Logo des Amis de la Terre
Recommander cette page Imprimer cette page Agrandir cette page

"Pour une Europe sans OGM"

27 avril 2004,
Par Groupe local des Landes

Campagne européenne des Amis de la Terre

OGM

Bruxelles-Montreuil, 26 avril 2004 : Les Amis de la Terre, premier réseau écologiste en Europe, avec plus de 3 000 groupes locaux, lancent la campagne "Pour une Europe sans OGM" avec un site Internet recensant les progrès de cette campagne : www.gmofree-europe.org


Une vague de fond

Le nombre de collectivités locales européennes qui déclarent vouloir interdire les OGM augmente de semaine en semaine, mais la Commission ne prend aucune mesure pour accompagner cette exigence forte des citoyens européens. Le but de notre campagne est de centraliser les informations pour faire pression sur la Commission Européenne, en lui montrant l’ampleur du mouvement. Elle doit mettre enfin en place, un cadre légal protégeant les régions qui veulent interdire les plantes génétiquement modifiées.

Pour Christian Berdot des Amis de la Terre-France : " La Commission tergiverse, de peur de faire de la peine aux firmes de biotechnologies et à quelques lobbies agricoles. Les gouvernements nationaux flanchent, comme le gouvernement français. Mais de l’autre côté, les élus locaux entendent les exigences de leurs concitoyens. On assiste à une lame de fond qui part de ses racines et qui balaye l’Europe ! Les "élites" européennes ne pourront pas ne pas l’entendre, ni la stopper".

Situation actuelle

Cela a commencé en novembre 2003, lorsque 10 régions européennes dont l’Aquitaine - situées dans 7 pays : Allemagne, Autriche, Espagne, France, Grande-Bretagne, Grèce, Italie - constituèrent "le Réseau des régions sans OGM". Cette action a été coordonnée par les régions de Toscane et de Haute Autriche et, dans le cas de certaines régions autonomes, le ministre de l’agriculture régional lui-même a signé ce document qui affirmait le droit de chaque région d’interdire les OGM sur son territoire.

Depuis, des initiatives se multiplient dans au moins 22 pays européens, dans et hors de l’Union. Quelques exemples :

- En France, plus de 1 000 communes recensées (nombre très en deçà de la réalité : rien que pour les Landes et le Pays Basque, près d’une centaine de communes ne sont pas comptabilisées dans le décompte national !), de nombreux départements - Landes, Ariège, Gers, Gironde (?) -, des Régions - Aquitaine, Limousin, plus de nouvelles voir Poitou-Charentes - se positionnent contre les OGM.

- En Italie, 80 % du territoire s’est déclaré sans OGM avec des communes comme Rome, Milan, etc...

- En Grèce, sur 54 préfectures, 40 se sont déjà déclarées sans OGM et 9 s’apprêtent à suivre.

- En Autriche presque toutes les provinces autonomes se sont déclarées sans OGM.

- En Belgique 39 communautés de Flandre et 81 communautés wallonnes se sont déclarées sans OGM.

- La Slovénie, les provinces autrichiennes alpines et le Frioul-Venzia-Giula et la Vénétie se sont proclamés "Zone Alpes-Adriatique sans OGM".

- En Grande Bretagne, 22 autorités locales se sont déclarées sans OGM, dont la région des Highlands et le Pays de Galles.

- A Stuttgart, le dimanche 18 avril, plus de 10 000 personnes manifestaient contre les OGM !

En janvier, la Commission avait concédé que des zones sans OGM étaient possibles "si les agriculteurs décident, sur la base du volontariat, de produire sans OGM" mais reconnaissait qu’il serait "difficile de rejeter ces tentatives d’établir des zones sans OGM qui sont motivées par un mouvement citoyen fort et des considérations économiques évidentes (image de marque d’une agriculture de qualité)".

Assez de promesses

Les citoyens européens ont compris que les biotechnologies n’étaient pas maîtrisées et représentaient un risque pour l’environnement et la santé publique. De plus, les Européens refusent la main mise par quelques multinationales et quelques lobbies agricoles sur la chaîne alimentaire. Les citoyens ne veulent pas d’OGM dans leurs assiettes et le seul moyen d’empêcher toute contamination, c’est d’empêcher que des semences OGM ne soient plantées.

Les firmes de biotechnologies nous avaient promis :

- de meilleurs rendements. Les études de l’Institut Agronomique de Navarre, par exemple, montrent que les rendements des OGM dans le Nord de l’Espagne sont plus faibles que la moyenne. (Voir rapport sur le site des Amis de la Terre Espagne : www.tierra.org)
- moins de pesticides utilisés. Une étude états-unienne montre que s’il y a eu une baisse les trois premières années ; en 2002/2003 une moyenne de 29 % supplémentaire de pesticides a été appliquée sur le maïs OGM. (article du Guardian du 8 janvier 2004).

Une Europe des citoyens ou une Europe des lobbies industriels ?

Aujourd’hui, lorsque les lobbies agricoles sortent de leur tiroirs de belles études pour faire croire que la co-existence est possible, les citoyens européens ne les croient plus.

De plus, les citoyens européens refusent de payer toutes les mesures qu’il faudrait mettre en place pour essayer d’assurer une contamination minimale des agricultures conventionnelles et biologiques (Voir sur notre site l’étude danoise qui annonce un surcoût de 21% pour le biologique !), si tant est que ce fût possible techniquement et humainement !

Pour la Commission cependant, la co-existence s’applique à " des OGM qui ont été autorisés dans l’Union Européenne et sont donc considérés comme étant sans danger du point de vue de l’environnement et de la santé publique. Une interdiction globale de tous les OGM qui ne pourrait être justifiée en tant que mesure de protection de la santé humaine et de l’environnement ne serait pas en conformité avec les lois de l’Union Européenne".

On a vu dernièrement que les autorisations se font plus sur des bases politiques que scientifiques : il faut de nouveau autoriser des OGM pour calmer les Etats-Unis ! Qu’importe que les dossiers soient incomplets, lacunaires... La Commission et les lobbies s’enfoncent dans leur aveuglement.

Les Amis de la Terre vont, dans tous les pays européens où ils sont présents, amplifier leurs actions et informer de ce qui se fait chez les uns et chez les autres.

Les bonnes idées doivent être connues et reprises comme par exemple cette initiative du gouvernement slovène qui vient de passer une loi qui exclut de certaines aides les agriculteurs qui voudraient cultiver des OGM...

Pour les Amis de la Terre-France : Christian BERDOT landes@amisdelaterre.org



PS : il est souvent difficile de savoir tout ce qui se passe. Alors n’hésitez pas de nous signaler une délibération de commune, de département, de région, de parc régional, etc...

Merci.



Autres articles