Sommet de Ban Ki-Moon : ni fossiles ni fausses solutions

Montreuil, le 22 septembre 2014 - Au lendemain d’une mobilisation internationale sur le climat, les Amis de la Terre et le Réseau “Sortir du nucléaire“ appellent le gouvernement français à écouter la rue : la véritable transition écologique, climatique et sociale appelée par le peuple de ses vœux se fera sans énergies fossiles ni fausses solutions.

Alors que François Hollande s’apprête à intervenir au Sommet de Ban Ki-Moon, les Amis de la Terre et le Réseau Sortir du nucléaire rappellent au gouvernement sa responsabilité à prendre les bonnes mesures pour contribuer à une véritable transition écologique, climatique et sociale. Si la France veut être « exemplaire » comme elle l’affirme, alors elle doit arrêter son soutien aux énergies fossiles sans s’orienter vers les fausses solutions servant les intérêts des multinationales et non ceux des peuples ou de la planète, comme le nucléaire et les agrocarburants , les voitures électriques, l’agrobusiness et ses OGM et pesticides [1], ou encore les mécanismes de compensation carbone et biodiversité.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), plus des deux tiers des ressources fossiles prouvées doivent rester dans le sol pour avoir une chance de limiter les impacts déjà très lourds des changements climatiques. Or, la France continue de soutenir les énergies fossiles à l’international [2]. « La France doit prendre aujourd’hui la décision de mettre fin à tout soutien public au charbon, et notamment au sein de son agence de crédits à l’exportation, la COFACE. En soutenant le charbon à l’étranger, la France contribue à exposer la santé des travailleurs et des populations et à enfermer les pays dans des trajectoires hautement carbonées incompatibles avec un accord ambitieux sur le climat, rappelle Malika Peyraut, des Amis de la Terre. »

Les associations mettent également en garde contre le recours à des énergies et des techniques nocives pour l’environnement et les populations au nom de la lutte contre le changement climatique. Moins de 4 ans après la catastrophe de Fukushima, quelques pays persistent à considérer le nucléaire comme une option, alors même le GIEC reconnaît que cette technologie comporte des risques trop importants (du risque d’accident à la production de déchets, en passant par la pollution des mines d’uranium) et un coût trop élevé. « Au lieu de soutenir les vraies solutions que sont la recherche d’une société plus sobre, les économies d’énergie, les renouvelables et, la France engloutit des milliards dans son parc nucléaire et cherche à tout prix à vendre des centrales, quitte à organiser un salon mondial du nucléaire sur le lieu même où doit se tenir la COP21 [3] ! », déplore François Mativet, du Réseau “Sortir du nucléaire“. “Un tel aveuglement est aussi criminel qu’inacceptable ».

Aujourd’hui, partout sur les territoires, les individus se mobilisent pour montrer que les véritables solutions existent et promouvoir les alternatives locales, citoyennes et concrètes. D’Alternatiba Gonesse à Paris, c’est un message fort qui est envoyé : le peuple sera vigilant à ce que soient prises les mesures permettant une transition plus juste, plus sobre énergétiquement, basée sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables, et rejetant l’emprise des lobbies et leurs solutions.

[1] Sera notamment lancée à New York l’Alliance mondiale pour une agriculture intelligente pour le climat, qui promeut l’agrobusiness et laisse la porte ouverte à ses fausses solutions (pesticides, OGMs), au détriment de l’agriculture paysanne

[2] La France soutient le secteur du charbon au-travers des institutions financières internationales dont elle est membre, de son agence de crédits à l’exportation Coface et des entreprises françaises comme EDF ou GDF qui investissent massivement dans le charbon à l’étranger et dont la France est actionnaire.

[3] Le World Nuclear Exhibition, premier salon international du nucléaire, se tiendra du 14 au 16 octobre 2014 au Bourget

Contact presse :
-  Caroline PRAK, Les Amis de la Terre, 09 72 43 92 65
-  François Mativet, Réseau « Sortir du nucléaire », 06 09 92 20 13


Photo : https://twitter.com/manondene13/status/513694458505093120/photo/1

Rédigé le