il s’agirait d’un nouveau scandale lié aux OGM ! Quant au Conseil Général, dans cette affaire, il ne sortirait pas grandi : il savait et il a laissé faire...
C’est pourquoi, les Amis de la Terre attendent avec impatience les éclaircissements que Mr Cabé - ou tout autre représentant du Conseil Général des Landes - voudra bien fournir à des concitoyens étonnés d’une telle légèreté.
Le journal Sud-Ouest (édition des Landes) n’a pas publié une seule ligne de notre mise au point qui posait pourtant des questions importantes. Bizarre. Pourtant, si les faits sont vrais, c’est un scoop national ! D’autre part, si les faits rapportés sont faux, la moindre des choses, c’est de publier un démenti pour informer ses lecteurs de la réalité de la situation.
Fin mot de l’affaire
Nous avons rencontré Mr Emmanuelli, le vendredi 29 novembre, au siège du Conseil Général des Landes, pour parler du dossier OGM. Nous avons donc posé des questions sur cette affaire. La réponse a été claire : "Cabé a dû se prendre les pieds dans le tapis !"
Effectivement ! Alors qu’une douzaine de maires des Landes s’étaient prononcés contre les OGM dans leur commune sans tambour, ni trompette, Mr Cabé a crû bon de le claironner sur tous les toits et de broder un peu trop sur un sujet que, visiblement, il ne maîtrise pas...