Sivens : demander l’évacuation ? Certainement pas !

Montreuil, le 5 novembre 2014 - À la suite de la réunion rassemblant hier un certain nombre d’acteurs concernés par le projet de barrage à Sivens, Ségolène Royal demande aux associations de défense de l’environnement d’appeler à l’évacuation de la ZAD qu’elle qualifie « d’occupation illégale ». Pour les Amis de la Terre, l’illégalité vient avant tout du passage en force des autorités locales. Nous appelons à poursuivre la mobilisation tant que l’abandon du projet n’aura pas été acté.

La demande de la ministre de l’Ecologie est en elle-même déplacée. Les associations ne sont pas responsables de la venue des zadistes, et ce n’est certainement pas à elles de leur demander de partir. Bien au contraire, pour les Amis de la Terre, ce sont ces occupations qui permettent le blocage de tous ces projets démesurés, inutiles et imposés. Notre réponse est claire : non !

D’après les propos tenus par Ségolène Royal, tout laisse à penser qu’elle plaide pour un redimensionnement du projet. Pour Florent Compain, président des Amis de la Terre : « C’est à un abandon et non à un redimensionnement qu’il faut travailler et à une restauration du milieu détruit. Nous ne nous contenterons pas non plus de mesures compensatoires, même si elles sont multipliées à l’infini. » Les Amis de la Terre s’opposent à toute forme de mesures compensatoires, qui constituent une atteinte au droit constitutionnel de chacun à vivre dans un environnement équilibré et respectueux de sa santé.

Des alternatives existent qui ne peuvent simplement consister en une réduction de l’ampleur du projet mais qui doivent être envisagées à différentes échelles pour coller à la situation et aux réalités locales.

À court terme, les perspectives doivent se concentrer sur une adaptation des cultures au milieu notamment par le choix de cultures et de semences adaptées aux sols et aux réalités climatiques comme le font déjà naturellement des agriculteurs locaux.

Ensuite, pour les perspectives à long terme, c’est clairement une réaffectation des subventions et budgets prévus pour ce projet qui doivent être consacrées à la reconversion de l’agriculture locale et au développement de circuits courts. Sortons du modèle d’agriculture productiviste imposé par le complexe agro-industriel qui contraint les agriculteurs à mettre en place des systèmes non-pérennes et destructeurs de leur métier, et à terme, de leurs revenus et de leurs emplois.

Contact presse : Caroline Prak - 06 86 41 53 43


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