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Traitement et Recyclage

19 octobre 2006,
Quelle que soit l’option de recyclage des piles et accumulateurs, celle-ci exposera toujours les travailleurs, à des degrés divers, à des risques sanitaires importants [1], et restera hautement polluante.

Les diverses méthodes de recyclage mélangent des procédés mécaniques et de chauffage à haute température et sont très coûteuses sur le plan énergétique. Le recyclage d’une pile demande jusqu’à 10 fois l’énergie nécessaire à la fabrication d’une pile neuve.

Il existe principalement 3 types de procédés de recyclage :

  • hydrométallurgie : traitement chimique permettant la transformation des métaux en solution ; une étape de broyage et de tri, pour séparer notamment les éléments organiques des éléments métalliques, est préalablement nécessaire ;
  • distillation et pyrolyse : décomposition chimique obtenue par chauffage en l’absence d’oxygène, pour traiter en particulier les piles à forte teneur en mercure ;
  • pyrométallurgie : récupération des métaux par incinération. Les métaux, qui ont des points d’évaporation différents, sont récupérés grâce à des systèmes de condensation et de lavage des fumées. Dans ces deux derniers cas, les déchets de piles après tri sont introduits en l’état dans le four.

Les filières hydrométallurgiques sont parfois complétées par des voies pyrométallurgiques et/ou thermiques en fonction des éléments à valoriser.

Le recyclage permet de récupérer des métaux réutilisables, mais les piles ne sont pas recyclables à 100%. Le traitement des piles permet de valoriser, après affinage : nickel, cadmium, zinc (sous forme oxydée ou métallique), manganèse (sous forme de ferro-manganèse ou d’oxyde de manganèse), fer (sous forme de ferromanganèse ou de ferrailles) et mercure (après distillation et affinage, sous forme de métal purifié liquide).

Les accumulateurs (dit « piles rechargeables ») présentent en moyenne un taux de retraitement supérieur aux piles classiques, puisque 75 % d’un accumulateur peut être valorisé, contre 60% pour une pile jetable.

La France dispose de 15 sites capables d’absorber l’ensemble des piles et accumulateurs usagés français, une certaine partie provenant de l’étranger, lors du cycle de pré-traitement et de traitement. Ceux-ci, peuvent recevoir jusqu’à 228 151 tonnes [2]. Au delà de problèmes d’organisation de collecte et de sensibilisation des consommateurs, l’absence de rentabilité économique des filières provoque des réticences de la part des acteurs concernés, qui cherchent à minimiser les coûts en général et leur propre contribution en particulier, d’où les difficultés rencontrées pour le financement. Seul le recyclage des batteries au plomb pour automobiles paraît aujourd’hui rentable.



[1] L’Institut National de Recherche et Sécurité a effectué des mesures des niveaux d’exposition en métaux toxiques (mercure, plomb, cadmium) dans les lieux de travail où l’on recycle les piles et les batteries usagées. Celle-ci montrent que les niveaux de pollution sont importants pour certains processus.

[2] Donnée relative à l’exercice de 2005. D’après l’European Battery Recycling Association, 43% des piles et accumulateurs usagés collectés en Europe étaient recyclés en usines françaises et 25% en usines allemandes.