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Secteur bancaire : mutualiste ne veut pas toujours dire écologique

25 octobre 2007,
Par Yann Louvel

Les Amis de la Terre notent avec intérêt la publicité institutionnelle des quatre grandes banques françaises coopératives et mutualistes (1) : dans le cadre du Grenelle de l’environnement, Banque Populaire, Caisse d’Epargne, Crédit Agricole et Crédit Mutuel « s’engagent parce que l’environnement est une problématique majeure ». Mais les analyses des Amis de la Terre (2) mettent en évidence des résultats très variables des banques coopératives dans leur prise en compte de l’environnement : certaines innovent, d’autres traînent. Les Amis de la Terre ont développé des propositions détaillées et mettent les banques face à leurs responsabilités et leurs propres engagements.


C’est une première : les quatre grands banquiers mutualistes français communiquent collectivement sur leur leadership en matière de financements et services pour la protection de l’environnement. Sébastien Godinot des Amis de la Terre analyse : « Il pourrait sembler assez logique que les banques coopératives soient leaders dans le développement durable, du fait de leurs valeurs historiques, leur ancrage local, leur mode de gouvernance, etc. Mais nos analyses montrent à plusieurs reprises que ce n’est pas forcément le cas. Deux banques mutualistes avancent, une est tangente, une autre à la traîne. »

Deux réseaux vont dans la bonne direction : Banque Populaire est pionnière et, depuis peu, la Caisse d’Epargne se lance de manière ambitieuse (3). Sébastien Godinot poursuit : « La situation est plus nuancée pour le Crédit Agricole : il a fait plusieurs efforts notamment en France, mais n’a même pas réagi officiellement à notre rapport sur les banques et les problématiques d’énergie-climat en 2007 ; et sa branche internationale Calyon est lourdement impliquée dans des méga-projets controversés comme l’usine de pâte à papier Botnia (4) en Uruguay ou le barrage de Yusufeli en Turquie (5). Quant au Crédit Mutuel, à part un prêt intéressant pour les particuliers dans quelques régions, il reste aux abonnés absents sur les autres secteurs et dans toutes les discussions sur les évolutions nécessaires ».

Aujourd’hui, il est donc impossible d’affirmer que les banques mutualistes sont collectivement meilleures que les autres en matière environnementale. En conséquence, les Amis de la Terre espèrent que cette communication inédite des quatre réseaux lors du Grenelle est la première pierre d’un important travail en faveur de l’environnement dans les prochains mois et années. Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, propose : « Nous avons beaucoup travaillé sur des propositions de politiques environnementales et climatiques adaptées au secteur bancaire, sur la base des meilleures pratiques internationales. Nous n’hésitons pas à pointer du doigt les incohérences, mais nous participons aussi à des groupes de travail avec certains acteurs bancaires prêts à innover, comme la Caisse d’Epargne. Aux banques de prendre leurs responsabilités : tant que le Crédit Mutuel joue les absents et que le Crédit Agricole ne répond pas à nos récentes propositions, cela augure mal de leurs engagements ».

(1) Publiée dans Le Figaro, Le Monde, Les Echos

(2) Rapports « Banques françaises, banques fossiles ? », mars 2007, 216 p, et « Banques françaises et environnement : presque tout reste à faire », février 2006,

(3) « Etiquette climat des Caisses d’Epargne : première mondiale ? »,

(4) Usine de pâte à papier Botnia

(5) Barrage de Yusufeli Turquie

Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43



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