Les Amis de la Terre devraient être favorables à un Plan d’Exposition au Bruit, mais exposent ici pourquoi il sont opposés au plan présenté aujourd’hui.
A la lecture de la carte, les Amis de la Terre s’étonnent que les limites entre zones aient changées entre le PEB précédent et celui-ci. Les querelles d’experts auraient-elles pour but de « noyer le poisson » et d’éviter l’évaluation financière des dommages, la mesure des effets du bruit et de la pollution sur les populations ? Nous critiquons cette notion de « bruit global » qui ne rend pas compte de la gêne sonore subie dans chacune des zones - celle qui altère la santé, déprécie les biens immobilier - et les indicateurs où le volume sonore se substitue au nombre de mouvements.
L’association partage l’avis de l’ACNUSA qui préconise que le seuil de bruit tolérable pour la limite de la zone B par rapport à la zone C soit la protection maximale des riverains actuels ( Zone B limite extérieure à 62 Lden et zone C limite extérieure à 55 Lden). L’objectif devrait bien être la protection des riverains et non la possibilité, pour les élus, de continuer à implanter des activités .
Les Amis de la Terre dénoncent aussi fermement une consultation qui laisse de côté la question de l’extension constatée du trafic à Roissy alors que sa limitation devrait être envisagée. Le trafic augmente, orchestré par Air France sur la plateforme de Roissy. Mr. Le Ministre de Robien a déclaré ne pas être engagé par le seuil des 55 millions de passagers, pris par son prédécesseur. Il n’a pas décidé pour autant, comme à Orly, d’un nombre maximum de mouvements, ni fixé avec précision le volume sonore admissible ! Quant au bruit de nuit, il est estimé en augmentation, malgré l’annonce de sa baisse.
Les Amis de la Terre, opposés à la création d’un troisième aéroport dans le bassin parisien, ont déjà désapprouvé le projet de PEB, aux côtés des associations de riverains de l’aéroport de Roissy, lors de la Commission Consultative de l’Environnement (CCE) du 14 juin dernier.
La privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), après celle d’Air France, accentuera la prédominance de l’objectif commercial sur les exigences de protections environnementales. Les riverains n’acceptent pas d’être perçus comme atteints de pathologies psychiatriques lorsqu’ils dénoncent les nuisances qu’ils subissent. La dégradation de la situation est réelle aux alentours de Roissy car le trafic, notamment celui induit par la politique de hub d’Air France, concentre artificiellement presque toutes les liaisons intercontinentales sur cet aéroport. Est-il annoncé aux riverains que l’ambition d’Air France est que Roissy devienne « le plus grand aéroport d’Europe » ?
Les Amis de la Terre, aux côtés de France Nature Environnement et de la Fédération Nationale des Usagers des Transports sont opposés à la création d’un troisième aéroport en région parisienne qui ne règlera pas le problème de Roissy, puisqu’aucun arbitrage d’aménagement aéroportuaire n’est pris sans l’aval de la compagnie nationale, dont le principal objectif est de contrôler la concurrence sur cette plate-forme.
L’augmentation de la capacité de Roissy CDG se réalise sans concertation et dans le silence plus ou moins complice des élus locaux. Il n’y a eu aucune enquête publique pour la construction de l’aérogare destiné aux 5000 passagers supplémentaires de l’avion A380. Pas de consultation non plus pour l’aérogare régionale, que ADP construit, sur mesure pour Air France ! Il est choquant de laisser se construire une aérogare régionale alors que pour les grandes destinations françaises et européennes le TGV est une alternative respectueuse du climat - voir le communiqué sur cette question sur le site internet www.amisdelaterre.org, page climat- transport.
Dans un colloque récent concernant l’avenir des aéroports français, Mr le Député Gonnot, responsable de la commission parlementaire ad hoc a fait remarquer qu’aucune des mesures de protection qu’il avait préconisées en 2003 pour l’aéroport de Roissy, n’avait été mise en œuvre. Ce qui montre que les objectifs commerciaux de la compagnie « nationale » prennent le pas sur toute démarche allant dans le sens d’un aménagement aéroportuaire du territoire.
La politique irresponsable de croissance rampante de Roissy-CDG se poursuit. Les Amis de la Terre se demandent alors de quelle exposition au bruit il est question dans cette enquête ?
En conclusion, l’association « Les Amis de la Terre » donne un avis défavorable sur le projet de Plan d’Exposition au Bruit.
Anne Gellé, présidente « Les Amis de la Terre Val d’Oise »