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Tricastin : encore 400 millions d’euros de soutien financier public à la filière nucléaire

29 juillet 2008,
Par Anne-Sophie Simpere

Alors même qu’une série de rejets de radioactivité dans la Drôme rappelle les risques et dégâts liés à la pollution nucléaire, la Banque européenne d’investissement (BEI), banque de l’Union européenne, vient d’accorder un prêt de 400 millions d’euros pour la construction de nouvelles installations atomiques sur le site pourtant bien délabré du Tricastin. Ce financement public massif en faveur du nucléaire et d’Areva confirme le refus de tout vrai débat public en matière de choix énergétiques. Les Amis de la Terre France dénoncent cette décision et, en parallèle, vont déposer plainte contre la Socatri et Areva pour que soient condamnés ceux qui bafouent la loi.


La Banque européenne d’investissement (BEI), dont la France est un des principaux actionnaires, a décidé d’approuver le 15 juillet 2008 un prêt de 400 millions d’euros en faveur de Georges Besse-II, la nouvelle usine d’enrichissement d’uranium d’Areva au Tricastin [1] . Ainsi, la banque de l’Union européenne n’a même pas attendu les résultats du nouveau plan de surveillance du site pour prendre sa décision, pourtant déterminante pour l’avenir du projet, puisque ce prêt représente un tiers du coût total de la nouvelle installation.

Pour Claude Bascompte, président des Amis de la Terre, « Ce soutien achève de prouver que les pouvoirs publics refusent toute remise en cause de l’industrie nucléaire. Les incidents récents ont mis entre autres en lumière de très graves pollutions des eaux autour d’installations nucléaires. Pourtant, la puissance publique minimise éhontément les risques et l’argent des contribuables continue à aider Areva à développer ses activités comme si de rien n’était. »

Pour les Amis de la Terre, c’est à la sobriété énergétique (isolation des logements, développement des transports moins énergivores) et aux énergies renouvelables, seules solutions durables aux changements climatiques, que doivent être consacrés les fonds publics : en aucun cas à de nouvelles installations nucléaires. Claude Bascompte explique : « Les financeurs publics ont un énorme pouvoir d’influence en matière d’investissements – plus de 45 milliards d’euros par an dans le cas de la BEI. Ils devraient donc jouer un rôle essentiel de catalyseur des investissements énergétiques vers des solutions propres. Il est choquant qu’ils persistent à privilégier des industries coûteuses, inadaptées, peu créatrices d’emploi et dangereuses. La banque a beau augmenter régulièrement ses financements aux énergies renouvelables, ces efforts sont sapés par ce type de décision. »

Les Amis de la Terre plaident depuis plusieurs années pour que la Banque européenne d’investissement réforme ses normes environnementales et améliore la transparence dans l’utilisation de ses fonds.

L’association écologiste va de plus intenter deux actions en justice : l’une contre la SOCATRI pour pollution des eaux suite à la fuite de 74 kilos d’uranium sur le site nucléaire du Tricastin, dans la nuit du 7 au 8 juillet, l’autre contre AREVA pour l’abandon et le dépôt illicite de déchets (butte de stockage de déchets). Selon Alexandre Faro, avocat des Amis de la Terre dans ces affaires, "cette action permettra de remonter la chaîne des négligences, depuis la mauvaise gestion d’une défectuosité matérielle jusqu’à l’alerte tardive des pouvoirs publics et de la population. Au delà, les effluents radioactifs de Tricastin sont un exemple de la défaillance de l’industrie nucléaire à gérer correctement ses déchets et ses rejets."

Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43



[1] Voir le site de la BEI : http://www.eib.org/projects/pipelin...