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S’unir pour défendre la paysannerie

L’été a été riche en rencontres paysannes. En France, la Conf’ a fêté dignement ses 30 ans : « des débats qui se prolongent, un projet qui s’enrichit, des nouveaux qui tirent vers le haut, des anciens qui rappellent d’où l’on vient… le tout pour savoir où l’on va ! Un doux moment d’éternité… » concluait son porte-parole, Laurent Pinatel. Mais la Conf’ était aussi présente sur les bancs de la 7ème Conférence Internationale de la Via Campesina pour penser l’avenir de la paysannerie dans le monde. C’est en renforçant les solidarités entre les peuples mais aussi au sein des peuples que nous parviendrons à notre objectif : la souveraineté alimentaire pour toutes et tous. Une vision partagée par les Amis de la Terre et ActionAid France.

Il y avait de la pluie et du beau temps du 18 au 20 août à Alloue en Charente et plusieurs milliers de personnes pour célébrer les 30 ans de la Confédération Paysanne. Toute la famille du syndicat était réunie pour cet anniversaire.

Chaque génération a pris la parole l’une après l’autre sur la grande scène. Après Yves Manguy, éleveur retraité en Charente et premier porte-parole de la Confédération Paysanne en 1987, s’y sont succédées les différentes équipes élues au secrétariat national, contant combats politiques de leurs époques et « anecdotes » militantes : le démontage du McDonald’s de Millau, les fauchages de champs d’OGM, l’occupation de la maison du lait à Paris ou plus récemment celle du chantier de la ferme-usine des mille vaches.

Parmi les ateliers politiques : un débat sur le féminisme paysan, un autre sur la place des départements d’outremer dans le syndicat et même un théâtre participatif « Élevage et antispécisme : comment s’exprimer sereinement ? ». Un chapiteau abritait les stands d’Alternatiba, de Survie, de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, de Terre de Liens… et l’événement a fait converger des militant·e·s de mouvements que la Conf’ a contribué à fonder : Attac, la Via Campesina, Solidarité paysans et le Réseau semences paysannes. De la Via Campesina, mouvement paysan international, était présent Ibrahima Coulibaly, syndicaliste paysan malien et membre du ROPPA (Réseau des Organisations Paysannes Professionnelles d’Afrique de l’Ouest). Il a témoigné des impacts néfastes du commerce international, des politiques agricoles et des accords de libre-échange sur les droits des paysan·ne·s.

Après ses Assises de l’agriculture et de l’alimentation menées cette année avec ses allié·e·s (dont ActionAid France et les Amis de la Terre) et alors que l’agro-industrie est aux avant-postes des États généraux de l’alimentation, la Conf’ a encore de rudes combats à mener pour que soient enfin instaurés un revenu pour tou·te·s les paysan·ne·s, une protection sociale pour tou·te·s les travailleurs·ses de la terre, des politiques foncières et d’installation redistributives et une véritable démocratie alimentaire.

Article sur la Confédération Paysanne rédigé par Sébastien Chailleux d’ActionAid France.


La 7ème Conférence Internationale de la Via Campesina s’est déroulée cet été. À travers cette alliance de 164 organisations provenant des 5 continents, c’est la voix de 250 millions de personnes vivant directement de la terre partout dans le monde qui a été portée.

Partout sur la planète, la progression et la recrudescence du pouvoir et du contrôle qu’exercent les grandes entreprises privées et les États violent les droits des paysannes et des paysans sur leurs biens les plus précieux : la terre, l’eau, les semences, la biodiversité. Les pillages, les privatisations, les intérêts de l’industrie et les grands investissements progressent. Face à cette situation, le mouvement paysan promeut la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. Avec cette déclaration se prépare le terrain pour assurer aux paysan·ne·s la protection de leurs vies et moyens de subsistance, de manière à favoriser leur reconnaissance en tant que sujets politiques et leur accorder le droit d’utiliser, de gérer et de contrôler les ressources naturelles. Chaque jour – dans les champs et les espaces de gouvernance mondiaux, régionaux, nationaux et locaux – se construit le chemin de la souveraineté alimentaire.

La Déclaration des Nations unies sur les droits des paysan·ne·s et des autres personnes travaillant dans les zones rurales exige que les États l’adoptent de toute urgence. Ce résultat dépend des mobilisations et des pressions sur les États. Le processus est loin d’être terminé : si des pas de géant sont faits, le chemin qui reste à parcourir est aussi ardu que la vie rurale. Les fruits récoltés seront le produit de nos luttes pour la dignité et la vie paysanne !

La Fédération internationale des Amis de la Terre fera son possible pour soutenir les luttes et les demandes de notre partenaire privilégiée, la Via Campesina.

Article sur la Via Campesina rédigé par Christian Berdot des Amis de la Terre France.

Photo : Copyright Mansi Thapliyal / ActionAid

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