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Pourquoi 5 minutes de répit pour la planète ?

15 janvier 2007,
Par Coordination ATF

Foire Aux Questions

Le changement climatique et, de manière plus générale, l’environnement dégradé par nos modes de production et de consommation rentrent maintenant parmi les préoccupations principales. "5 minutes de répit pour la planète", est un moyen simple de rendre visible la mobilisation collective des citoyens face à l’urgence de la situation.


Une baisse brutale de la consommation ne va-t-elle pas provoquer une surtension dans les centrales électriques ?

Une telle mobilisation va certainement faire baisser sensiblement le taux de consommation d’électricité à l’échelle française. Et lorsqu’il y a une baisse de la demande, cela peut créer une surtension dans les centrales électriques dont la production est adaptée aux prévisions de consommation. Mais nous avons prévenu le réseau de transport d’électricité de France (RTE) de façon à ce qu’ils prennent leurs dispositions. Par ailleurs, nous incitons tous ceux qui vont participer à cette action à ne pas rallumer toutes les lumières et les appareils en veille dès 20h.

Pourquoi le 1er février ?

Cette date a été choisie car le lendemain, 2 février 2006, sera rendue publique, à Paris, la première partie du 4ème rapport du GIEC, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies. Le GIEC constitue aujourd’hui l’organe scientifique international de référence sur le changement climatique. Cette première partie concerne les aspects scientifiques du réchauffement climatique. Les deuxième et troisième parties concerneront respectivement les impacts du changement climatique et les solutions à mettre en œuvre. La synthèse du rapport sera rendue à l’automne prochain à Valence. Nous profitons donc de cet événement à Paris pour braquer les projecteurs sur la situation actuelle du climat mondial et rappeler qu’il existe de multiples solutions à mettre en œuvre, tant par les décideurs que par les citoyens. POur plus d’information : notre article sur le GIEC et le site Internet du GIEC

D’autre part, les 2 et 3 février prochains aura lieu, à l’initiative de J. Chirac, une conférence internationale sur l’environnement. Ce colloque aura notamment pour tâche de réfléchir à la création de l’Organisation des Nations Unies pour l’Environnement. Alors que de nombreuses personnalités seront présentes pour l’événement, c’est le moment de créer un vaste mouvement citoyen en France autour de la question du réchauffement climatique.

Comment va-t-on pouvoir mesurer l’impact de la mobilisation ?

Les Amis de la Terre sont en négociation avec RTE (Réseau de Transport d’Electricité) pour mesurer en direct l’impact sur la courbe de charge de la consommation du pays. Il est donc probable que nous retransmettions sur notre site Internet la baisse de consommation du 1er février. Vous pouvez d’ores et déjà consulter la courbe de consommation en temps réel sur leur site Internet, mais cette courbe ne fait état de la consommation que tous les quarts d’heure, ce qui ne sera peut-être pas assez précis pour visualiser la baisse de consommation le jour J.

D’autre part, nous pouvons déjà constater l’ampleur qu’a pris le mouvement au regard du grand nombre de sites Internet ayant relayé l’information, du nombre d’associations qui soutiennent l’action, et du nombre d’initiatives locales qui ont lieu en rapport avec les 5 minutes de répit pour la planète.

Pour plus de détails, vous pouvez consulter la liste des associations qui soutiennent cette action ici et notre article sur les initiatives particulières liées à l’action.

Est-ce qu’éteindre sa lumière pendant 5 minutes va économiser de l’énergie ?

Le but de cette action n’est pas de faire économiser de l’énergie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, les actions doivent être durables, quotidiennes, et concerner tous les postes de consommation d’énergie (voiture, chauffage, ...). Cinq minutes de répit pour la planète est avant tout une action symbolique et un moyen de générer des questionnements sur le réchauffement climatique. En étant un mouvement citoyen, cette action permet à tous de s’impliquer (en éteignant ses lumières et en diffusant l’information) ; elle montrera que les citoyens français se sentent concernés par cette question.

Une action sur la lumière est ce qu’il y a de plus visible, mais bien sûr, ce n’est pas ce qui consomme le plus. Les activités les plus consommatrices en France sont les transports (31%) et le chauffage et l’eau chaude des bâtiments (33%). Mais appeler les automobilistes à s’arrêter pendant 5 minutes aurait pu être très dangereux, et appeler à une coupure du chauffage n’aurait pas été très spectaculaire (mais pas dangereux...).

Puisque l’électricité en France est produite principalement à partir de centrales nucléaires, quel est le rapport entre l’extinction des lumières et le changement climatique ?

Il est important, tout d’abord, de préciser qu’au moment des heures de pointe (comme c’est le cas entre 19h55 et 20h), les centrales nucléaires ne peuvent assurer l’ensemble de la production énergétique française. Elles sont donc relayées par des centrales thermiques alimentées par du gaz ou du charbon, donc polluantes.

Mais de manière plus générale, cette action a pour but d’amener des réflexions sur les économies d’énergie. En effet, nous savons aujourd’hui ce qu’il est possible de faire pour arriver, au minimum, à une stabilisation de l’évolution climatique, que ce soit au niveau des citoyens, des entreprises ou des politiques publiques.

Vous pouvez consulter notre fiche Les gestes quotidiens

D’autre part, au delà de la question du réchauffement climatique, il est également nécessaire de rappeler que la production énergétique nucléaire n’est pas la solution. Il s’agit aujourd’hui de la plus importante source en France, or elle présente de très nombreux problèmes : déchets radioactifs stockés et non recyclables, dangerosité des centrales de productions (dont témoignent des incidents réguliers en France).

Que représente la consommation électrique des ménages en France ?

Le Gestionnaire du Réseau de Transport d’Electricité de France (RTE) a publié son bilan de la consommation électrique française en 2006 (pour plus de détails, cliquer ici). Pour la première fois depuis 9 ans, la consommation électrique globale a baissé de 1% par rapport à 2005. Cependant, cela ne doit cacher le fait que la consommation électrique des ménages a, quand à elle, augmenté de 2%. Cette augmentation est principalement dû au nombre de plus en plus grand d’appareils électriques utilisés dans les foyers.

Quelques liens pour en savoir plus :
L’Alliance pour la Planète www.lalliance.fr
Réseau Action Climat France www.rac-f.org
- J’adapte mes gestes au quotidien
- Agir pour l’Environnement vous informe sur les pics de consommation électrique et leurs impacts. Ici.
- Le Réseau Sortir du nucléaire écrit au GIEC pour dénoncer la politique nucléaire de la France. Ici.
- Le scénario NégaWatt. Ici.