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Présentation de la campagne de réforme des institutions financières

10 avril 2007,

Depuis 1996, les Amis de la Terre exercent une vigilance particulière sur les activités des institutions financières. La campagne s’effectue à la fois au niveau institutionnel et en suivant certains projets jugés problématiques.

Les cibles sont d’une part les institutions multilatérales dont la Banque mondiale, la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et le Fonds monétaire international (FMI), et d’autre part la COFACE, la compagnie française d’assurance du commerce extérieur qui gère pour le compte de l’Etat la garantie des grands contrats d’exportation civils et militaires.

Ces institutions financières sont d’importants investisseurs dans les pays du Sud à travers de grands projets d’infrastructures, d’énergie, de transport qui ont un impact énorme sur les populations et l’environnement. Les Amis de la Terre estiment qu’il est possible de concilier le commerce extérieur avec le développement durable, sous certaines conditions :

  •  Transparence : une information complète sur les projets déjà financés ou en cours d’instruction doit être accessible au citoyen
  •  Réponse réelle aux besoins locaux : les projets doivent être précédés d’études d’impact sur l’environnement avec enquête publique (consultation des populations), étudiant des alternatives et privilégiant les besoins fondamentaux (alimentation, eau potable, santé, éducation) et la préservation des ressources naturelles (économies d’énergie et énergies renouvelables plutôt qu’énergies fossiles ou nucléaire)
  •  Respect des conventions internationales sur les droits humains, l’environnement, le travail, que la France a ratifiées et s’est donc engagée à appliquer
  •  Droit de recours des populations affectées par les projets
  •  Rupture avec le consensus néo-libéral de Washington, en affirmant que la justice sociale et la préservation de l’environnement priment sur la maximisation des profits économiques.

    Notre travail est toujours mené en partenariat avec la société civile des pays du Sud et d’Europe de l’Est, dont les populations sont les premières affectées par les projets, et avec la société civile française et internationale par souci de complémentarité et d’efficacité (solidarité internationale, droits humains, situation des travailleurs, etc).

    Les Amis de la Terre exercent une vigilance particulière sur les projets soutenus par le gouvernement français et soulignent par ces exemples les réformes nécessaires : oléoduc au Tchad et au Cameroun, centrales nucléaires K2R4 en Ukraine, barrage de Yusufeli en Turquie, soutien au réseau international des Amis de la Terre pour des projets impliquant la COFACE (projet de barrage sur la Narmada en Inde, barrage Nam Theun au Laos, etc).

    En tant que mouvement de citoyens, les Amis de la Terre se mobilisent en informant d’autres citoyens et en interpellant les décideurs économiques et politiques pour leur proposer des alternatives.