Ressources et médias

Rester informé


Pétition : non au permis de recherche minière de Tennie en Sarthe et en Mayenne

Pétition lancée par le collectif ALDEAH et soutenue par Les Amis de la Terre.

Lettre adressée
Au président de la République
Au premier ministre
Au ministre du redressement productif
Au ministre de l’écologie et du développement durable

Pour signer la pétition, cliquez ici.

Monsieur le Président,
Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les élus locaux,

Veuillez accuser réception de notre sincère préoccupation au sujet de la récente attribution du PER de Tennie à la société Variscan Mines. Celle-ci est intervenue sans véritable consultation préalable, libre et informée de la population locale, comme cela devrait être le cas dans une démocratie. Pourtant, tout citoyen peut légitimement se poser la question : pour qui et pour quoi va-t-on relancer l’activité minière en Sarthe et en Mayenne et, plus généralement, en France ?

Nous ne croyons pas aux promesses d’emplois, car « l’industrie » minière est de plus en plus mécanisée. Pour ne citer qu’un exemple, entre 1990 et 2004, au Chili, l’impressionnante croissance des volumes des minerais extraits (+45% pour l’or, + 107% pour l’argent, + 240% pour le cuivre) s’est vue accompagner d’une chute de 30% du nombre d’emplois dans le secteur [1]. L’expérience montre que les emplois de la filière minière sont en très grande partie spécialisés et que les entreprises font appel à des équipes déjà formées et déjà constituées (souvent à l’étranger). En parallèle, l’activité minière détruit les emplois préexistants dans les secteurs qui se voient directement affectés par ses impacts environnementaux (tourisme, agriculture, etc.). En un mot, toutes les promesses de développement des territoires environnants ne sont que des mensonges. Un autre exemple, la mine de Bajo de la Alumbrera (Province Catamarca, Argentine), en activité depuis 10 ans, n’a pas apporté le plein emploi promis. Au contraire, depuis 2006 le chômage est monté jusqu’à 25 %, et la province de Catamarca est l’une des plus pauvres de l’Argentine [2].

Le cuivre enfoui dans le sous-sol du périmètre du PER de Tennie correspondrait, au bout de 10 années d’exploitation, à six mois seulement du cuivre consommé en France. En revanche, ces 10 années seront largement suffisants pour générer des pollutions durables. Pour s’en convaincre, il suffit de prendre acte des drainages miniers acides et de la présence des stériles chargés en métaux lourds sur le site de l’ancienne mine d’or de Rouez (concession de Chantepie, exploitée jusqu’en 1993 par Elf, puis par Total). Nous refusons que la France adhère à la logique des « zones de sacrifice » qui force les habitants des territoires riches en ressources naturelles à payer les frais – en supportant les pollutions et les impacts socio-économiques néfastes pour le tissu local – d’une croissance et d’un développement qui ne leur apporte aucun bénéfice réel.

Par conséquent, nous exigeons :

1. L’abrogation du PER de Tennie et la suspension de l’instruction en cours des autres permis de recherche minière.

2. Que toute décision d’attribution de permis de ce type soit approuvée par les habitants de la zone concernée, qui doivent avoir accès à l’information complète, transparente et objective sur ce sujet.

3. Que la décision relative à la relance de l’extractivisme en France revienne aux habitants du territoire français.

4. Que le code minier en cours de réforme établisse des garanties solides quant à la préservation de l’environnement et du tissu socio-économique local, objectifs qui doivent être considérés comme prioritaires par rapport aux profits escomptés par les entreprises.

5. Que les entreprises minières françaises et européennes responsables des désastres socio-environnementaux et de la violation des droits des populations locales dans d’autres régions du monde, puissent être condamnées pénalement en France et en Europe, ce pour quoi des cadres juridiques appropriés doivent être mis en place.

22 juillet 2013 – Journée internationale contre les projets miniers destructeurs

Pour signer la pétition, cliquez ici.

Sources :
[1] Colectivo Voces de Alerta, 15 mitos y realidades de la minería transnacional en la Argentina. Guía para desmontar el imaginario prominero, Colección : Cascotazos, 2011, p. 30.
[2] Svampa, M., Minería transnacional, narrativas del desarrollo y resistencias sociales, M.Svampa y M.Antonelli (comp.), Editorial Biblos, p. 167.

Crédit photo : collectif ALDEAH (aldeah.org)

Rédigé le