Protection de l’atmosphère : un plan décevant
Le Plan de Protection de l’atmosphère d’Ile de France est actuellement soumis à enquête publique. Malgré les améliorations sensibles de la forme, cette nouvelle version ne peut masquer ses insuffisances.
Les Amis de la Terre Paris demandent que des mesures efficaces de lutte contre la pollution de l’air complètent ce plan.
La lutte contre la pollution de l’air et la protection de l’atmosphère passe par le développement des modes de déplacement alternatifs à la voiture individuelle et au transport poids lourds dans l’agglomération.
En conséquence, les Amis de la Terre Paris demandent que :
-les mesures de développement et d’amélioration des transports en commun fassent l’objet d’engagements et non de mesures d’accompagnement.
-les mesures favorisant le fret par le rail ou voie d’eau soient inscrites dans ce plan. En effet, Bien que le transport poids lourd représente une part significative des émissions polluantes, aucune mesure permettant de développer le fret par voie ferroviaire ou fluviale n’est contenu dans ce document.
-le rééquilibrage de l’usage de l’espace public au profit des piétons et vélos fasse l’objet de mesures incitatives.
-la mesure réglementaire sur l’habitat portant exclusivement sur les chaudières, soit revue et renforcée pour favoriser enfin un vrai programme de maîtrise de l’énergie et de développement des énergies renouvelables.
De plus, Il n’est pas concevable d’exclure le trafic aérien des mesures à la protection de l’atmosphère. Il convient notamment de plafonner les mouvements des deux aéroports et d’interdire les vols dans les aéroclubs lors des pics de pollution.
Enfin, le Plan de Protection de l’atmosphère pour l’Ile de France fait une place importante aux mesures réglementaires sur les pics de pollution.
Même si ces dispositions s’imposent dans le contexte de pollution que nous connaissons en Ile de France, la mise en œuvre d’actions curatives ne peut en aucun cas constituer une politique de protection de l’atmosphère.
De plus, l’interprétation minimale des directives européennes conduira à rendre ces mesures inopérantes du fait de seuils de déclenchement inatteignables.
Enfin, Erpurs (programme d’Evaluation des Risques de la Pollution Urbaine sur la Santé) met en évidence le lien entre niveaux de particules et santé, et souligne la dangerosité des particules fines. Malgré les conséquences avérées pour la santé, les particules fines sont toujours hors du champ d’application des mesures en cas de concentration élevée.
Les Amis de la Terre Paris demandent que les conditions de déclenchement et de mise en œuvre des mesures en cas de pic de pollution soient revues pour rendre ce plan plus ambitieux et efficace.