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Réduire la pression, une injonction sans détour

S’il est certain que les ressources épuisables vont décroître, des solutions techniques que l’on nous propose pour épargner les générations futures existent mais avec un potentiel limité.

Les mines épuisées ne se reconstituent pas. Les prix des matières premières, comme le cuivre, commencent à flamber. Les progrès techniques n’empêcheront pas d’atteindre le point au-delà duquel il faudra plus d’énergie pour aller chercher le pétrole que celui-ci n’en fournira. Trente ans après son fameux « Halte à la croissance » (bibliographie p.16), le rapport 2003 du Club de Rome confirme cette analyse. Les ressources épuisables déclinent ou déclineront. Le débat ne porte donc plus que sur le rythme et les échéances.

Le rapport du millénaire sur les écosystèmes (Nations Unies, 2005) estime que, dans le monde, 60 % de ces derniers sont dégradés ou utilisés de manière non viable. La FAO affirme qu’au rythme de pêche actuel les océans seront vidés de leur poisson avant 2050. La désertification touche un tiers des terres émergées. La biodiversité disparaît mille fois plus vite que le rythme naturel, entraînant des risques majeurs et imprévisibles. Les toxiques artificiels ou libérés des roches mères s’accumulent dans les chaînes alimentaires.

Des solutions techniques à potentiel limité

La première solution est de mieux utiliser les ressources : c’est l’éco-efficacité. Le potentiel est encore très grand, mais limité. L’éclairage des LED (diodes électroluminescentes) a, par exemple, atteint sa limite : 100 % de l’électricité est convertie en lumière. Mais le recyclage des LED n’est pas aisé. Et une écoefficacité totale impliquerait une transparence totale des usages. À quand les mouchards numériques pour vérifier que vous avez bien mis le papier dans la benne à papier ? En outre, dans un monde en croissance, les gains en éco-efficacité seront compensés par « l’effet rebond ». Ainsi, le meilleur rendement des voitures est dépassé par l’augmentation de leur nombre et l’allongement des distances, l’amélioration de l’efficacité énergétique de l’habitat, par l’augmentation des surfaces, etc.

Deuxième solution : le remplacement des ressources épuisables (stocks) par des renouvelables (flux). Les études disponibles montrent que les énergies renouvelables pourront fournir 50 à 150 % de la consommation mondiale actuelle. C’est beaucoup, mais les usages des flux finiront par être en concurrence les uns avec les autres, ainsi de l’alimentation et des agrocarburants.

Une révolution

La décroissance du PIB est à la fois inévitable et nécessaire. Epargner les générations futures et laisser de la place pour les populations pauvres exige une décroissance des riches. C’est une situation radicalement nouvelle en Occident

> FABRICE FLIPO
Docteur en Philosophie des Sciences et Techniques

Rédigé le