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TGV Aquitaine : contribution au débat des Amis de la Terre

Par Groupe local des Landes

La première question qui se pose lorsqu’une infrastructure nouvelle est proposée, c’est de savoir si le projet est utile ou prioritaire. Quels sont donc les défis majeurs que nos sociétés doivent relever aujourd’hui ? Acheminer toujours plus vite quelques voyageurs ? Transporter toujours plus de marchandises ? Pour la région, désenclaver l’est du département, renforcer l’Arc atlantique ? On pouvait encore penser comme cela dans les années 1950, mais aujourd’hui, les choses ont changé.

Cet été 2006, un événement incroyable s’est produit  : des bras de l’Amazone, un des plus grands fleuves du monde, dans une des zones les plus humides de la planète, étaient à sec ! Personne ne pensait cela possible et pourtant c’est arrivé ! Les humains sont en train de détruire les climats de la planète !

On nous explique d’autre part, que d’ici quelques années, le transport routier va doubler ou tripler. Selon toute vraisemblance, c’est plutôt le prix du pétrole qui va tripler avec des conséquences importantes à la fois pour l’économie du pays et la vie quotidienne de chacun !

Aujourd’hui, les deux priorités ne sont plus “toujours plus, toujours plus vite, toujours plus loin” mais :
- économiser l’énergie pour lutter contre la destruction des climats
- et prévenir les conséquences sociales dramatiques que la hausse inexorable du prix du pétrole aura pour les plus faibles.

De toute évidence, le projet de ligne à grande vitesse ne répond à aucune de ces demandes sociales et écologiques (comme d’ailleurs le projet d’autoroute Bordeaux-Pau ). Même si le TGV est souvent présenté comme une alternative “écologiquement acceptable” à l’avion [1] , c’est dans une conception du développement qui ne répond pas aux défis actuels et qu’il faut vite dépasser si nous voulons offrir à nos enfants une planète où il fait encore bon vivre.

Aujourd’hui, les sommes colossales qu’on prévoit d’engloutir dans un tel projet, doivent être investies pour mettre en place des systèmes de transport en commun, économes en énergie et au service de tout le monde. Avec un prix du pétrole qui va continuer de flamber, à quoi servira le TGV dans la vie quotidienne des landais ? A rien ! La priorité sociale, ce sont des transports en commun confortables, réguliers et bon marché. La priorité, c’est de mettre en place ces réseaux de proximité ou de moyenne distance pour que chacun puisse aller travailler sans dépenser la moitié de son salaire en carburant. La priorité, c’est de relocaliser les activités économiques pour réduire les transports. C’est aujourd’hui qu’il faut planifier ces équipements pour amortir les effets de la crise.

L’avenir ne passe pas par le TGV. Arrêtons la destruction des climats et profitons de la fin du pétrole bon marché pour mettre en place un système économique qui respecte les humains, leur environnement et les générations futures.



[1] Le transport aériens ne fonctionne que grâce à des subventions cachées massives. Nos collègues des Amis de la Terre britanniques les ont calculées pour leur pays. La non-taxation du kérosène au taux de taxation des carburants de 2003, représentait un cadeau de de 8,4 milliards d’euros. La non-application de la TVA sur les billets d’avions, une somme de 6 milliards d’euros, et les produits duty free, 600 millions d’euros. De plus, en France, pas un seul aéroport français n’a de compte positif mais cela n’est pas répercuté sur le prix du billets.