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Surfaces commerciales : une plaie sociale, économique, écologique...

"Malade de surconsommation - Terre épuisée."

Le malade est relié par deux perfusion à la planète Terre et à un jerrycan de pétrole et produits chimiques. Il est sponsorisés par de nombreux groupes industriels et financiers.

Action des Amis de la Terre dans une grande surface des Landes.

Comme partout en France, les Landes assistent à une prolifération de projets de centres commerciaux, plus grands les uns que les autres. Les responsables politiques du département nous promettent monts et merveilles et surtout plein d’emplois. Difficile à croire lorsqu’on voit les centres villes qui se vident et la disparition des derniers petits commerçants indépendants... Nous avons donc essayé d’en savoir un peu plus.

Nous conseillons d’abord l’excellent article de Basta (http://www.bastamag.net/article3551.html). Ensuite voici quelques remarques sur la situation actuelle. La majorité des graphiques et remarques sont tirées d’une étude sur "L’urbanisme commercial" publié par l’AdCF, l’Assemblée des Communautés de France.

Malgré la crise, les investissements augmentent

Pourtant, la fréquentation baisse,

mais les m2 se multiplient. Jusqu’à quand ?

Considération n°8 : l’immobilier commercial, valeur refuge sur les marchés financiers, est proche de la bulle spéculative.

"En plus d’être un bien physique, l’immobilier commercial est un actif financier. Le marché de l’immobilier commercial, bien distinct de celui de l’immobilier de bureaux, génère des rendements particulièrement élevés : depuis le début des années 2000, les actifs commerciaux procurent aux investisseurs des rendements globaux plus élevés que les autres produits d’immobilier d’entreprise. De fait, d’après les chiffres de la société BNP Real Estate, sur les neuf premiers mois de l’année 2009, les investissements en commerce ont représenté un total de 966 millions d’euros, soit une progression de +26% par rapport à la même période de 2008. Contra-cyclique, voire acyclique, le marché de l’immobilier commercial est jugé sécure par les investisseurs : en période de crise sur d’autres marchés financiers, l’immobilier commercial est une valeur refuge, surtout depuis 2008. La rentabilité est élevée et le risque minime. Les bons rendements favorisent ainsi la financiarisation de ce secteur et encouragent le mécanisme de production de mètres carrés commerciaux.

L’Institut pour la ville et le commerce estime que la filière de l’immobilier commercial est rentrée dans une bulle spéculative. Selon lui, l’ensemble des acteurs de la filière de production de ces surfaces (distributeurs, investisseurs et collectivités) est dans une incapacité croissante à s’autoréguler. Les prix, qu’il s’agisse des valeurs locatives, des valeurs d’actifs ou des valeurs foncières, apparaissent de plus en plus déconnectés de leur fondement économique et ne jouent plus leur rôle d’ajustement dans les rapports d’échanges. Les collectivités sont exposées à un effondrement de la rente commerciale sur leur territoire et au développement d’un phénomène de vacances structurelles, aussi bien dans le cœur urbain qu’en périphérie. L’Institut plaide pour un retour au premier plan des collectivités dans la régulation de la filière. Leur arme principale : la planification urbaine et le foncier, premier intrant de la filière de production de surfaces commerciales."

Ces centres commerciaux vident les centres villes et y tuent l’activité commerciale. Voici la répartition des surfaces commerciales en Allemagne :

Non seulement, les centres commerciaux détruisent plus d’emplois qu’ils n’en créent, mais ils multiplient les déplacements urbains inutiles :

Les déplacements liés au commerce
- Parmi les 17,7 millions de déplacements d’achats par jour, 55 à 60% sont effectués en voiture, 30 à 35% à pied et 5 à 10% en transport en commun, le solde en deux roues. 70% des déplacements pour achat se font en « navette » domicile-achat-domicile avec un trajet à vide et 30% dans une chaîne de déplacements. Source : EMD, Certu.
- Dans les années 1990, la part modale de la voiture particulière pour se rendre dans un centre com- mercial ou un hypermarché situé en périphérie de ville était de l’ordre de 95% (celle des usagers des transports collectifs frôlant les 4%). Dans les années 2000, elle dépasse encore 80% (contre 35% pour les déplacements d’achats dans les commerces du centre-ville). Sources : Drast et Predit ; EMD, Certu, 2002.
- Le commerce de proximité, grâce à la répartition modale des déplacements de sa clientèle, génère 2,6 fois moins d’émissions de CO2 par kilogramme d’achats qu’un hypermarché de périphérie. (souligné par nous) Sources : Inrets et Ademe.

Quand au créations d’emplois, encore de la poudre aux yeux :

On détruit en silence d’un côté, on communique sur les recrutements liés auxnouvelles implantations de l’autre. Pourtant, “ recrutement ” ne signifie pas toujours “ création d’emploi ” . Pour preuve, Monoprix recrute pour faire face à une forte croissance... de départs en retraite prévue entre 2004 et 2008. Dans son étude d’impact du projet de centre commercial d’Aubervilliers, un fief communiste, la délégation de Paris de la chambre de commerce estimait en septembre 2000 que 4 commerces sur 10 pourraient disparaître et que 1130 emplois seraient menacés. Pour ne parler que des suppressions directes. Un emploi créé en grande surface, c’est 3 à 5 emplois détruits ailleurs. Destruction dont on ne parle jamais. Pour le seul troisième trimestre 2003, 4900 emplois ont disparu dans le commerce de détail dans l’ensemble du pays. (Christian Jacquiau un fin connaisseur des " (les) Coulisses de la grande distribution", titre d’un de ses livres)

Et sans oublier les milliers d’emplois perdus chez les petits producteurs qui ne peuvent plus faire face aux exigences de ces grands groupes.

Donc on résume :

- financiarisation du secteur et spéculation
- destruction des abords des villes et de milliers d’ha de terres agricoles
- destruction massives d’emplois dans le petit commerce et chez les petits producteurs
- accentuation de la mondialisation des approvisionnements
- multiplication des km parcourus par les produits vendus et par les clients
- mise en concurrence de producteurs de plus en plus éloignés
- standardisation des produits notamment agricoles
- impact sur les climats de plus en plus importants.
- vous complétez la liste...

Conclusion : qu’est-ce qu’on attend pour changer nos habitudes ??

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