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On tue les ours et on saccage les Pyrénées !

Par Groupe local des Landes

Canelle dernier ours des Pyrénées femelle vient d’être abattue par un chasseur. La seule consolation qui nous reste, c’est qu’elle ne verra pas que, du côté espagnol, en Aragon, à quelques mètres du Parc National des Pyrénées, des promoteurs saccagent sauvagement un environnement extraordinaire pour faire encore quelques pistes de ski. Ironie des temps, à moins de 10 km de là, le conseil Général des Pyrénées Atlantiques décide de ... fermer la station dArtouste.

Article tiré d’un texte de la Plataforma de Defensa de las montañas de Aragon

En venant de Huesca , observez, sur votre droite, la Peña Foratata, gardienne à jamais de Sallent de Gállego. Et admirez, sur votre gauche, ces kilomètres de paysage dévasté. Aramón fait des travaux sur les installations de la station de ski de Formigal. Des millions de terre retournée !!!

Un kilomètre plus loin, au pied de l’ Anayet, apercevez les excavatrices éventrant les flancs à plus de 2000 mètres d’altitude. Au bas de la piste, plusieurs kilomètres de terre sont retournés pour le réaménagement de parkings. Ils n’augmentent même pas le nombre de places, mais Aramón ouvre une nouvelle route sur le flanc de la montagne, un pont au fond d’un ravin et un faux tunnel. Pourquoi ????

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Col du Pourtalet et Pic du Midi d’Ossau
A quelques mètres de là, côté français, il est même interdit de cueillir une fleur

Nous voici déjà prés de la France, dans la vallée de Espelunziecha ; remarquez, à gauche, un parc de machines de plus de 100 véhicules qui ne cessent leur va et vient entre les flancs de la montagne et la route. Ces véhicules ramassent et remuent des milliers de tonnes de terre par jour. Passant prés de la frontière, une nouvelle route conduit les engins vers les pentes où se construisent de nouvelles pistes de ski. Les excavatrices font souvent parler la dynamite !

Vous ne pourrez pas encore jouir du spectacle des travaux pour la construction des zones de services des pistes et d’un mini barrage (destiné à ravitailler les canons de neige artificielle ), car les travaux ne sont pas encore commencés. A droite de la route nationale, contemplez, bouche bée, une gigantesque étendue de versants déblayés, destinés à la construction d’un méga parking de plus de 55000 mètres carrés. Ici, pénètreront plus de 2000 voitures par jour, si le goulot de la route le permet et s’ il y a suffisamment de clients .

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La montagne est éventrée
Poussière, noria de camions, de pelleteuses, de bulldozers...

Toute la dévastation de ce paysage unique de haute montagne, nous confirme que nous sommes sur les territoires d’Aramón : société anonyme, composé à 50 % par Ibercaja (nos économies ) et par le Gouvernement d’ Aragon ( nos impôts ) . Aramón ne fait aucune différence entre construire une zone industrielle et travailler en haute montagne.

Pourquoi fait on ces travaux pharaoniques qui détruisent nos montagnes ?

Même Aramón reconnaît que les travaux d’agrandissement de la station de Formigal seront déficitaires et auront un grand impact sur le paysage. De plus, ce n’est pas en investissant d’énormes quantités d’argent public, qu’on fixera une nouvelle population dans la région.

Le projet d’agrandissement des stations aragonaises est totalement lié à une grande manoeuvre de spéculation immobilière. Ainsi donc, en échange d’investissements pour de nouvelles pistes, la mairie de Sallent cède à Aramón plus de 30 hectares de montagne publique (pour le prix d’un terrain non urbanisable) pour les requalifier ensuite comme urbanisable et construire un grand nombre de chalets et de pavillons jumeaux. C’est ce modèle qu’ Aramón veut exporter à toutes les stations aragonaises pour le bénéfice exclusif du "cartel immobilier".

Comment a-t-on pu autoriser ce projet ?

Dès le début, le processus d’impact sur l’environnement de l’agrandissement de Formigal a eu toute sorte d’irrégularités. Le Collège Officiel des Biologistes demanda le retrait du projet lors de sa tranche initiale, invoquant "l’impact négatif du projet sur un si précieux patrimoine naturel".

On oublia toutes ces plaidoiries et le projet reçut l’accord du Departement de l’Environnement de l’Aragon. Nous soulignerons que la personne qui donna son accord au projet, en qualité de conseiller de l’environnement, fut Alfredo Bone Puyo. C’est cette même personne qui avait présenté le projet quelques mois avant en tant que mandataire d’ Aramón .

La Plate-forme pour la Défense des Montagnes de l’Aragon continuera ses mesures de pression et de prise de conscience commencées il y a un an jusqu’ à ce qu’elle obtienne l’arrêt des travaux et l’ouverture d’un débat politique ouvert sur l’impact de tous ces projets.

Pourquoi ce qui se passe à Espelunziecha est si important ?

Nous avons déjà parlé de la valeur d’Espelunziecha en elle-même, mais l’agrandissement de Formigal est une experience pilote de la part d’Aramón pour imposer un nouvel ordre dans les montagnes de l’Aragon. Si cet agrandissement - aménagement a lieu, l’idée d’Aramón est d’appliquer ce modèle à toutes les montagnes de l’Aragon, convertissant les montagnes, patrimoine de tous, en un terrain urbain propriété d’ Aramón.

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A nous de choisir : encore du béton, de la ferraille pour quelques euros, ou une montagne vivante...

Le directeur d’ Aramón, lui-même, le disait dans une interview récente : "Nous sommes les dépositaires des montagnes". Et les faits lui donne raison : l’agrandissement de Cerler est déjà prévu ainsi que la création de Castanesa (pour une liaison future avec Cerler) ; les agrandissements de Javalambre, Valdelinares, Panticosa ; de nouvelles stations dans le Sobrarbe ; l’ agrandissement de Formigal, quand Espelunziecha sera consolidée avec des liaisons vers Izas et la vallée de Canal Roya etc...