Le secteur du bâtiment est unanimement considéré comme le plus gros gisement potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre en France. Il est responsable de 20 % des émissions françaises en 2006, soit une hausse de 14 % par rapport à 1990. A la préoccupation environnementale s’ajoute aujourd’hui une considération sociale avec l’augmentation récente et inéluctable des prix de l’énergie et la réduction du pouvoir d’achat. Ainsi, plus de 300 000 foyers n’ont plus les moyens de se chauffer en France.
Dans ce contexte, l’annonce de la création d’un prêt à taux zéro écologique pour favoriser la réalisation de travaux améliorant les performances énergétiques des logements représente un pas dans la bonne direction. Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre, commente : « C’est une bonne nouvelle. Ce dispositif se situe dans la lignée de l’évolution observée ces dernières années dans le secteur, avec la généralisation des prêts « verts » dans toutes les banques et la création du livret de développement durable. Il vient ainsi élargir et compléter ces mesures incitatives ».
Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, précise : « Le plafond de 30 000 euros permettra de réaliser des travaux conséquents, qui seront favorisés par la formule du « bouquet » obligeant à réaliser différents types de travaux complémentaires. De même, la durée de cette mesure est limitée aux cinq prochaines années, ce qui encouragera plus sûrement les particuliers à y avoir recours. Nous regrettons cependant que cette mesure ne soit pas cumulable avec le crédit d’impôt accordé par l’Etat aux équipements économes en énergie ».
Mais comme pour le crédit d’impôt, les normes auxquelles devront répondre les travaux du « bouquet » pour bénéficier du prêt à taux zéro restent à définir et doivent encore être fixées par décret. Cyrielle den Hartigh, chargée de campagne climat aux Amis de la Terre conclut : « Ces normes devront être suffisamment hautes pour atteindre l’objectif du facteur 4 dans le secteur du bâtiment (1). Les travaux entrepris et financés par les fonds publics doivent viser les meilleures performances. Nous serons donc attentifs à la sortie du décret d’application de ce prêt à taux zéro. De même, il faut rester vigilant et mettre en œuvre les moyens nécessaires pour assurer la formation des artisans qui réaliseront ces travaux ».
La France suit ainsi l’exemple allemand où 650 000 logements ont été rénovés pour augmenter leur performance énergétique ou construits selon des normes énergétiques exigeantes entre 2005 et 2007. Ces réalisations ont ainsi réduit de 2 millions de tonnes de CO2 par an les émissions allemandes, et de 500 millions d’euros la facture du chauffage des ménages concernés, tout en créant des milliers d’emplois.
(1) L’objectif de division par 4 des émissions françaises de GES est inscrit dans la loi de Programme d’Orientation de la Politique Energétique du 13 juillet 2005 (loi POPE).
Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43




