En effet, à Toulouse comme à Bhopal, des usines vieillissantes, dont la rentabilité n’était plus suffisante pour justifier économiquement de coûteuses réparations, ont connu des enchaînements d’incidents réputés mineurs avant d’aboutir au drame final. Or la combinaison d’une catastrophe industrielle chimique avec une catastrophe radiologique aurait des conséquences gravissimes pour l’Europe entière, bien au-delà des frontières de notre pays.
Les Amis de la Terre réclament donc la fermeture immédiate et définitive de l’ensemble du site du Tricastin, ainsi qu’un bilan exhaustif de l’état radiologique des lieux par des experts indépendants.
Par ailleurs, l’Autorité de sûreté nucléaire française s’obstine à valider imperturbablement les niveaux 0 et 1 autoproclamés par EDF, alors même que la Belgique vient de classer un de ses rares accidents, comportant également un rejet de radioactivité dans l’environnement, au niveau 3.
Cela amène les Amis de la Terre à considérer qu’un audit rapide et indépendant de l’ensemble des installations nucléaires françaises s’impose désormais.
* Rappel :
– 4 juillet, dénonciation par la CRIIRAD de l’enfouissement de 770 tonnes de déchets militaires sur le site dans de mauvaises conditions d’étanchéité.
– 7 juillet, 74 kg d’uranium en solution s’échappent des installations de la Socatri, contaminant les cours d’eau voisins et la nappe phréatique.
– 7 août, révélation du dépassement de la limite des rejets de carbone 14 suite au traitement d’un lot de déchets médicaux.
– 21 août, nouvelle fuite d’uranium, à la Comurhex, sur une canalisation enterrée.
– 8 septembre, dans le réacteur numéro 2 d’EDF, deux assemblages restent coincés lors d’une opération de renouvellement de combustible. Ce problème, potentiellement gravissime en raison, entre autres, de la présence de plutonium dans le combustible de ce réacteur moxé, n’est toujours pas réglé.



