Un accord de circonstance unit de nombreux décideurs pour accompagner la candidature de Paris aux JO 2012. Les partenaires et supporteurs officiels se déclarent. Cette candidature n’a pas fait l’objet d’un débat et aujourd’hui, déjà, elle ne se discute plus, elle s’est imposée.
L’association les Amis de la Terre Paris prend acte de cette démarche.
Sans vergogne, ces jeux se déclarent écologiques. Il nous appartient d’être particulièrement vigilants pour que ces déclarations se traduisent dans les faits. Si ces jeux doivent se réaliser, les associations parisiennes, dans une démarche collective, se doivent d’orienter ce projet pour en minimiser l’impact écologique.
Le gigantisme et la démesure des jeux, qui grandit à chaque événement, nous éloigne d’une éthique écologique et pourtant ces jeux se fixent comme objectif le respect de l’environnement.Notre approche globale de l’écologie nous incite à préférer que la minicipalité priorise les investissements publics dans des projets de long terme d’amélioration de l’impact environnemental de l’agglomération.
Ces résolutions font l’objet d’une charte de l’environnement et du développement durable, partie intégrante du dossier de candidature remis au CIO.
D’une manière générale, cette charte mériterait d’être plus contraignante dans sa formulation et de constituer un engagement contractuel pour le COJO, les différents partenaires, les sponsors et les fournisseurs. De plus, la démarche environnementale des jeux se doit d’être appréciée globalement en prenant en compte tous les impacts induits par le projet : transports, alimentation, infrastructures, relations avec les entreprises partenaires, promotion de produits non durables, etc.
Ce document, loin de lever nos craintes soulève de nombreuses questions :
-Quels critères objectifs pour mesurer la performance environnementale ? Quels moyens pour la faire respecter ? Le référentiel légal des marchés publics et contrats intègre-t-il ces critères environnementaux ?
-Comment s’applique cette charte aux partenaires privés, partant du principe que le développement durable est une démarche globale qui ne doit pas se limiter à l’affichage ponctuel des jeux ?
-Le principe d’une organisation des sites en un village et deux noyaux ne contribue-t-il pas à une spécialisation urbaine ? Ces infrastructures construites spécifiquement pour les jeux contribueront à une spécialisation des quartiers et s’inscriront contre toute logique harmonieuse de mixité urbaine.
-Les déclarations ambitieuses sur les déchets nous interpellent. Si aucun déchet n’est directement mis en décharge, ni aucun déchet n’est apporté directement à l’incinération, que deviennent les 15% de déchets non recyclés ? Sont-ils des refus de tri qui iront à l’incinération ?
Comment de tels taux de recyclage peuvent-ils être atteints pour les jeux , sachant que la montée en charge de la collecte et du tri sur Paris n’ont pas atteint leur potentiel ?
Cette volonté affichée nous surprend, quand le projet de village olympique rend incertaine l’implantation du centre de Tri des déchets prévu sur ce lieu.
-Paris 2012 s’engage-t-il à réduire autant que possible les émissions de CO2 dans le cadre des jeux ou à atteindre un bilan neutre des gaz à effet de serre ?
Comment seront compensées les émissions dues aux nombreux transports aériens des spectateurs et équipes, celles produites par les travaux et installations, et les transports « faiblement polluants » ?
Verrons nous une diminution des émissions de la région, du pays ? Est-t-il prévu un programme de sobriété et d’efficacité énergétique sur les transports et l’habitat pour compenser les émissions induites par ces jeux ?
Enfin, au-delà de ces questions générales, plusieurs éléments du dossier sont d’ores et déjà critiquables :
-l’amputation du bois de Boulogne pour l’aménagement d’une salle couverte.
-l’agrandissement de l’institut national du sport qui amputerait le bois de Vincennes de 8000m2.
-l’implantation critique d’une grande salle de sport porte de la chapelle ( entre le périphérique et l’autoroute A1), du fait de la pollution atmosphérique du lieu et d’une accessibilité hypothétique pour les piétons, vélos et transports en commun.
Pour que ces jeux soient en cohérence avec les déclarations et engagements formulés, une vigilance et une mobilisation des associations écologistes et environnementales s’impose donc.