Les travaux de construction de cet oléoduc de 1 750 km de long traversant l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie devraient débuter cette année. Ce projet serait réalisé par un consortium** de compagnies pétrolières, essentiellement américaines et européennes , dont Total. Ce projet est régi d’une part par un accord intergouvernemental passé entre l’Azerbaïdjan, la Turquie, et la Géorgie, et d’autre part, par une série de contrats avec chacun des trois gouvernements. Grâce aux clauses d’immunités présentes dans les conventions d’établissement, le consortium est dispensé d’appliquer les législations nationales présentes et futures !
UN PROJET A FORTS PROFITS… AVEC QUELQUES AMENAGEMENTS
Le tracé choisi pour l’oléoduc est extrêmement coûteux. Comme l’a souligné le PDG de British Petroleum (BP) la profitabilité du projet dépendra principalement de l’argent public qui sera versé au consortium. Ce dernier a ainsi sollicité le soutien financier et politique d’agences d’assurance-crédit à l’exportation de leur pays et de la Banque mondiale.
Le montage industriel et financier intègre ainsi de grands noms français (Total, Spie Batignolles, Eurocopter et la Société générale.) La Coface pourrait couvrir pour le compte de l’Etat les risques commerciaux et politiques liés à la participation des entreprises françaises au projet.
Les accords conclus avec les gouvernements hôtes assurent également la profitabilité du projet. Il leur est en effet interdit de prendre des mesures qui puissent lui nuire sauf à les dédommager. De plus, aucune mise en cause du consortium n’est possible en cas de dommage, même en cas de faute lourde de leur part.
Les entreprises vont donc bénéficier d’un oléoduc qui transportera l’équivalent de 21 millions de dollars de pétrole par jour pendant 40 ans sans pour autant prendre le moindre risque !
UN PROJET A RISQUES
Le projet est un des fleurons du gouvernement Bush en Asie centrale pour "sécuriser l’approvisionnement énergétique et pétrolier des Etats-Unis". Il est fortement critiqué car il contribuerait à militariser une zone qui subit déjà une forte tension (conflit sur la Haut Karabakh entre Azerbaïdjan et Arménie, conflit entre la Georgie et la Russie, Tchétchénie...)
D’autre part, les associations restent sceptiques en raison de la corruption qui règne sous la houlette de l’homme fort de Baku. Transparency international pointe l’Azerbaïdjan comme le septième pays le plus corrompu de la planète. Alors que la Banque mondiale, à travers la Société financière internationale (SFI), s’apprête sous la pression américaine à entrer dans le projet, les retombées positives pour le développement de ces pays sont pour le moins mises en doute.
**Le consortium BTC est composé de :Total (France), BP (RU), UNOCAL (US), Statoil (Norvège), Turkiye Petroleum (Turquie), ENI (Italie), Itochu Oil (Japon), Delta Hess (Etats Unis/Arabie Saoudite) et la compagnie Etatique d’Azerbaïdjan
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