18 octobre 2010,
Par Sylvain Angerand
Contribution des Amis de la Terre à la mission sur la lutte contre la déforestation du député Jacques Le Guen
Les Amis de la Terre France ont contribué activement à la mission sur la protection des forêts tropicales, la sauvegarde de la biodiversité et la lutte contre la déforestation confiée au député Jacques Le Guen par le Président de la République.
Télécharger notre rapport complet :

- Pour une stratégie ambitieuse permettant de stopper la déforestation.
Résumé de nos principales demandes :
Mettre en place, au niveau européen, des indicateurs permettant de calculer la consommation de ressources naturelles ayant un impact direct ou indirect sur les forêts et les terres dans les pays du Sud (bois tropicaux, papier, huile de palme ou de soja, viande, minerai…)
Utiliser ces indicateurs pour créer et évaluer des politiques visant à réduire la consommation de ressources naturelles ayant un impact direct ou indirect sur les forêts. Il s’agit d’un des axes identifié par la Commission Européenne dans sa stratégie pour 2020. Comme l’Union Européenne et la France l’ont fait pour les émissions de gaz à effet de serre, il reste désormais à fixer des objectifs et des moyens pour planifier une réduction, plus générale, de la consommation de
ressources naturelles.
Mettre en cohérence les politiques européennes pour ne pas encourager indirectement la déforestation. Les politiques de développement des énergies renouvelables de l’Union Européenne, et de la France, doivent être révisées pour ne pas encourager la conversion des forêts et des terres des pays du Sud en culture
d’agrocarburant. De même, il n’est pas possible de négocier un accord de libre échange avec l’Amérique Latine qui entrainerait une augmentation des importations de viande bovine et donc, par ricochet, une hausse de la déforestation.
Relocaliser l’économie forestière et agricole pour rompre la dépendance aux importations et privilégier des filières de commercialisation, plus équitables, avec les pays du Sud. Il peut s’agir, par exemple, de faciliter l’accès aux produits en bois issus de forêts communautaires aux marchés publics.
Adopter un cadre juridique contraignant permettant de lutter contre les importations de bois illégal et, en parallèle, soutenir des accords de partenariats ambitieux avec les pays producteurs.
Réorienter l’Aide Publique au Développement (APD) vers la foresterie
communautaire et la lutte contre la corruption plutôt que vers le soutien à l’exploitation industrielle des forêts qui a montré ses limites écologiques et sociales.
Défendre dans les forums internationaux, notamment dans le cadre des négociations sur le Climat, les droits des Peuples Autochtones et, plus généralement, l’importance d’une gestion des forêts par les populations locales.
S’opposer à l’intégration du mécanisme REDD aux marchés du carbone et créer un fonds international de lutte contre la déforestation. Ce fonds serait sous la cotutelle de la Convention Climat et de la Convention sur la Diversité Biologique (pour
éviter d’orienter exclusivement les politiques forestières vers le stockage du carbone). Comme pour l’Aide Publique au Développement, ce fonds doit être orienté vers les communautés forestières et la lutte contre la corruption. Il est important de cibler, en priorité mais pas exclusivement, les financements vers la protection des forêts primaires.