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Réponse de ARLP à Mr Emmanuelli, après son interview au journal Sud-Ouest

Sud-Ouest a publié avec quelques coupes, le 25 avril, la réponse de l’ARLP aux propos d’Henry Emmanuelli. Voici ici ce texte en intégralité :

Un service public privatisé. Il est étonnant de voir M. Emmanuelli, qui se fait le chantre du service public de l’eau, défendre au nom de la sécurité un projet qui sera réservé aux plus aisés de nos concitoyens. Le président du Conseil Général des Landes dit avoir consulté ses ingénieurs concernant le prix du péage de 18€, il aurait été plus avisé de descendre dans la rue. Il y aurait appris que le prix du carburant pèse de plus en plus lourdement sur le pouvoir d’achat des français et qu’ils continueront donc pour la plupart à utiliser l’axe existant, avec les risques afférents. Une sécurité routière privatisée, drôle de conception du service public.

Quel risque financier ? M. Emmanuelli évacue par ailleurs la question du risque financier pris par les collectivités sans traiter la question de fond, qui est au cœur du projet : combien coûtera-t-il finalement aux contribuables ? Contrairement à ce qu’il semble croire, c’est un sujet, en période de rigueur, qui intéresse au plus haut point les français et les aquitains.

Reste la question environnementale où M. Emmanuelli tombe dans la caricature et passe à côté d’une évolution récente mais fondamentale de notre société. Il ressort ainsi les vieilles ficelles anti-écolos sur le thème de la légitimité : « Tous ceux et celles qui tiennent ce discours n’ont en charge que leur avenir personnel, ce ne sont pas ceux qui ont la responsabilité collective de l’avenir. » M. Emmanuelli, qui porte depuis plusieurs décennies cette « responsabilité collective de l’avenir » fait pourtant partie de cette génération d’élus qui malgré les avertissements répétés des associations, a conduit nos sociétés dans un mode de développement qui détruit les hommes et les espaces naturels : pollution chimique, réchauffement climatique, dégradation de la qualité des cours d’eau, déclin de la biodiversité… et c’est justement l’échec de sa génération d’élus à prendre au sérieux ces questions, qui rend légitime aujourd’hui le discours et les actions des associations. Cette légitimité est par ailleurs renforcée depuis peu par le Grenelle de l’Environnement où l’Alliance pour la Planète, Greenpeace, le WWF, la Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement, le Réseau Action Climat - autant d’organisations qui, avec plusieurs syndicats, soutiennent l’ARLP contre l’A65 - ont été reconnues comme des interlocuteurs incontournables. Sur ces questions, les français font aujourd’hui davantage confiance à ces associations qu’aux élus, qui du fait de leurs échecs à comprendre et traiter ces problèmes, ont peu de crédibilité.

Enfin, contre l’ « obscurantisme » des associations, M Emmanuelli évoque le « progrés », vieille ficelle ici aussi, il ne manquait plus que les références à la bougie et à la calèche que d’autres élus ne nous ont pas épargnées ces derniers jours. M. Emmanuelli aurait donc le monopole de la définition du progrès, qui passe par le bétonnage de 2000 ha d’espaces naturels payés par les contribuables. N’en déplaise à M. Emmanuelli, les associations ont une autre conception du progrès, qui ne passe pas par le saccage des espaces naturels mais par l’aménagement des infrastructures existantes (du recyclage !) et par le développement des transports collectifs (2h en bus pour faire Mont de Marsan - Pau aujourd’hui). Un progrès qui profite à tous et pas seulement aux plus aisés et ou l’action des collectivités publiques contribue à résoudre et non à aggraver les problèmes environnementaux auxquels les générations les plus jeunes et celles à venir auront à faire face.

Proposition de rendez-vous. M Emmanuelli s’étonne par ailleurs de ne pas avoir entendu parler plus tôt de Bostens, de l’écrevisse à pattes blanches ou du vison. Il aurait fallu pour cela qu’il accepte de rencontrer les associations qui lui demandent depuis des années un entretien. Ayant visiblement piqué sa curiosité, nous nous tenons toujours à sa disposition pour discuter de tous ces sujets passionnants.