Les défauts de la PAC :
1. L’accent sur la productivité et les exportations a engendré une mauvaise allocation des ressources, une dégradation de l’environnement, une crise qualitative de l’alimentation, une accélération du phénomène de déprise en milieu rural et porte préjudice aux pays du sud.
2. Les méthodes de production non durables (intensives) ont nuit aux renouvellement de la fertilité des sols, à la biodiversité (disparition d’espèces animales et végétales) ; ont accru les « kilomètres alimentaires » (augmentation des distances entre les champs et les assiettes) et accumulé les intrants chimiques dans l’eau et les sols.
3. Les grandes exploitations sont les grandes bénéficiaires de la PAC, tandis que les petites fermes restent défavorisées : 70 % des subventions de la PAC sont concentrées sur 20% des fermes de l’UE
La réforme de la politique agricole commune est une urgence. Elle doit être impulsée maintenant, à partir de trois notions clefs : Durabilité, qualité et développement local et bannir les concepts de productivité et promotion de l’exportation.
Les recommendations des Amis de la Terre pour une PAC durable et solidaire sont les suivantes :
1. l’éco et socio-conditionalité : des ’Normes Agricoles Minimales’ obligatoires pour tous les paiements PAC La grande majorité des fonds de la PAC continue à être dépensée sans considération pour les performances écologiques et sociales de l’agriculture. Aujourd’hui, les agriculteurs qui ne s’y conforment pas continuent à recevoir les subventions de la PAC. Ceci doit cesser. Le soutien PAC ne devrait être versé qu’aux agriculteurs ayant satisfait à des normes agricoles environnementales et sociales de base.
2. Encourager le développement local et non la globalisation ; soutenir la diversité locale de l’agriculture La PAC devrait retirer au commerce international la position privilégiée qu’elle lui a accordé. L’objectif de la nouvelle PAC ne doit plus être de subventionner la conquête de marchés mondiaux, mais de s’occuper en grande priorité du commerce local et régional, et de fournir le soutien infra structurel nécessaire à la transformation et au marketing locaux.
3. Davantage de fonds pour le Développement Rural (2ème pilier de PAC) Il faut appuyer les dimensions sociales et environnementales en favorisant « le deuxième pilier de la PAC ». Dans ce cadre, les aides allouées au Développement Rural devrait être augmentées. La « modulation » - c’est à dire la réduction des fonds du premier pilier (soutien à la production) pour les transférer vers le deuxième pilier (Développement Rural qui n’en reçoit actuellement que 10%) devrait ainsi être accélérée.
4. Des pratiques commerciales équitables Les subventions pour l’exportation devraient être progressivement éliminées, ainsi que le dumping des produits agricoles sur les marches mondiaux. L’UE doit cesser de demander une ouverture des marchés des pays en développement qui ébranle leur sécurité alimentaire. Les Amis de la Terre soutiennent le principe de la Souveraineté Alimentaire des Peuples dans la politique agricole : les accords commerciaux internationaux ne peuvent pas passer outre ces préoccupations nationales
5. Limiter les pouvoirs des multinationales agricoles et alimentaires Les industries agrochimiques et agroalimentaires favorisent la domination d’un petit nombre de détaillants, de distributeurs et de transformateurs, capables d’imposer leurs propres normes en matière d’alimentation. L’UE doit développer des politiques pour responsabiliser les multinationales et empêcher la domination des marchés agricoles et alimentaires en limitant les parts de marché à travers des règles de concurrence plus strictes.
6. Une adhésion juste pour les nouveaux Etats-membres (les pays d’Europe Centrale et d’Europe de l’Est) de l’UE Le processus d’adhésion devrait se baser sur des principes d’égalité et de partenariat. Les nouveaux Etats-membres, ne sont pas que des débouchés pour l’exportation.
7. Impôt « vert » garantissant le principe du pollueur-payeur Une réforme de l’impôt devrait introduire des impôts sur le transport et les consommations de substances chimiques afin d’appliquer le principe du pollueur-payeur.
Position des Amis de la Terre sur la Politique Agricole Commune




