Selon le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat (GIEC), les émissions de GES mondiales doivent impérativement diminuer de 25 à 40 % d’ici 2020 afin de limiter le réchauffement climatique en deçà de 2°C.
De plus, la loi énergétique de 2005 (dite loi POPE) engage la France à diminuer de 3% par an ses émissions de GES, soit 36% d’ici 2020. Or, le paquet énergie-climat propose un objectif de seulement 20 % de réduction des GES pour le territoire européen et, dans le cadre de la répartition de la charge entre pays, la France a fait pression pour obtenir un objectif de 14 % seulement.
Les Amis de la Terre déplorent ce manque d’ambition qui contredit la volonté affichée de la France d’être leader en matière de lutte contre les changements climatiques. La France possède d’importants gisements de réduction de ses émissions, notamment dans le secteur du logement pour lequel la consommation énergétique pourrait être divisée par 4 grâce aux technologies déjà existantes en termes d’isolation thermique.
Par ailleurs, le paquet énergie-climat fixe un objectif d’utilisation de 10% d’agrocarburant dans les carburants pour les transports d’ici 2020. Or, selon un rapport interne de la Commission européenne, cette politique s’avèrera très coûteuse, inefficace et aura des répercussions sociales et environnementales (1). Le rapport remet en question la capacité des agrocarburants à participer à la réduction des émissions européennes de gaz à effet de serre.
Pour Christian Berdot des Amis de la Terre, « les agrocarburants ont un bilan énergétique discutable, ne garantissent pas la sécurité des approvisionnements énergétiques et coûteront des sommes énormes aux contribuables européens. Cette directive a été dictée par les intérêts de quelques grands groupes industriels !(2) ».
Pour Sylvain Angerand, chargé de la protection des forêts des Amis de la Terre, « l’objectif de la Commission européenne implique des importations massives d’agrocarburants. C’est une menace pour la souveraineté alimentaire et l’équilibre écologique des pays du Sud. Chaque litre d’huile de palme ou de soja mis dans nos réservoirs pour remplacer le gazole, c’est un morceau de forêt tropicale qui disparaît à jamais ! ».
Les Amis de la Terre font campagne pour demander la suppression de cet objectif d’incorporation de 10% d’agrocarburants d’ici 2020. La priorité politique et économique doit être mise sur de grandes réformes structurelles de nos transports.
Contact presse : Caroline Prak, 06 86 41 53 43.
(1) http://www.amisdelaterre.org/Un-rapport-interne-de-la.html
(2) Critique du projet de Directive : « Agrocarburants : la Commission suit la feuille de route de l’industrie ! », http://www.amisdelaterre.org/Agrocarburants-La-Commission-suit,3652.html