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Pollution de l’air : une difficile remise en cause de la politique de l’autruche

L’agglomération parisienne connait de nombreux épisodes de pollution de l’air depuis le début de l’année 2012. Face à ce risque récurrent, les pouvoirs publics minimisent le problème en désignant comme cause, la baisse des seuils d’alerte du dispositif d’information. Pour les Amis de la Terre Paris, la réponse à apporter à cette situation préoccupante ne doit pas se limiter à une explication technique, mais doit se traduire par la mise en œuvre de mesures volontaristes permettant de faire reculer la pollution chronique.

La France est sous la menace d’une infraction européenne sur la qualité de l’air et sa population ne constate pas d’amélioration, mais plutôt une aggravation de la situation. D’ores et déjà, depuis le début de l’année, l’agglomération parisienne a enregistré 85 % de dépassements de seuil journaliers fixés pour les particules fines (PM10).

Si les niveaux des seuils du dispositif d’information et d’alerte ont été abaissés, les valeurs limites et niveaux de qualités sont eux, inchangés. Ces dispositions doivent être mises à profit pour mobiliser les Franciliens et non pour nier l’évidence.

Les Amis de la Terre Paris qui ont engagé une action contentieuse sur l’inefficacité de l’exécution du Plan de protection de l’atmosphère (PPA), auprès du Tribunal administratif et du Conseil d’Etat [1], appellent les pouvoirs publics à prendre des mesures efficaces de lutte contre la pollution chronique de l’air.

Alors qu’AIRPARIF détecte et déclare des épisodes de pollution toujours plus fréquents, les pouvoirs publics font part de molles recommandations et d’une simple mesure de réduction de la vitesse de circulation. Face à cette situation récurrente, qu’il convient de juguler, doit-on implorer des conditions climatiques favorables à une dissipation du risque de pollution ou mettre en œuvre toutes les mesures d’urgence envisagées par l’arrêté ?

Mais la gestion des dispositions prévues en cas de pics de pollution ne peut constituer à elle seule une politique de qualité de l’air efficace si elle ne s’accompagne pas mesures volontaristes de lutte contre la pollution chronique garantissant la santé publique.

Pour Claude Bascompte, président des Amis de la Terre Paris : « Cet attentisme et ces atermoiements n’ont que trop duré, la réduction de la pollution chronique de l’air passe par des restrictions de circulation automobile dans la zone centre de l’agglomération parisienne , par des obligations de contournement de l’agglomération par les poids lourds en transit et par la suppression des avantages fiscaux accordés aux véhicules diesels au travers du prix des carburants et du bonus/malus. »

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