En 2002 à Monterrey, la communauté internationale s’engageait à « trouver des moyens pragmatiques et novateurs pour accroître la participation effective des pays en développement et en transition aux dialogues et processus de prise de décisions internationaux » . Trois ans après ce sommet, tout reste à construire en matière de démocratie internationale. La nomination sans débat possible de Paul Wolfowitz à la tête de la Banque mondiale, tout comme celle de Pascal Lamy à celle de l’OMC, est un coup de massue porté à cette ambition.
Alors que l’institution gère près de 20 milliards de dollars de prêts et de dons chaque année pour lutter contre la pauvreté, les pays du Sud pourtant les premiers concernés par ces politiques n’ont toujours pas voix au chapitre. En cette année de célébration du "partenariat mondial pour le développement" (objectif du Millénaire N° 8), les pays riches doivent démontrer par des mesures concrètes leur volonté de rendre la Banque "mondiale". La crédibilité de cette institution auprès des populations des pays du Sud se fera à ce prix.
A cette fin :
une révision de la formule d’attribution des droits de vote est nécessaire. Ce système qui visait à refléter l’ordre international n’a guère évolué depuis sa conception en 1944 (17% des droits de vote pour les Etats-Unis, 32 % pour l’UE).
les pays membres de l’UE doivent renoncer à une partie de leurs droits de vote et à plusieurs de leurs sièges au Conseil d’administration (ils disposent de 7 à 9 sièges sur 24).
un processus ouvert, équitable et transparent de nomination des dirigeants de la Banque mondiale et du FMI doit remplacer l’accord tacite qui réserve ces postes, respectivement, à des citoyens américain et européen.