
En France, le secteur du bâtiment (logements, bureaux, commerces, équipements) représente 22% des émissions de gaz à effet de serre, chauffage urbain et production d’électricité compris. 45% de l’énergie finale et 2 tonnes de CO2 par habitant et par an y sont consommés. [1]
Dans le même temps, la difficulté à se chauffer s’accroît. De nombreux propriétaires et locataires modestes subissent de plein fouet la hausse des prix de l’énergie. [2] Plus de 2 millions de ménages ont souffert du froid dans leur logement pendant plus de 24 heures l’hiver dernier, parce qu’ils ne pouvaient payer leur facture, et 300 000 familles sollicitent chaque année une aide sociale pour cette raison. [3] Cette précarité énergique menace un nombre croissant de familles.
Malgré un discours rassurant sur les enjeux énergétiques, le gouvernement laisse la situation empirer. Le report sine die de la transcription de la directive 2002/91/CE, relative à la performance énergétique des bâtiments, démontre sa totale inertie.
« Face à l’urgence sociale et écologique, des mesurettes ne suffiront pas. Il faut une politique ambitieuse de rénovation thermique de 400 000 logements par an. Pour les bâtiments anciens, seul un diagnostic est prévu lors des ventes et mises en location. Cela ne suffira pas pour faire évoluer significativement l’état de nos logements. Les travaux en cours sont bien loin de ces enjeux et figent la situation pour des années », explique Charlotte Berthou, chargée de campagne énergie habitat aux Amis de la Terre France.
Le gouvernement et les collectivités doivent proposer des solutions pour le financement, la formation des métiers du bâtiment et la réglementtation des travaux. Pour cela, les Amis de la Terre lancent la campagne « Foyers mal chauffés et climat déréglé » soutenue par des associations de tous horizons. [4]
Contact Presse : Charlotte Berthou et Anne Bringault, Les Amis de la Terre, 01 48 51 18 91/18 92
[1] Rappelons qu’un Français émet en moyenne 8 tonnes de CO² par an tandis qu’un Indien émet moins d’une tonne.
[2] En 2005, le prix du fuel a augmenté de 22% et celui du gaz de 11% (INSEE).
[3] Source:ANAH et le Manifeste Précarité Energétique
[4] Fondation Abbé Pierre, Réseau Action Climat France, Réseau Sortir du Nucléaire, Action Consommation, l’Association Nationale de la Copropriété et des Copropriétaires, l’Union Nationale des Associations Familiales, Comité de Liaison des Energies Renouvelables, Association de collectivités locales pour les Réseaux de chaleur et la valorisation des déchets (Amorce)