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Projet Kashagan : mission d’ONG au Kazakhstan

4 septembre 2007,
Par Yann Louvel

Des représentants de plusieurs ONG européennes, dont les Amis de la Terre France et Europe, Campagna per la Riforma de la Banca Mondiale et CEE Bankwatch, se rendront au Kazakhstan du 4 au 13 septembre afin de suivre sur place le développement du méga-projet pétrolier Kashagan.


Situé en bordure de la mer Caspienne, à l’extrême ouest du Kazakhstan, le gisement de Kashagan est considéré comme l’une des plus grosses découvertes pétrolières de ces dernières décennies. Les enjeux économiques sont faramineux, aussi bien pour les autorités kazakhes que pour les grandes puissances occidentales, ou les compagnies impliquées dans le projet (dont Exxon, Shell, Total et ENI, également opérateur du projet). La nature très particulière du pétrole et de la géographie du gisement offshore (faible profondeur, climat très froid durant l’hiver) présente toutefois des risques très importants pour l’écosystème très fragile de la Mer Caspienne.

Présentes sur place du 4 au 13 septembre, les ONG mettront à profit leur mission pour évaluer les impacts environnementaux et sociaux avérés et potentiels du projet, dont le démarrage n’est pourtant prévu qu’en 2010. Des contacts seront également établis avec la société civile locale et avec les compagnies pétrolières présentes sur place, actuellement accusées par les autorités kazakhes de violer la législation environnementale en vigueur.

Toutefois Gwenael Wasse, chargé de la campagne Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre, est dubitatif : « Malgré nos demandes répétées de rendez-vous, ENI, opérateur du projet, refuse pour l’instant de nous recevoir cette semaine à Atyrau, se contentant d’affirmer que les accusations des autorités kazakhes sont infondées. Notre visite constitue pourtant une occasion pour eux de le prouver ; cette attitude n’est pas positive pour l’image du consortium ! ».

Alors que l’Union européenne vient de déclarer publiquement son soutien aux compagnies pétrolières, et que Romano Prodi doit se rendre au Kazakhstan début octobre, Gwenael Wasse ajoute : « Il ne s’agit pas de prendre partie pour l’un ou l’autre des protagonistes de ce projet très politique, mais de constater de visu la réalité des faits. Si nous estimons que des fautes sont avérées, nous le ferons savoir ».