La « contribution solidarité » dite « taxe Chirac », est présentée comme un « don » que chaque voyageur en avion doit faire. Ce financement « innovant » a pour objet de financer, pour 2007, la fabrication puis la distribution, de médicaments contre le sida et la tuberculose des enfants. Ce qui est œuvre utile sur le principe.
Mais, à la lecture des informations collectées sur le site de l’UNITAID, organisme chargé de la mise en œuvre des actions, et les contacts établis avec des professionnels de santé, les Amis de la Terre s’interrogent sur l’avancée des projets et la transparence promise sur l’affectation de cette taxe prévue pour rapporter 200 millions d’euros par an.
Il est temps d’expliquer pourquoi des professionnels du médicaments, les centrales d’achat africaines ne sont pas cités comme les partenaires de premier plan alors qu’il s’agit de mettre à disposition des médicaments. Si, pour citer UNITAID, 85% des fonds alloués sont destinés aux pays à faible revenu, nous posons les questions suivantes :
quelles sont les modalités d’attribution ?
quel rôle aura la fondation Clinton peu opérationnelle sur le terrain et pourquoi une fondation américaine alors que les USA n’ont pas décidé d’appliquer cette taxe ?
pourquoi le renforcement et le soutien à des structures locales reconnues, ne sont pas une priorité ?
Les réponses à ces questions essentielles, doivent être rapidement données pour ces projets prévus en 2007.
Selon Anne Gellé, responsable de la campagne transport aérien : « l’expérience de l’absence d’actions fortes dans le domaine de la réduction des émissions de CO2, et ce, malgré la déclaration de notre président : « la maison brûle et nous regardons ailleurs », nous conduit à nous inquiéter que cette taxe, qui ne remplirait pas son rôle, conduise à une solidarité de façade désespérant encore plus les malades et les soignants des pays pauvres du Sud ».