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Pêche en Méditerranée française : le coût désastreux de l’attentisme

Face à l’effondrement des stocks débarqués en criées, les Amis de la Terre de l’Hérault s’inquiètent de la forte dégradation des pêches en Languedoc-Roussillon et plus généralement en Méditerranée occidentale.

Notre dossier sur la pêche pratiquée sur les côtes de la Méditerranée française permet de constater les fortes dérives d’une politique attentiste en matière de gestion des ressources halieutiques. Non seulement cette posture a un impact négatif sur les quantités raisonnablement disponibles, mais à terme elle menace la filière elle même qui se dégrade fortement du point de vue de l’emploi et des ressources alimentaires localement disponibles.

On voit bien le processus de dégradation qui est en marche lorsque l’on constate que la flotte de pêche comptait 134 chalutiers en 2005 et que cette flotte n’en compte plus aujourd’hui que 71. Les tonnages déclarés en criées ont aussi baissé de façon significative passant de 25 000 tonnes en 2002 à 5 000 tonnes à peine en 2011. C’est un véritable effondrement dont les causes sont encore mal connues, ou du moins, très mal explorées.

Nous souhaitons à cet égard interpeller les services de l’Etat, dont Ifremer, pour connaître les raisons véritables de cette chute des ressources halieutiques commercialisées à partir des criées méditerranéennes, notamment en ce qui à trait à la très forte baisse des stocks de sardines et d’anchois.

Par ailleurs, parmi les mesures susceptibles de rétablir l’équilibre des ressources halieutiques émerge celle qui consiste à soutenir les pêches artisanales "petits métiers" tout en poursuivant et en renforçant la réglementation pour une pêche écologiquement soutenable des chalutiers et des thoniers-senneurs en Méditerranée. Les arrêts temporaires de la pêche chalutière de durées variables et indemnisés par des fonds publics sont-ils une réponse durable au problème de l’épuisement des ressources halieutiques ?

La question reste posée car ces mesures contribuent notamment à alourdir la charge des Etats, à maintenir une flotte disproportionnée et à accentuer les prélèvements dès que la pêche reprend.

En Méditerranée française, les autorités ont cette année raccourci de 35 jours à 20 jours les arrêts qui concernent les chalutiers qui dépendent particulièrement du merlu et des petits pélagiques (sardines, anchois, chinchards). Ils devront être pris entre le 15 avril et le 12 juillet et peuvent être fractionnés en sous-périodes d’au moins 5 jours consécutifs, avec préavis officiel de 7 jours. Les criées souhaitent une organisation collective de ces arrêts pour ne pas subir, comme l’an dernier, des arrêts sporadiques qui déstabilisent le mareyage. ( Le Marin du 2 avril 2013)

Comme on le voit, ce souci permanent de préserver l’activité prédatrice par des mesures palliatives temporaires ne satisfait véritablement personne et maintient une menace perpétuelle sur les ressources, ce qui se traduit finalement par l’appauvrissement inévitable des filières elles-mêmes

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