Agences de crédit et OCDE
Les agences de crédit à l’exportation des pays de l’OCDE sont les premières pourvoyeuses de financement et d’assurance-crédit pour les grands projets d’infrastructure dans le monde en développement, loin devant la Banque mondiale. La plupart n’ont toujours pas de politiques de protection de l’environnement ou des droits de l’Homme. Les activités des agences de crédit à l’exportation sont financées par les Etats en toute opacité.. Les ONG dénoncent le rôle des agences qui alimentent la corruption, la destruction de l’environnement et la déstructuration des sociétés dans les pays d’investissement. Un groupe de travail de l’OCDE est chargé d’harmoniser les règles d’intervention de ces agences.
Trophée de l’hypocrisie pour l’OCDE
Le secrétaire général de l’OCDE a reçu un "trophée 2001 de l’hypocrisie" pour l’utilisation opportuniste du thème du développement durable pour améliorer l’image de son organisation. "Nous sommes déçus par l’attitude de l’OCDE au sein du groupe de travail sur les crédits à l’exportation. A quoi sert ce Forum si les négociateurs refusent d’intégrer les principes du développement durable dans les politiques de promotion des exportations et se limitent à quelques critères environnementaux ?" a demandé Ricardo Navarro, président des Amis de la Terre International en remettant sa récompense à Donald Johnston.
Allemagne, France, Etats-Unis récompensés
Les autres récompenses ont été attribuées à l’Allemagne qui véhicule une image verte alors qu’elle bloque les négociations à l’OCDE et finance des projets de barrages très controversés en Inde et en Turquie. La France est condamnée pour son soutien à travers la Coface à des régimes violant les droits de l’Homme. La Coface, qui gère pour le compte de l’Etat les procédures d’assurance-crédit et de financement de projet, est décriée pour son soutien à Total en Birmanie, Bouygues et Bolloré au Tchad et Framatome en Ukraine. Enfin, les ONG soulignent l’hypocrisie des Etats-Unis qui ont financé plus de 20 milliards de dollars d’investissement dans des projets contribuant à l’effet de serre dans les pays en développement tout en exigeant qu’ils réduisent leurs émissions.
Mention spéciale pour l’Espagne
L’Espagne mérite également une récompense des ONG car sa délégation au groupe de travail sur les crédits à l’exportation refuse d’intégrer dans le texte l’obligation de transparence et de consultation. "L’accès à l’information et la participation publique sont des piliers du développement durable reconnus par les Conventions internationales," veulent rappeler les ONG.
Campagne internationale : www.eca-watch.org
Campagne française : www.amisdelaterre.org
Contact
Hélène Ballande, Les Amis de la Terre, 01 48 51 18 92 ou 06 62 01 33 61




