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Pressions sur le Nigeria pour imposer l’arrêt du torchage du gaz aux compagnies pétrolières

14 janvier 2009,

Tandis que l’Europe fait face à une pénurie de gaz, les Amis de la Terre International mettent le gouvernement nigérian sous pression pour que les compagnies pétrolières mettent fin au torchage du gaz.


Suite à la fixation du 31 décembre 2008 comme échéance pour stopper la pratique catastrophique du torchage du gaz au Nigeria, les Amis de la Terre International ont lancé le 12 janvier une campagne internationale de pétition directement adressée au Président du Nigeria, et lui demandant de faire le nécessaire pour empêcher les compagnies pétrolières de continuer le torchage du gaz.

Le gaz est souvent trouvé mélangé avec du pétrole brut, et doit en être séparé. La solution la moins coûteuse pour cela est également la plus catastrophique sur le plan environnemental : brûler le gaz. La pratique coûte environ 2,5 milliards de dollars par an au Nigeria, alors qu’il est estimé que plus de 66 % de la population du pays vit sous la ligne de pauvreté.

Selon Nnimmo Bassey, membre du Conseil d’administration des Amis de la Terre International et directeur des Amis de la Terre Nigeria, « la majorité des compagnies pétrolières torchent du gaz dans la région pétrolifère du delta du Niger, bien qu’un juge nigérian a déclaré la pratique illégale. Ils ont brûlé du gaz pendant des décennies, alors qu’ils auraient pu en faire profiter les populations locales. Le gouvernement doit maintenant s’assurer que les compagnies pétrolières mettent fin à cette pratique destructrice ».

Le Nigeria est un des pays qui pratique le plus le torchage du gaz à échelle mondiale. Les torchères de gaz du pays émettent autant de gaz à effet de serre que 18 millions de voitures, et relâchent des substances toxiques dans des zones densément peuplées, causant des nuisances autant pour l’environnement que les habitants du delta du Niger. Le torchage peut conduire à des leucémies, de l’asthme et des morts prématurées. Il cause des pluies acides, qui acidifient les lacs et les cours et détruisent l’environnement.

Le gouvernement fédéral du Nigeria a récemment promis de faire arrêter les torchères dans le pays, en fixant le 31 décembre comme date butoir. Pour la première fois, il a également envisagé des punitions en cas d’enfreinte.

La première tentative pour forcer les compagnies pétrolières qui opèrent dans le delta du Niger pour arrêter le torchage date de 1969, lorsque l’administration du Général Yakubu Gowon leur a ordonné de mettre en place des équipements permettant de valoriser les gaz associés dans un délai de 5 années.

Pour Paul de Clerck, chargé de campagne pour le responsabilité des entreprises aux Amis de la Terre International, « la pression mise sur le gouvernement nigérian pour mettre fin au torchage du gaz une bonne fois pour toutes est en train de monter. Le gouvernement doit faire respecter sa date butoir, et s’assurer que le torchage prend fin. Les populations locales ont suffisamment attendu. Toutes les compagnies pétrolières, dont Total, doivent simplement se mettre en conformité avec la loi du Nigeria ».

La compagnie anglo-néerlandaise Shell se situe au premier rang pour le torchage du gaz au Nigeria. Mais le géant français Total se situe également parmi les plus gros contributeurs depuis plusieurs décennies de présence dans le pays, qui figure parmi au 3ème rang mondial pour ses pays de production. Le groupe se contente pourtant jusqu’ici de communiquer sur un engagement à réduire ses volumes de torchage de 50 % à l’horizon 2012, très insuffisant au regard des conséquences sanitaires, environnementales et socio-économiques de cette pratique illégale, et alors que ses moyens financiers lui permettraient largement de se mettre en conformité avec la loi nigériane.

Pour signer la pétition en ligne : http://www.foei.org/en/get-involved/take-action/stop-flaring

Pour télécharger les documents de la campagne des Amis de la Terre France « Total aggrave son cas » : http://www.amisdelaterre.org/Les-Amis-de-la-Terre-lancent-la.html




Ce projet est financé par l’Union européenne. Le contenu de ces pages internet relève de la seule responsabilité des Amis de la Terre France et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant l’opinion de l’Union européenne.