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Politiques nationales et actions associatives

Un grand emprunt très éloigné des enjeux climatiques et énergétiques de Copenhague

Par Coordination ATF

Loin des sirènes de Copenhague et des grands discours, les mauvais réflexes en matière de politique nationale sont toujours là. L’emprunt national et les 35 milliards d’euros mobilisés par l’Etat passent à côté d’une véritable prise en compte des enjeux climatiques et énergétiques d’aujourd’hui et de demain. Pire, ils privilégient les mauvaises pistes (nucléaire, aéronautique,...) au détriment des vraies solutions.



Faisant fi des demandes du Réseau Action Climat, du CLER, de Greenpeace, du WWF, du Réseau sortir du nucléaire et des Amis de la Terre,[1] Nicolas Sarkozy a suivi, dans ses grandes lignes, les priorités fixées par le rapport de la Commission Rocard et Juppé. Le Président de la République n’a donc pas souhaité rectifier le tir et rate ainsi une occasion assez rare d’engager des investissements considérables vers un avenir réellement plus écologique.

Tout d’abord, le compte n’est pas là avec à peine 15% d’investissements censés apporter un minimum de garanties environnementales, et qui ont été mobilisés sur l’objectif « développement durable ». Nous sommes donc très loin des promesses tenues, notamment celles du Grenelle de l’environnement et de la loi de programmation relative à sa mise en œuvre, qui dit dans son article 1 « Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social ».

Ensuite, l’éco-conditionnalité des fonds déployés est tout simplement absente. Par conséquent, des milliards d’euros « grenello-incompatibles » seront distribués en direction du secteur aéronautique, de l’automobile ou encore du nucléaire. Sur ce dernier point, l’aveu du Ministre d’Etat, Jean Louis Borloo, le 30 novembre dernier sur l’antenne de Canal + était pourtant clair « le nucléaire n’est pas une énergie écolo ». Cet argent serait en réalité bien plus efficace en équivalents CO2 évités et en emplois créés s’il était placé sur les vraies solutions connues de tous : la sobriété et l’efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables, la modernisation du réseau ferroviaire classique, un vaste programme de rénovation thermique des logements des plus modestes afin de lutter contre la précarité énergétique, un service public de conseil en énergie efficace, l’accélération du développement des transports urbains et des modes de déplacement sobres en énergie (vélo, marche), et plus globalement, une restructuration de l’activité économique.

N’oublions pas que le grand emprunt avait pour ambition « d’aider à l’indispensable transition vers un nouveau modèle de développement, plus durable »[2].

Au final, loin d’être exemplaire dans ses choix stratégiques en matière de Climat et énergie, la France envoie un très mauvais signal à Copenhague à désormais quelques jours de la fin des négociations.

[1] Voir la « Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy à propos de l’emprunt national, RAC-F, CLER, Greenpeace, Les Amis de la Terre, WWF », 04 décembre 2009. Site : http://www.rac-f.org/article.php3?id_article=1569

[2] Rapport de la Commission Juppé Rocard