Total : le scandale continue

Quatrième groupe pétrolier au monde, Total a annoncé le 12 février les plus gros profits jamais réalisés par une entreprise française, à savoir 13,9 milliards d’euros. Si d’aucuns se réjouissent ce qu’ils estiment être une performance, les Amis de la Terre sont au contraire scandalisés par ces chiffres qui traduisent une véritable contre-performance.

L’annonce des résultats de Total intervient en pleine crise économique et sociale. Ces chiffes « récompensent » la stratégie d’un groupe myope et cynique qui persévère à exploiter les énergies fossiles et le nucléaire, quand ses moyens financiers lui permettraient de développer des énergies propres. Pour Gwenael Wasse, chargé de campagne pour la responsabilité des entreprises, cet aveuglement est pathétique : « Total est assis sur une rente pétrolière. Ses campagnes de communication cosmétiques sur le développement durable cachent péniblement une stratégie claire : toujours plus de gaz et de pétrole, pour des investissements dérisoires dans les énergies propres. A l’heure de la crise écologique et de la remise en cause du court-termisme économique, c’est extrêmement inquiétant. »

Par ailleurs, malgré ses énormes profits, Total bénéficie depuis plusieurs années d’aides financières publiques massives via les programmes de recherche de l’État, notamment sur la question de la capture et du stockage souterrain du carbone. Une fausse solution technologique dont l’efficacité reste encore à prouver pour lutter contre le changement climatique et qui monopolise d’importantes ressources qui pourraient être utilisées pour la maîtrise de la consommation de l’énergie et les énergies renouvelables.

Selon Cyrielle den Hartigh, chargée de campagne Climat aux Amis de la Terre, « Total utilise l’argent des contribuables pour développer le captage et stockage de carbone, une technologie risquée et particulièrement coûteuse. Dans le même temps, il investit dans les sables bitumineux canadiens qui émettent trois fois plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel, et se lance dans l’énergie nucléaire qui n’est pas une solution pour la lutte contre les changements climatiques. En ces temps de crise, il est désespérant qu’une des plus grosses entreprises au monde reçoive des subsides publics tout en continuant à polluer ! ».

Les Amis de la Terre demandent donc à Total de revoir intégralement sa politique d’investissements pour la détourner des énergies fossiles polluantes. Ils demandent aussi aux pouvoirs publics français d’arrêter de subventionner le groupe.

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Caroline Prak – Les Amis de la Terre

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