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Pollution de l’air : les Amis de la terre Paris interpellent le ministre de l’écologie

Face à un des plus longs et graves épisodes de pollution observés depuis plusieurs années, les pouvoirs publics ont ressorti les mesures homéopathiques habituelles, qui ont déjà fait preuve de leur totale inefficacité lors des épisodes de pollution antérieurs. Face à cette situation récurrente, Les Amis de la Terre Paris écrivent au ministre de l’écologie et demandent de mettre en oeuvre rapidement des mesures dont l’efficacité aura été évaluée.

Monsieur le Ministre,

- _ Les Amis de la Terre Paris sont membres d’AIRPARIF et particulièrement attentifs aux problèmes de pollution en Ile-de-France.

La préservation de la santé des Parisiens passe par une réduction de la pollution chronique pour une réelle amélioration de la qualité de l’air. La gestion des épisodes d’information et d’alerte sur les dépassements de seuils doivent rester l’exception.

Or, malgré la publication du deuxième plan de protection de l’atmosphère d’Ile de France, l’élaboration d’un plan d’urgence pour la qualité de l’air (PUQA !!) par le Ministère de l’écologie et le plan de lutte contre la pollution de l’air du Maire de Paris, la pollution de l’air à Paris crève le plafond..

Le « Plan d’urgence pour la qualité de l’air » annoncé par la ministre de l’écologie en février 2013 dont nous attendions la mise en place avec circonspection, annonçait des mesures de restriction de la circulation automobile en agglomération en substitution des « zones d’action prioritaire pour l’air » (ZAPA).

A ce jour, les mesures esquissées dans ce plan d’urgence n’ont été ni précisées ni définies. Depuis son approbation, ce plan d’urgence n’a semble-t-il pas été accompagné d’une volonté réelle de le mettre en œuvre, rien n’ayant été fait depuis pour le préparer.

Ainsi, face à un des plus longs et graves épisodes de pollution observés depuis plusieurs années, les pouvoirs publics ont mis en place les mesures homéopathiques habituelles, qui ont déjà fait preuve de leur totale inefficacité lors des épisodes de pollution antérieurs.

Qui peut croire qu’une simple injonction à réduire la vitesse de 20 km/h, que le renforcement des controles pollution des véhicules en circulation et quelques conseils d’éviter de prendre la route ou de traverser l’agglomération parisienne pour les camions peut avoir des résultats significatifs ? Les moyens pour les faire respecter ont-ils été mis en œuvre ?

Résultat : cinq jours de pollution intense les 9, 10, 11, 12 et 13 décembre dans l’agglomération parisienne, avec notamment un pic de l’indice à plus de 100 (le plafond est dépassé...) le jeudi 12 décembre.

Pourquoi, Monsieur le Ministre, autant de réticence et de frilosité, face à un problème qui concerne la santé de 10 millions de franciliens ?

Face à l’émoi suscité par cette pollution intense dans de nombreuses agglomérations françaises et notamment dans l’agglomération parisienne, il semble qu’un CIQA soit convoqué dans l’urgence.

Les mesures dévoilées qu’il devrait examiner portent sur l’identification des différentes motorisations, la circulation alternée en cas de pics de pollutions et l’abaissement de la vitesse sur le périphérique. Autant de mesures qui ont déjà été mises en œuvre et qui ne sont pas à la hauteur des enjeux de réduction de ces niveaux de pollution.

J’attire votre attention, Monsieur le Ministre, sur le fait qu’Airparif a déjà réalisé une étude d’impact du PPA d’Ile de France, publiée en novembre 2012. Cette évaluation souligne que 70% du réseau parisien dépassera les valeurs limites de dioxyde d’azote (NO2)à la fin de déploiement du plan en 2020 et 30% des axes parisiens dépassent les valeurs limites de particules fines PM10. Ceci avec des restrictions de circulation automobile trop limitées, mais qui n’ont même pas été mises en place.

Je vous demande, Monsieur le Ministre, de bien vouloir procéder à une enquête sur la gestion de l’épisode de pollution de ces derniers jours, afin d’identifier les mécanismes qui ont conduit à cette crise, et de prendre rapidement les décisions concrètes qui permettront dans un premier temps d’éviter une nouvelle crise et plus globalement de retrouver un air de qualité conforme aux exigences de santé publique.

Dans cette attente, je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération distinguée.

Claude Bascompte _ Président des Amis de la terre Paris

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