C’est une première : les quatre grands banquiers mutualistes français communiquent collectivement sur leur leadership en matière de financements et services pour la protection de l’environnement. Sébastien Godinot des Amis de la Terre analyse : « Il pourrait sembler assez logique que les banques coopératives soient leaders dans le développement durable, du fait de leurs valeurs historiques, leur ancrage local, leur mode de gouvernance, etc. Mais nos analyses montrent à plusieurs reprises que ce n’est pas forcément le cas. Deux banques mutualistes avancent, une est tangente, une autre à la traîne. »
Deux réseaux vont dans la bonne direction : Banque Populaire est pionnière et, depuis peu, la Caisse d’Epargne se lance de manière ambitieuse (3). Sébastien Godinot poursuit : « La situation est plus nuancée pour le Crédit Agricole : il a fait plusieurs efforts notamment en France, mais n’a même pas réagi officiellement à notre rapport sur les banques et les problématiques d’énergie-climat en 2007 ; et sa branche internationale Calyon est lourdement impliquée dans des méga-projets controversés comme l’usine de pâte à papier Botnia (4) en Uruguay ou le barrage de Yusufeli en Turquie (5). Quant au Crédit Mutuel, à part un prêt intéressant pour les particuliers dans quelques régions, il reste aux abonnés absents sur les autres secteurs et dans toutes les discussions sur les évolutions nécessaires ».
Aujourd’hui, il est donc impossible d’affirmer que les banques mutualistes sont collectivement meilleures que les autres en matière environnementale. En conséquence, les Amis de la Terre espèrent que cette communication inédite des quatre réseaux lors du Grenelle est la première pierre d’un important travail en faveur de l’environnement dans les prochains mois et années. Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, propose : « Nous avons beaucoup travaillé sur des propositions de politiques environnementales et climatiques adaptées au secteur bancaire, sur la base des meilleures pratiques internationales. Nous n’hésitons pas à pointer du doigt les incohérences, mais nous participons aussi à des groupes de travail avec certains acteurs bancaires prêts à innover, comme la Caisse d’Epargne. Aux banques de prendre leurs responsabilités : tant que le Crédit Mutuel joue les absents et que le Crédit Agricole ne répond pas à nos récentes propositions, cela augure mal de leurs engagements ».
(1) Publiée dans Le Figaro, Le Monde, Les Echos
(3) « Etiquette climat des Caisses d’Epargne : première mondiale ? »,
(4) Usine de pâte à papier Botnia
(5) Barrage de Yusufeli Turquie
Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43



