Le plus grand projet pétrolier et gazier intégré au monde, situé sur l’île de Sakhaline dans l’extrême-orient russe, nécessitera au total des investissements de plus de 22 milliards de dollars. Il suscite depuis ses débuts en 1994 d’innombrables critiques, concernant à la fois ses impacts environnementaux sur l’écosystème de la région ainsi que ses impacts sociaux sur les communautés locales affectées par le projet.
Le projet menace en effet directement les dernières populations de baleines grises occidentales du monde, ainsi que les aigles de la mer de Steller. Un rapport scientifique publié seulement trois jours avant l’annonce du financement mettait encore en garde les autorités russes concernant la vitesse des cargos qui pourraient heurter les baleines, les impacts du bruit des activités sur les mammifères, et surtout, les risques de marées noires qui mettent en péril toute la biodiversité de la région (1). Les impacts sociaux sur les populations locales sont eux aussi énormes en terme de perte de sources de revenus avec une pêche locale définitivement compromise par le projet et de respect des droits des peuples indigènes. Dimitry Lisitsyn, président de l’association locale Sakhalin Environment Watch, résume : « Toutes les analyses des experts qui ont documenté les dégâts environnementaux du projet et les impacts sur les populations locales démontrent clairement que Sakhaline II est un échec social et environnemental complet ».
« Nous sommes choqués que BNP Paribas ait décidé de financer Sakhaline II », indique Sébastien Godinot, coordonnateur des campagnes aux Amis de la Terre. « Nous sommes solidaires des ONG russes et internationales dans la condamnation de cette banque française qui viole si sévèrement ses propres normes alors qu’elle prétend dans son dernier rapport sur la RSE respecter les "mêmes normes sociales et environnementales que celles s’appliquant aux projets financés par des établissements ayant adopté (les) Principes (d’Equateur) (2) ».
Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, conclut : « Cette nouvelle est dommageable pour la crédibilité environnementale et sociale de BNP Paribas. Elle l’est encore plus pour la biodiversité de Sakhaline et les communautés locales affectées par le projet et qui se retrouvent directement frappées par la décision de la banque. Si le fait de mettre définitivement en péril une espèce de baleines menacée d’extinction est considéré comme un financement responsable, on peut se demander à quoi ressemblerait un financement irresponsable. Les Amis de la Terre demandent à BNP Paribas de se retirer immédiatement d’un projet aussi destructeur ».
Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43
(1) Report of the Western Gray Whale Advisory Panel at its Fourth Meeting
(2) Rapport sur la responsabilité sociale et environnementale 2007, BNP Paribas, p.146





