Règlement européen contre le bois illégal : un débat relancé avec une proposition à la hauteur des enjeux

Les députés européens, membres de la « commission environnement » du Parlement européen viennent de voter une série d’amendements renforçant considérablement la proposition de texte pour un règlement européen interdisant et sanctionnant la mise sur le marché de bois d’origine illégale. Une première encourageante qui demande à être confirmée.

Lancé en 2003, le plan d’action européen pour lutter contre les importations de bois illégal et améliorer la gouvernance dans les pays producteurs (FLEGT[1]) entre, avec ce règlement, dans une phase finale.

Pour Emmanuelle Neyroumande, responsable de la mission « forêt » au WWF France : « Le texte proposé par la Commission européenne en octobre 2008 était extrêmement faible et nous faisait craindre le pire. Ces amendements redonnent un nouveau souffle aux discussions et nous permettent d’envisager une législation à la hauteur des enjeux  ».

En effet, l’exploitation et le commerce de bois illégal constituent les causes principales de la déforestation et de l’appauvrissement des populations qui dépendent de ces forêts. Pour Sylvain Angerand, responsable de la campagne « forêt » aux Amis de la Terre France : «  Nous souhaitons une loi qui responsabilise les importateurs européens car nous avons démontré qu’il était très simple de « blanchir » du bois illégal dans des pays où la corruption est forte comme le Cameroun ou de contourner des embargos comme en Birmanie. Grâce aux amendements votés, les importateurs devront garantir, par la mise en place de chaîne de contrôle, l’origine des bois, et pourront être sanctionnés en cas de recel de bois illégal ».

Avant qu’un règlement européen sur le bois ne soit définitivement voté, il reste deux étapes déterminantes : « Nous appelons tous les députés du parlement européen lors du vote en plénière, et les ministres qui participeront au Conseil de l’Agriculture, respectivement le 23 avril 2009 et les 22-23 juin 2009, à soutenir les recommandations de la commission environnement du Parlement. La France, en particulier, doit avoir une position forte et cohérente avec la volonté affichée d’enrayer la déforestation et le commerce de bois illégal et non durable » explique Grégoire Lejonc, chargé de campagne forêt pour Greenpeace France.

Le WWF, les Amis de la Terre (Friends of the Earth) et Greenpeace unissent leurs efforts, au niveau européen et français, pour obtenir un règlement ambitieux garantissant la traçabilité et l’origine légale du bois vendu en Europe.

Rédigé le