Reportages de eitb et le Journal du Pays basque qui relaient le travail de fourmi des associations de la zone portuaire de Bayonne face aux pollutions industrielles qui portent atteinte à la santé des populations après avoir condamné ses ouvriers.
La région évoque le label Haute qualité environnementale ( HQE) pour le port de Bayonne !
A lire en ligne pour les liens vers les sites de résistance des assos locales & les vidéos. Merci aux medias basques de lever la loi du silence.
Y’a-t-il encore un pilote dans le Port de Bayonne ?
Ramuntxo Garbisu - Bayonne
Fertiladour à Boucau ou les Aciéries de l’Atlantique de Tarnos sont des sujets de vive contestation entre industriels, élus et défenseurs de l’environnement. Un reportage d’eitb.com souhaite illustrer les multiples "contradictions" d’un Port que la Région Aquitaine souhaite pourtant "exemplaire".
Le cas de Fertiladour au Boucau n’est pas le seul dossier de la zone portuaire de Bayonne à poser la question du pouvoir exact des élus face aux exigences d’emploi et aux attentes environnementales de la population, un équilibre difficile à trouver également dans le cas à Tarnos de l’Aciérie de l’Atlantique ADA, rachetée par le groupe espagnol Celsa.
Les éléments apportés sans relâche par les associations de défense de l’environnement comme le CADE, Aloes-Boucau ou Zip Adour restent lettre morte, les élus se rangeant bien volontiers derrière les analyses rassurantes de la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement).
La gestion de cette zone mi-urbaine mi-industrielle ne doit plus simplement être regardée en termes de tonnages ou de créations d’emplois : il est sans doute temps de poser l’exigence d’un organisme de concertation, de communication de vraies informations, mais également de sanctions vis à vis d’incidents ou de négligences qui ne peuvent rester dissimulés derrière d’épais rideaux de fumées toxiques.
La Région Aquitaine, qui a confié cette gestion à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bayonne en début d’année 2009, l’avait inscrite dans ses objectifs : permettre aux usagers et riverains du Port d’avoir un accès complet aux informations relatives à l’environnement.
Vaste chantier...
Les élus sans (bonne) réponse devant certaines images du port de Bayonne- VOIR vidéo
En octobre dernier, comme le montre cette vidéo, les élus du Boucau ont pu découvrir les images de sacs de terres les plus contaminées qui n’avaient pas été évacuées comme ils le pensaient et celles des terrains encore chargés de radioactivité, comme ils le craignaient.
"Nous n’avons pas les moyens de faire appliquer les décisions prises", y déclare notamment M. Dubourdieu, adjoint au Boucau, "ce n’est pas la policie municipale qui peut se mettre devant l’usine et leur dire de tout fermer".
Cinq mois plus tard, était pourtant vendu le projet d’une ZAC sur le site, argumenté par une dépollution "effective" ou "en cours de réalisation", suivant les interlocuteurs de la Mairie.
Dans cette communication, le rôle une nouvelle fois rassurant de l’agent de la DRIRE, Mr Amiel, aura beaucoup pesé sur la méthode Coué privilégiée.
De la même façon, ce ne sont pas les images d’un nuage rougeâtre de rejets de poussière par ADA, montrées au Maire de Tarnos, Jean-Marc Lespade, qui l’auront incité à demander des comptes à l’industriel.
Reconnaissant face à la caméra qu’il n’avait aucune idée de ce que pouvaient contenir ces rejets, il faut espérer qu’une simple discussion avec le Directeur d’ADA lui aura permis d’apprendre que "ce n’est pas bon pour la santé humaine".
Silence radio (actif ?) sur Boucau
Soumis depuis octobre 2008 à un nombre grandissant de questionnements par les médias locaux sur l’attitude à adopter face à la pollution radioactive de Fetiladour, les élus de Boucau ne semblent pas ménager leurs efforts pour ne rien faire.
Aucun vote en conseil municipal, et juste du temps passé à refaire, comme lors des élections de l’an passé, une guéguerre de personnalités politiques de la municipalité.
Une demande d’éclaircissements de Christophe Martin, élu du Boucau, aura bien été envoyée au Préfet, mais adressée avec entête du Conseil Général.
Pendant ce temps, et en contradiction avec toutes les mesures empêchant les travaux sur cette zone, les bulldozers ont achevé d’éparpiller les terres contaminées sur l’ensemble des terrains.
Quant aux ex-salariés de Fertiladour, aux dernières nouvelles... ils n’avaient aucune nouvelle d’un quelconque soutien dans leurs démarches.
ADA, toujours retranchée derrière un rideau de fumées
Comme l’expliquait en octobre dernier Iñaki Arberats, Directeur d’ADA jusqu’à fin 2008, "une usine qui ne pollue pas, c’est une usine qui est fermée".
Avant de rajouter que, "se mettant à leur place", les fumées qui s’échappent de cette aciérie doivent certainement "inquiéter" les riverains, mais qu’il n’y "aucun risque pour la santé ou l’environnement".
En 2002, les études surprises par des associations de défense de l’environnement comme Zip Adour ou Aloes-Boucau ont largement mises en évidence la présence élevée dans l’atmosphère de métaux lourds : plomb, cadmium, arsenic, manganèse.
Sommé de procéder à des améliorations, aucune information n’a encore été fournie pour constater l’efficacité des travaux entrepris par le groupe Celsa quant à une baisse de la dangerosité de ces rejets
Le rôle théorique des élus dans cette zone industrialo-portuaire
Quelque soit leur couleur politique, les élus concernés par cette activité industrialo-portuaire ont à gérer le potentiel économique de leur commune, en termes de rentrées fiscales éventuelles, en termes d’attractivité économique et de créations d’emplois locaux.
Encore plus fortement depuis le Grenelle, ils ont également des explications à apporter aux habitants quant au respect des normes environnementales que ne manquent pas de générer ces activités, ce qui n’est pas toujours évident au vu des fumées s’échappant d’ADA ou au su, désormais, de ce que renferment les terres de Fertiladour.
Le SPPPI, un gendarme sans bâton
La solution passe donc par un organisme de concertation, d’information et de résolutions qui doit permettre aux industriels, aux élus mais également aux associations de défense de l’environnement (comme le CADE ou Aloes-Boucau) de pouvoir faire remonter leurs observations et questionnements.
Dans ce mariage à trois, l’Etat a la place du juge de paix : sur la zone, l’agent de la DRIRE est chargé de contrôler le respect des normes dictées par la loi et le Préfet est chargé de prescrire avec autorité des travaux ou des rappels à l’ordre.
Ce rassemblement de responsabilités et de vigilances existe sur la zone, sous la forme légale d’un SPPPI (Secrétariat Permanent pour la Prévention des Pollutions Industrielles) : organisme de discussions et de communications d’informations, présidé aujourd’hui par Georges Daubagna, maire adjoint d’Anglet, les cas des deux communes de Boucau et de Tarnos montrent que cette structure ne possède guère la possibilité de s’interposer au "principe de réalité" avancé par les industriels.