Les Amis de la Terre, qui ont participé à l’élaboration du PPA en tant qu’association agrée de protection de l’environnement, déplorent l’absence quasi totale des élus (à quelques très rares exceptions près) sur ce dossier. 111 communes sont pourtant concernées, soit environ 750 000 personnes. Mais l’air qui intoxique les habitants de l’agglomération toulousaine ne semble pas les préoccuper le moins du monde !
Au vu des études scientifiques, personne ne peut plus nier l’impact dévastateur de la pollution de l’air sur la santé, tant les effets aigus en cas de pic de pollution que les effets à long terme du fait de la pollution de fond (asthme, allergies, maladies cardio-vasculaires et cancer du poumon entre autres). Il y a quelques jours encore, un rapport de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire Environnementale (AFSSE) confirmait l’hécatombe due notamment à l’exposition chronique aux particules fines (en 2002, de 3% à 5% des décès chez les plus de 30 ans seraient attribuables à cette pollution, soient 6 400 à 9 500 morts !).
Tel qu’il est actuellement en projet, ce PPA ébauche une série de mesures qui ne représentent selon nous qu’un premier pas. Nous déplorons en particulier que rien ne soit envisagé pour remédier en urgence aux 400 « points noirs » (zones de forte pollution) recensés sur l’agglomération. Rappelons que les axes de fort trafic automobile ainsi que l’hyper centre sont fortement pollués (bien plus que ce que révèle l’indice ATMO qui concerne toute l’agglomération). Nous regrettons aussi que trop peu de moyen soient prévus en matière d’information et de sensibilisation de la population, pourtant indispensable.
Au delà de remèdes techniques, l’amélioration de la qualité de l’air exige des changements profonds dans les comportements individuels et les choix en matière d’urbanisme et d’habitat, de transport et de consommation. Raison de plus pour exiger que les politiques assument leurs responsabilités ! On avait coutume de dire qu’en France, les morts sur la route étaient une fatalité. Il a suffit de faire preuve de volonté et d’exigence pour voir la courbe commencer à s’inverser. Nos élus, semblant retenir leur souffle, renvoient les morts par pollution à la même fatalité. A nous, citoyens, d’exiger le droit (reconnu par la Loi sur l’Air) à respirer un air sain. Ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui !
Laure Teulières et Rose Frayssinet, juin 2004