Les multinationales doivent rendre des comptes !
Pour une convention internationale
Une des principales demandes des Amis de la Terre à Johannesburg est une convention internationale pour obliger les multinationales à être responsables de leurs actes.
Dans la déclaration de Rio, les seules mentions concernant les multinationales les décrivaient comme des « partenaires » dans la mise en œuvre du développement durable. Depuis Rio, s’est développée la prise de conscience de l’impact du commerce international sur le développement. L’échec des négociations de l’OMC de Seattle (auquel les Amis de la Terre ont largement contribué) a considérablement renforcé le mouvement de citoyens pour une meilleure régulation mondiale et la société civile est nettement plus consciente de l’importance des institutions financières ou commerciales et du rôle des multinationales.
Les multinationales portent en effet une lourde responsabilité dans les inégalités mondiales entre le Nord et le Sud. Elles contribuent à 50 % des émissions industrielles de gaz à effet de serre, à la vente de 90 % des pesticides, à la commercialisation de 80 % des cultures d’exportation.
Comme le démontre les Amis de la Terre à travers leurs campagnes, des groupes comme Bolloré ou Rougier exploitent illégalement les forêts tropicales Camerounaises, Total continue de financer la junte birmane bien que cette dictature pratique le travail forcé, Fiat est aussi impliqué dans l’industrie nucléaire, et a vendu illégalement des armes à l’Iraq (dont des mines antipersonnel), Procter & Gamble (producteur de la majorité des lessives) vend des chips contenant des OGM illégaux… Leur surpuissance n’est plus à démontrer : Exxon, le premier producteur mondial d’hydrocarbures a une chiffre d’affaires de 116 milliards de dollar alors que le PIB du Nigeria est de 99 milliards et celui du Gabon de 7 milliards. Comment ces Etats pourraient-ils se faire respecter par les sociétés qui y investissent ?
Malgré tout cela, les multinationales ont été associées par l’ONU comme des partenaires de bonne volonté…
Elles se sont engagées dans des accords volontaires avec les gouvernements et les organisations internationales pour le développement durable, mais ces démarches volontaires se sont révélées très insuffisantes. A Jo’burg les multinationales risquent encore d’avoir la vedette par une forte représentation et par la présentation d’actions concrètes avec des Etats. La France mettra sans doute en avant les majors de ses secteurs de pointe : eau et énergie (Vivendi et EDF par exemple).
Plusieurs raisons portent à vouloir une conventions sur la responsabilité des entreprises
Les entreprises doivent être responsables vis-à-vis des consommateurs, des salariés, des communautés et non seulement devant les actionnaires.
Cette convention n’est pas une convention de plus mais une manière de rendre effectives les autres. Malheureusement, elle ne sera sans doute pas adoptée à Jo’burg, mais l’idée doit avancer afin qu’elle voit le jour rapidement.
Laura Morosini, juriste aux Amis de la Terre France
Liens vers d’autres sites ou sources d’information :
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