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Suspension de l’activité polluante de Métal Blanc

8 mars 2000,
Plomb industriel

Plomb : à la lecture du rapport ministériel, les Amis de la Terre demandent la suspension de l’activité polluante de Métal Blanc (Ardennes).


Montreuil-sous-Bois, le 8 mars 2000 - Les Amis de la Terre constatent que la Mise (Mission d’inspection spécialisée de l’Environnement) confirme de nombreuses inquiétudes qu’ils soulevaient avec l’association de protection de l’environnement de Bourg-Fidèle (Ardennes) en 1999, mais que les propositions des ingénieurs sont incohérentes face l’ampleur des problèmes soulevés.

Le Ministère chargé de l’Environnement a rendu public hier le rapport qu’il avait commandé à la Mise sur l’usine Métal Blanc à Bourg-Fidèle (Ardennes).

Risques pour les enfants : La Mise note que "les mesures montrent qu’il subsiste une plombémie anormale chez certains enfants de Bourg-Fidèle". Les Amis de la Terre affirment depuis plus d’un an qu’en l’absence de relogement des familles les plus exposées à la pollution de Métal Blanc, les plombémies resteront élevées puisque les enfants continuent à vivre dans un environnement pollué. Les parents doivent s’interroger sur la responsabilité des services sanitaires de la Préfecture.

Risques pour les salariés : " Les ouvriers travaillent actuellement dans une atmosphère dont la teneur en plomb est sensiblement supérieure à la teneur en plomb des gaz rejetés aux cheminées ". De plus, "le nombre d’ouvriers dont la plombémie dépassait 600 µg/l est passé de 10 au premier semestre 1998, à 2 au deuxième semestre 1998, puis est remonté à 5 au premier semestre 1999 ". Il est inadmissible que cette situation, totalement inacceptable, soit encore aujourd’hui minimisée ou niée par les dirigeants de Métal Blanc et les services préfectoraux.

Les Amis de la Terre sont scandalisés de voir que, face à cet incontestable déni de protection sanitaire, la Mission d’inspection propose une mise aux normes progressives sur 18 mois. Pour préserver les intérêts de l’entrepreneur, la Mise préfère sacrifier la santé des salariés !

Pollution de l’environnement : La Mise souligne que "les rejets diffus sont maintenant la première source de pollution de l’environnement de l’usine ", et que " cette pollution est émise au niveau du sol et a donc un effet important dans le voisinage immédiat de l’usine ". Ce que l’association locale de défense de l’environnement affirme de longue date.

Métal Blanc et la Préfecture n’auraient-ils pas crié victoire trop tôt laissant croire que le risques pour l’environnement et les riverains avaient disparu ? La Mise confirme également que " les problèmes de la pollution des sols, des sédiments de la rivière La Murée et de l’Étang ne sont pas encore résolus ". S’agissant des odeurs, le rapport précise : "L’arrêté de mise en demeure du 22 décembre 1998 demande de supprimer dans un délai de six mois les émanations nuisibles ou gênantes. L’étude préliminaire n’a pas encore été réalisée." !

"Qui peut encore faire confiance aux dirigeants de Métal Blanc et à la Préfecture des Ardennes pour prendre en compte les problèmes des riverains et salariés et y apporter des réponses concrètes rapidement ?, déclare Ben Lefetey, président des Amis de la Terre. Les promesses non tenues, les secrets et les mensonges ont entaché leur crédibilité !"

C’est pourquoi les Amis de la Terre demandent

  •  la suspension de l’activité polluante de Métal Blanc jusqu’à ce que l’absence de risques sanitaires pour les riverains, les salariés et leurs familles soit garantie par un panel d’expert d’experts reconnus et indépendants de toutes les parties les parties concernées
  •  la compensation immédiate de toute perte de revenu pour les salariés.